Arrivée de Zergy en Atsami

De Atsamiki
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« Les Atsamiens observent le ciel de leurs dragons, mais ne regardent pas vers les étoiles » (D’après Yugori Aregani - Vers -474 du calendrier Atsamien)

Si l’observation astronomique reste très marginale en Atsami, quelques étoiles sont connues et nommées, parmi celles-ci, Yuelis. Cependant, les faibles moyens dont ils disposent dans ce domaine ne leurs permet pas de voir la planète orbitant autour de celle-ci. Bien que cette planète soit plus chaude qu’Atsami, elle n’est pas hostile à la vie. Ses habitants qui se désignent comme Arkodiens la nomme de Linar[1].

Chapitre premier - Chasse divine

Le groupe de chasseurs était réuni à coté d’un des arbre-maison de leur village, équipés de leurs armes et de quelques provisions pour la journée, ils se tenaient prêt à partir. Après quelques minutes à discuter entre-eux, l’un passa la porte de l’habitation.

??? : Seregis ! Tu nous fais attendre.
Seregis : Ce n’est rien… j’arrive papa… je n’arrivais pas à remettre la main sur mon couteau de chasse.

De l’extérieur, une voix demanda :

??? : Hé, Ephënis ! Ton fils est aussi long à se préparer que ma femme.

Précédé de son père, Seregis sorti, visiblement gênée.

Seregis : Heu… désolé de vous avoir fait attendre…

??? : Ça ira, mais veille à être prêt la prochaine fois, la chasse n’attend pas, et surtout, fait attention à ton couteau de chasse, il est précieux.
Seregis : Je suis désolé Arkat… je… je crois que je suis aussi désordonné que ma mère…
Arkat : Ah ! ah ! Cette bonne Kayta, c’est donc vrai ce que l’on raconte sur elle ?
Seregis : Hé bien… c’est un peu exagéré mais bon…
Arkat : Qui l’eût cru, hein ? Heureusement que ses constructions ne sont pas ainsi. Quoi qu’il en soit, ne te sépare jamais de ton couteau de chasse, non seulement il prouve que tu n’est plus un enfant, mais il pourra te sauver la mise.
Seregis : Je sais, je sais…

??? : Allons, allons, l’incident est clos, partons sans tarder, nous devons être rentré avant la nuit.

Le groupe se mit en route.

Dans cette tribu, les groupes de chasse sont composés d’une douzaines de personnes. Les chasseurs forme la bonne moitié du groupe, auquel s’ajoute un shaman afin de les soigner -la nature étant certes généreuse mais dangereuse-. S’y trouve aussi de un a deux porteurs selon la saison et durée de la chasse, ceux-ci ne sont autre que des chasseurs désignés afin de prendre du matériel supplémentaire pour parer à des imprévus -tel des couvertures pour passer la nuit si la chasse s’éternise- ou de quoi transporter des proies encombrantes. Le chef de groupe est régulièrement changé afin que chacun sache comment en mener un. Les groupes sont régulièrement comblés avec des jeunes afin de les former à cet art, pour qu’ils puissent plus tard passer l’épreuve marquant l’entrée dans la vie d’adulte.

Seregis avait passé l’épreuve rituelle quelques mois au paravent, ce n’était donc pas pour lui sa première partie de chasse, cependant, les autres, plus âgés le désignent cependant encore comme l’enfant du groupe de par son caractère discret, rêveur, et parfois parfois désordonné.

Ephënis : N’écoute pas cette bande de fière à bras, ils font moins les malins quand je dois me charger de leurs blessures.

Ephënis est le shaman de la tribu, son rôle consiste à soigner les blessés, principalement, mais également à étudier et entretenir les cultures de plantes médicinales. Respecté par ses paires pour ses connaissances et compétences, il est également craint, après tout, la peur du médecin ne date pas d’hier, et mettre à nu ses blessures n’est pas toujours simple et agréable.

