Ilsand

De Atsamiki
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Ilsand, archipel de l'Est-Argent

Moi, Satsue, fille de l’Est-Argent, vous conte en cet instant l’histoire de mon pays, terre tourmentée battue par les tempêtes, si chère à mon cœur…

« Je suis originaire d’une des trois îles de l’Est-Argent, situées à l’ouest d’Atasmi et formant un petit archipel.

J’habite sur l’île principale, Ilsand, qui fait environ 400 lieues de long sur 200 de large. Lorsque je pose les yeux au centre, je vois de hautes et vastes montagnes, à la roche noire, poreuse, dont les arêtes découpent des formes aiguës sur les nuages du ciel. Le climat y est rude, froid, et rend ces régions centrales peu hospitalières. C’est pourquoi nous, habitants, nous sommes concentrés sur les périphéries de l’île, où le temps est plus clément ! Lorsque le soleil brille sur la mer, les vagues déferlent en rouleaux argentés sur les côtes et se meurent sur les plages de graviers noirs. Que j’aime ces instants de contemplation !

Entre la mer et la montagne s’étend la forêt, dense, profonde, dont les arbres gémissent sous le vent permanent. « La forêt chante » me disaient les Anciens. Oui elle chante, parfois elle rit doucement avec les Oiseaux, parfois elle gronde avec les tempêtes, qu’importe les caprices du temps, elle est vivante ! Les arbres qui la peuplent atteignent 15 mètres. Leur écorce est épaisse, rugueuse sous les doigts et dégage une odeur suave.

Notre peuple est, en grande majorité, un peuple de pêcheurs. Tous y participent, les hommes, les femmes, les enfants, quelque soit leur âge ! Nos yeux bleu profonds et vibrants sont un hommage à l’élément que nous vénérons : l’océan. A bord de petites embarcations, nous bravons depuis des générations tempêtes et récifs pour pêcher un poisson vif et charnu qui vit près des côtes et constitue notre nourriture principale. Sur la mer, il faut savoir y faire ! Chaque soir, lorsque les bateaux gonflent leurs voiles, nos cœurs se serrent de crainte et de respect en regardant s’éloigner les frêles coques sous les assauts d’un océan incertain… Nous vénérons et respectons également beaucoup la forêt, qui fournit la matière première pour la construction de nos bateaux et des instants de chaleur éphémère dans la rigueur de l’hiver.


Nous ne sommes pas bien bavards, c’est vrai… mais cela ne signifie pas que nous sommes froids et distants ! Notre confiance est difficile à obtenir mais toujours entière. La famille est pour nous une notion fondamentale dans l’équilibre de nos vies : partage et entraide sont les maîtres mots !


Quant à notre histoire, nous n’en savons pas grand-chose… le vieux Jen, qui était dans le secret des livres, m’aurait appris que notre île fut découverte il y a 800 ans de cela. Selon les récits, les explorateurs auraient débarqué sur un bout de terre grondant et sauvage. Fascinés par notre belle roche noire, ils auraient tenté de l’exploiter et de l’exporter mais, les bateaux ne passant pas les récifs à cales pleines, auraient finalement abandonné leurs projets ambitieux. L’île fut alors inhabitée pendant quelques années avant d’être à nouveau colonisée par des sages, qui appréciaient de se confronter aux éléments déchaînés. Le savoir de ces érudits était immense et fut consigné à force d’années de labeur sur des parchemins.


Il y a 350 ans, l’île fut assaillie par des pirates sanguinaires venus de l’ouest, qui massacrèrent l’ensemble des moines et reprirent le contrôle de l’île. La quasi-totalité des livres fut détruite. Les pirates régnèrent sans partage pendant un siècle, jusqu’à ce que des guerres fratricides eussent raison de leurs clans et laissent l’île exsangue et ravagée. Mais les pirates avaient oublié. Oublié leurs prisonniers. Huit prisonniers qui s’échappèrent de leurs geôles et fondèrent le nouvel Ilsand et sa capitale, Ilsandir.


Ma ville.


Ma terre. »