Malgré le retard prit au départ la chasse se déroula rapidement et sans blessé grave, l’étude des saisons et des mouvements migratoire permettait à la tribu de savoir quand et comment attaquer pour obtenir le maximum de proies avec le minimum de danger. Les proies tuées étaient rapidement attachées, une fois qu’elles avaient été capturé, il ne fallait en effet pas trainer trop longtemps afin que l’odeur de sang n’attire des prédateurs. Certes, les armes des chasseurs, des lances, des arcs, pourrait les défendre, mais autant ne pas se mettre en danger.

Et alors qu’ils étaient sur le chemin du retour.

Arkat : Avec ce que nous avons capturé, nous devrions avoir des réserves de viandes pour quelques temps. Itak fait un bon meneur.

Ephënis : Je dois avouer qu’il s’est bien débrouillé, cette partie de chasse fut fructueuse, et presque personne n’est blessé.
Itak : Bah, disons que nous avons eut bonne fortune, si ce n’est ce Phanek[2] solitaire qui nous a attaqué à la fin.
Arkat : Et toi Seregis ? Quand penses-tu ? Tu n’as pas pipé mot depuis que nous sommes parti, tu t’es bien débrouillé pourtant.
Seregis :

Ephënis : Allons Arkat, tu sais bien que mon fils n’a jamais été un grand bavard… des fois, je me demande à quoi il pense.

Seregis restait en effet silencieux.
Cependant, alors que le groupe continuait son chemin, un petit cri étrange, comme un piaillement, attira son attention.
Il tendit l’oreille pour savoir d’où venait ce cri qui lui était inconnu, puis, il remarqua non loin de là, près d’un arbre, un petit animal affalé au sol. Celui-ci ne bougeait pas, il était allongé au sol et se contentait de pousser ces petits cris plaintifs.

Seregis : Oh, vous avez-vu ?

Seregis quitta les rangs et se dirigea vers la créature.

Itak : Seregis, qu’y a t-il ?
Seregis : Là, au pied de cet arbre, regardez.

Le groupe suivi Seregis et se réuni autour de l’animal.

Seregis : Quelle étrange créature, je n’en n’ai jamais vu de telle.

Arkat : Moi non plus.
Ephënis : C’est moi ou cette créature n’est pas au mieux de sa forme ?

Seregis : Oui, c’est vrai qu’elle ne semble pas dans son assiette.

Seregis se baissa, prit l’animal dans ses bras, sous l’œil attentif de ses camarades au cas où celui-ci s’avérerait agressif. Cependant, il était tellement affaibli qu’il se laissa faire.
Une fois dans ses bras, les autres purent observer le petit animal plus facilement.
Celui-ci avais un fourrure principalement orange vif, ses oreilles et son museau étaient blancs, ses pattes, brunes. Il avait une longue queue touffue constituée d’anneaux alternativement brun et orange. Il mesurait en tout et pour tout environ trois fois la taille de la main de Seregis.

Ephënis : Je ne m’était pas trompé, cette bestiole est mal en point.

Seregis : Papa, elle transpire beaucoup, je crois qu’elle a trop chaud.
Itak : Vu sa fourrure, ce n’est pas étonnant, assurément, cet animal ne vit pas dans cette région.
Seregis : D’où peut-elle venir alors ?
Arkat : Les orages divins sans doute.
Seregis : Les orages divins ?
Ephënis : Tu n’as pas remarqué les étranges orages et leurs tonnerres violet qui éclatent depuis peu ?
Seregis : Si… ce sont donc les orages divins dont les anciens de la tribu parlent ?
Ephënis : Oui, ils se produisent régulièrement, il est dit qu’ils amènent des trésors des dieux et enlèvent ceux qui les ont offensé.
Seregis : Alors… ce ne sont pas des histoires pour les enfants ?
Arkat ? Tu penses vraiment que ce sont les Dieux qui nous l’envoient demanda-t-il en désignant le petit animal qu’il tenait toujours dans ses mains.
Arkat : C’est ce que disent les prêtres, il te faudra donc bien t’occuper de lui.

Seregis : Entendu.

Cette nouvelle rendit Seregis pensif. La chasse s’étant bien déroulée, il n’aura pas à trop assister son père pour les soins, il pourra donc tranquillement s’occuper de l’étrange animal et rendre visite à Istan le prêtre et Rofnu l’ancien de la tribu, peut-être en apprendra-t-il plus.

Une fois rentré, les chasseurs furent accueillis par les personnes restés au village, le petit groupe venu leur souhaiter la bienvenu était surtout composé d’enfants n’ayant pas encore l’âge de participer à ces expéditions et rêvant devant les exploits de leurs ainés. Seregis leurs présenta rapidement la créature qu’il avait découvert au retour, cependant, avec son état d’affaiblissement, les présentations furent courtes.
Puis, les proies furent disposées dans la réserve afin d’être au frais pour pouvoir ensuite être dépecées et les chasseurs du jour rejoignirent leurs foyers.

Une fois chez lui, Seregis déposa le petit animal, rangea rapidement ses affaires de chasse et se dirigea vers la cuisine, il ouvrit une jarre contenant de l’eau et en servit à la petite bête assoiffée, celle-ci ne demanda pas son reste et se jeta sur le rafraîchissant breuvage comme la pauvreté sur le monde.

Seregis : Hé bien, tu avais soif on dirait.

Ephënis : Je vois que tu as commencé à t’occuper de notre petit protégé. Alors, dit-moi, comme comptes-tu l’appeler.
Seregis : Je ne sais pas encore, peut-être un nom en rapport avec le feu, vu la couleur de sa fourrure.

Ephënis : Hum… pourquoi pas après tout… Attends, tu permets que je vérifie quelque chose ?

Ephënis pris la créature, celle-ci se débattit, revigorée par sa boisson, mais pas encore assez pour fuir. Il lui ouvrit la bouche de ses doigts pour en observer les dents.

Ephënis : C’est bien ce que je pensais, regarde sa dentition, c’est un herbivore.

Seregis : Je vois, je vais aller faire le tour du village, il doit bien y avoir des fruits, des plantes ou autres dont il pourra se régaler.
Ephënis : Bien. Vu le peu de blessures à la chasse, je me débrouillerais seul; prend ton nouvel ami avec toi, il est le mieux placé pour trouver ce qu’il aime.
Seregis : Merci papa.

Ephënis : Prend une gourde d’eau aussi, il ne semble pas aimer la chaleur, et surtout, ne tarde pas trop.

Alors que Seregis s’apprêtait à sortir.

Ephënis : Ah et passe voir Kayta pour lui dire de rentrer, je sais qu’elle travail sur un chantier important, mais ce n’est pas bon de travailler autant.
Seregis : Compris.

Kayta, la mère de Seregis, était l’une des bâtisseuse de la tribu, aussi bien charpentière que sculpteuse ou parfois architecte, elle travaillait avec le mage sylvestre Dirnos à l’édification et l’entretien des arbres-maison dans lesquels vivaient la tribu. Si ces compétences sont reconnues et appréciées de tous, elle a cependant tendance à être têtue et à se surmener.
Sa promenade débuta, il essaya au court de celle-ci de trouver de quoi son petit animal se nourrissait, après quelques arrêts pour lui faire manger des fruits ou légumes divers et varié Seregis commença à avoir une idée un peu plus précise de son régime alimentaire.
Apparemment, il semblait aimer les baies, les noix et quelques autres fruits, peut-être qu’il ne trouverait pas ici exactement ce qu’il aimait, néanmoins, il semblait s’en contenter.
Satisfait de ses trouvailles, il décida de passer au chantier où sa mère travaillait, alors qu’il arrivait sur les lieux, son protégé, qu’il tenait encore dans ses bras, se mis à s’agiter.

Seregis : Hé bien, que t’arrive t’il ? Tu veux te dégourdir les pattes ?

L’animal lui échappa des mains et parti à toute allure vers le chantier.

Seregis : Hé revient !

Seregis se mis à lui courir derrière pour essayer de le rattraper. Longeant le chantier, il arriva à une bambouseraie dont les plantations étaient utilisées pour les échafaudages.
Arrivant quelques secondes après sur les lieux, Seregis le chercha des yeux quelques instants avant de le voir à plusieurs mètres de hauteur, il était grimpé aux plants de bambou pour en dévorer les feuilles.

Seregis : Je comprend mieux, c’est donc de ça qu’il se régal.
??? : Seregis ? Mais qu’est ce que tu fais là ?

La voix tira Seregis de ses observations, il se retourna.

Seregis : Maman !

Kayta : Je t’ai vu passer en courant. Ne me dit rien, c’est ton père qui t’envoi hein ? Mais tu sais bien que je travail sur le chantier, pas à la réserve de bambou.

Seregis : Oui, c’est papa qui m’envoie te chercher, quand à ce que je fait ici.

Seregis désigna son animal du doigt.

Kayta : Drôle de bestiole, je n’en ai jamais vu de pareille.

Seregis : Je l’ai trouvé en rentrant de la chasse avec les autres. Ils disent que ce sont les dieux qui nous l’envoient.
Kaita : Elle est mignonne, tu lui as trouvé un nom ?
Seregis : Heu, pas encore.

Kayta : Il faut que tu lui en trouves un, ce serait dommage de le laisser anonyme. Bon, je vais me changer, attendez-moi à l’entrée.

Kayta repartit. Le petit animal redescendit des plants de bambou, visiblement rassasié.
Il se rapprocha de Seregis et se laissa saisir docilement, apparemment, il avait compris qu’il n’avait rien à craindre.

Seregis : Alors ? Il faut que je te trouve un nom ? Vu que tu me semble un vilain gourmand, que penses-tu de "Ventrapat" ?

L’animal réagit en baissant a tête, comme pour désapprouver.

Seregis : Je rigole… pas besoin de faire cette tête. Comme tu cours vite et que tu as une fourrure de couleur vive… que penses-tu de Xul, comme notre esprit du feu ? Ça sonne bien, non ?

Son protégé émit un petit cri d’approbation.

Seregis : Très bien, alors tu t’appelleras Xul.

Chapitre second - Des dieux et des hommes

Seregis rentra chez lui accompagné de Kayta, la soirée fut calme, son père avait réussi à se charger des blessés les plus urgent, seul celui qui s’était fait attaquer par le Phanek resterait dormir sur place pour la nuit, Seregis et ses parents étaient habitués à ce genre de choses. Certes, Seregis n’avait pas eu le temps de passer chez le prêtre et l’ancien, mais n’ayant que peu de choses de prévues demain, ce ne serai que partie remise.

Le soleil était encore bas le lendemain lorsqu’il se leva, bien qu’il n’ai qu’un passage à faire aux jardins de plantes médicinales pour y aider son père, il souhaitait passer la plus grande partie de sa journée à en apprendre plus sur ces orages divins.
Après s’être lavé avec la bassine d’eau de sa chambre et une éponge, il rejoignit la salle commune la maison, son père s’y trouvait déjà et petit-déjeunait, il se mis à table lui aussi et pris un repas à base de fruits. Une fois leur repas terminé, ils prirent leurs affaires et partirent, ils traversèrent le village endormi et descendirent vers les champs qui se trouvaient en contrebas des arbres-maisons.
Se lever tôt pour aider ne le dérangeait pas, Seregis était habitué et aimait bien cette ambiance de silence, il était possible d’entendre la nature s’éveiller, bien que quelques personnes comme les gardes qui terminaient leurs rondes soient déjà debout. Cette tâche aux champs ne le gênait pas, au contraire, il montrait un grand intérêt à la chose botanique, la culture des plantes demandait du calme et peut se faire seul, et Seregis avait toujours été un solitaire, de plus, les multiples boutures, pommades, potions et autres mixtures pouvant être créées avec les plantes avaient éveillé sa curiosité.

Et quelques heures plus tard.

Ephënis : Bien, ça devrait être bon pour aujourd’hui. Tu peux y aller, je vais terminer seul.

Seregis : Merci.

Ephënis : Si tu repasses à la maison, remonte de l’eau, nous commençons à en manquer, les pluies sont rare en cette saison.

Le climat principalement tropical de Linar permet la pousse d’arbres aux très hautes cimes que les Arkodiens utilisaint à profit comme habitations leurs permettant ainsi d’être à l’abris de certains prédateurs, il amène cependant le problème de la gestion de l’eau, si les Arkodiens ont des prédispositions pour vivre correctement dans ce milieu, tel des besoins d’eau moins élevés que les humains ou un taux de mélanine plus élevé, l’eau leur reste cependant précieuse.
Pour palier en parti à ce problème des systèmes de gouttières permettent de récupérer l’eau de pluie ou de la rosée du matin, ceux-ci sont complétés par des systèmes de monte-charges manuels permettant d’amener facilement des denrées, dont l’eau des rivières et des lacs, dans les villages se trouvant principalement en hauteur.

Seregis : Pas de problème, je dois y passer aller chercher Xul.

Ephënis : Tu souhaites en savoir plus sur les orages je suppose ?
Seregis : Oui, je n’y avais jamais cru.

Ephënis : Bien, à ce soir alors.

Seregis laissa son père à ses tâches, il prit une des jarres communes près du monte-charge, la rempli à la rivière qui coulait non loin de là et remonta chez lui, issant la jarre une fois au sommet. Il l’amena chez lui et la vida dans une qui était vide, il observa la salle, Xul était couché par terre, en boule et semblait dormir.

Il remit la jarre en place sur le monte-charges et eut la surprise de trouver Xul réveillé, debout sur ses deux pattes arrières à essayer de renverser celle qu’il venait de remplir.

Seregis : Il ne dormait plus vraiment, finalement.

Puis, s’adressant à l’animal :

Seregis : Tu as soif hein ? Attend…

Il pris un bol et le rempli d’eau, une fois Xul rafraîchi, Seregis prit quelques provisions pour la journée, puis il parti suivi de Xul, Seregis ne souhaitait pas perdre de temps, après tout, il devait se renseigner chez deux personnes, cela prendrait sans doute du temps.
Alors qu’il se rendait au temple où officiait Istan, il fut interrompu par une voix féminine.

??? : Bonjour Seregis.

Seregis se retourna, perdu dans ses pensées, il n’avait pas fait attention à la personne qu’il venait de croiser.

Seregis : Oh… Bonjour Nouma, heu, désolé, je n’ai pas fais attention…

Nouma : Hi hi, tu es toujours aussi tête en l’air.
Seregis : Hum… heureusement que ça ne m’arrive pas quand je suis en chasse.

Nouma : Oui, j’ai entendu dire que tu t’étais bien débrouillé à la dernière. J’en suis heureuse pour toi.

Nouma était un jeune fille à peine plus âgée que Seregis, c'était généralement elle ou ses parents qui distribuaient les fruits et légumes aux gens du village, d’un naturel joviale et parfois un peu insouciante, elle savait reprendre un tempérament plus sérieux quand la situation le demandait.
Bien qu’elle soit assez différente de Seregis, elle aimait passer du temps avec lui, elle appréciait son calme, sa soif de savoirs qui tranchait avec une bonne parti des garçons de la tribu et sa timidité qui le rendait craquant selon elle.

Seregis : Merci, à toi. C’est d’ailleurs a cause de cette chasse que je suis de sortie.

Nouma : Ah ? A cause cette créature que tu as recueilli. dit-elle en désignant Xul.
Seregis : Tout a fait, je souhaite en savoir plus sur les orages divins et les présents des dieux.

Nouma : Je peux le voir de plus près s’il te plaît ?

Seregis pris Xul dans ses bras.

Nouma : Oooh, il est mignon, où l’as-tu trouvé ?
Seregis : Au pied d’un arbre en revenant vers la porte sud du village[3].

Elle tandit sa main pour caresser la tête de Xul, celui-ci, se blotti dans les bras de Seregis, comme pour lui échapper.

Nouma : Il est timide, comme toi, vous allez bien ensemble.

Alors qu’elle retirait sa main, Xul profita de l’occasion pour se saisir et manger un fruit de la large corbeille d’osier qu’elle tenait.

Nouma : Timide, et gourmand ! Comment l’as-tu appelé ?

Seregis : Je l’ai nommé Xul.
Nouma : Comme notre esprit du feu, ça lui va bien, il a une joli fourrure orangée.
Seregis : Tu parles d’un esprit du feu… il dort, il mange… Bah ! Au moins il est mignon et amical.
Nouma : Ça tu peux le dire ! Bon, je suis désolé, je vais te laisser, je dois terminer ma tournée. Au revoir Seregis, au revoir Xul.

Seregis : A la prochaine Nouma.

Ils continuèrent leur route et arrivèrent au temple quelques minutes après. Celui-ci était un bâtiment mêlant bois et pierre; la base était une pyramide de pierre à trois étages au centre duquel poussait un arbre majestueux. La base de était en partie recouvert des racines des arbres environnent et était décorée de deux statues, l’une à l’effigie des dieux majeurs Arkodiens, l’autre à l’esprit protecteur de la tribu.
La plate-forme de la pyramide était utilisée pour célébrer divers cérémonies, religieuses ou non, en effet, au vu de la structure des villages Arkodiens avec leurs arbres-maisons reliés par divers ponts et passerelles, il n’était pas facile de trouver une surface assez grande pour réunir du monde.
Seregis entra dans l’arbre central qui servait de lieu d’office au prêtre

Seregis : Prêtre Istan ?
Istan : Oui, qui est là ?

La pièce était assez grand pour accueillir une cinquantaine de personne, au fond, se trouvait un autel de pierre où les offrandes et offices ordinaires se tenaient, les cérémonies plus importantes se tenaient en extérieur; un escalier de bois menait à un étage supérieur qui servait de salle de travail pour Istan.
La voix du prêtre en provenait, Seregis et Xul montèrent l’escalier pour venir à sa rencontre.

Istan était plus vieux que Seregis de quelques années, il en avait une trentaine, là où Seregis n’en avait que 21[4], en effet malgré leurs connaissances plus poussées que les Atsamiens dans certains domaines tel celui des plantes médicinales, les Arkodiens vivaient dans un milieu plus hostile et disposait de moins de connaissances technologiques. Dans la pluparts des tribus, un âge de 60 années était très avancé. Istan leva la tête de son bureau et l’accueilli.

Istan : Tien… bonjour Seregis, tu ne passes pas souvent par ici, qu’est-ce-qui t’amène ?

Seregis : Bonjour prêtre Istan, je venais vous voir pour…
Istan : … laisse-moi deviner… en savoir plus sur les orages divins ? C’est une jolie bestiole que tu as trouvé là. dit-il en désignant Xul.
Seregis : Heu… Merci

Istan : Quoi qu’il en soit, si tu souhaites en savoir plus, donnes-moi quelques minutes le temps de terminer ce travail.

Seregis laissa Istan terminer sa tâche, le prêtre était occupé avec quelques paperasseries, en effet, dans une bonne partie des tribus Arkodiennes, les anciens, les scribes et prêtres avaient pour tâche d’être la mémoire commune de celle-ci, les premiers aidés des seconds se chargeait de la conservation des écrits à valeur historique, et les troisièmes à la conservation des études tirées de l’observation des présents divin.

Il regarda les étagères disposées dans la salle de travail d’Istan, celles-ci contenait multitudes feuilles et rouleaux de kerseni[5] renfermant des textes religieux où divers études faites sur les cadeaux divins. Seregis en prit une au hasard; nul besoin de demander, elles étaient en libre consultation, à condition de les étudier sur place pour éviter toute perte; et la lu.
Elle contenait la description d’un objet ressemblant à une sorte de cuve de forme conique plus haute que large au sommet de laquelle se trouvait un étrange système constitué de petits tubes et mécanismes dont l’utilité n’avait pas été trouvé. Chaque détails étaient aussi fidèlement retranscrit que possible : la taille de l’objet, son poids, le lieu et l’état dans lequel il avait été découvert, même les écritures en langue inconnue trouvées dessus. Apparemment, les recherches n’avaient pas données grand chose pour celui-ci, d’après la description, il avait été trouvé à plusieurs jours de marche à moitié recouvert de végétation, donc sans doute plusieurs mois ou années après son apparition, et étant trop lourd, on l’avait laissé sur place.

Istan : Bien, j’ai terminé, je suis a toi.

Seregis remit le parchemin à sa place.

Istan : Tu n’es pas le premier à demander à en apprendre plus sur les dieux et leurs manifestations, moi-même, quelques années auparavant c’est ce qui m’a amené à ce métier.

Seregis : Oh ? Vraiment ?
Istan : Parfaitement, suis-moi veux-tu ?
Seregis : Où allons-nous ?

Istan : Dans le temple.

Ils sortirent de l’habitation d’Istan, descendirent un étage de la pyramide par ses escaliers extérieur et entrèrent dans le temple. Ils passèrent un couloir et pénétrèrent dans une grande salle.
Du fait de l’absence de lumière, elle était éclairée par des foyers posés sur de longs pieds. A l’intérieur de celle-ci, un dizaine de personnes qui étaient les servants du temple étaient affairés à étudier des objets étranges.

Istan : Je penses que tu n’ai jamais venu ici ?

Seregis : Non… jamais…
Istan : La religion n’avait pas l’air de t’intéresser, je me trompe ?
Seregis : Heu… pour êtres franc… non. J’avais toujours cru que les histoires d’orages divins n’étaient que des légendes pour enfants.
Istan : Ah ah ah. Ne t’inquiètes pas, tu n’est pas le premier et tu ne sera pas le dernier. Les orages divins sont la manifestation la plus visible offerte par les dieux, il est vrai que tu aurais eu du mal à t’intéresser à la chose religieuse sans y croire.
Seregis : Je… je… suis désolé.
Istan : Pas besoin d’être désolé, tu sais, c’est même rassurant, ça prouve que tu n’es pas prêt à croire n’importe quoi ou n’importe qui et que tu préfères vérifier.
Seregis : Merci.
Istan : Comment voyais-tu la religion auparavant ?

Seregis : Disons… comme… un truc de vieux.

Plusieurs servants affairés rigolèrent à cette remarque, Seregis rougis

Istan : Je veux bien t’avouer que certains d’entre nous ne sont plus tout jeune, mais non sommes encore loin d’être sénile.

Seregis : Ce n’est pas ce que je voulais dire…
Istan : Je sais, je sais, mais dis moi, ça doit te faire réfléchir de voir la chose de l’intérieur ?
Seregis : Oui, c’est très différent, je pensais que la religion n’était constituée que de prières et de quelques fêtes durant lesquelles on faisait des sacrifices.
Istan : Oui, disons que c’est la religion habituelle, un peu folklorique dirions nous… on prie les dieux pour que la récolte soit bonne, ou pour accueillir un mort dans l’autre monde, mais tu sais, ce n’est pas les cérémonies qui occupent le gros de notre temps.
Seregis : Je vois… en faite… nous posons des questions aux dieux par nos prières, et ils nous répondent par d’autres questions par leurs présents.

Istan : C’est tout à fait ça, sans doute nos dieux sont facétieux.

Seregis comprenait mieux pourquoi l’accès au temple était restreinte, Istan et ses servants n’aurait sans doute pas aimé être dérangé pendant leurs études par une bande de curieux touche à tout.

Seregis : Mais dites-moi prête Istan, pourquoi les dieux font-ils ainsi, ne sont-il pas censé nous protéger ?

Istan : Tout les dieux et esprits de la nature ne sont pas bon, la plupart ont deux visages. Les orage divins aussi, s’il amènent les présent des dieux, ils nous enlèvent des être qui nous sont cher.
Seregis : On dit qu’ils ne frappent que ceux qui ont offensé les dieux, est-ce vrai ?
Istan : Nous n’en sommes pas sûr, peut-être frappent-ils au hasard.
Seregis : Une personne enlevée par les dieux peut-elle revenir.
Istan : Hum… à ma connaissance, ce n’est jamais arrivé, et aucune archives ne parlent d’un tel cas. Cela signifierait que les dieux nous utiliseraient pour leur bon plaisir et nous rendraient à notre vie une fois qu’on ne les distrait plus. Ce serait cruel.
Seregis : Ou peut-être pour nous confier une mission ?

Istan : Ce n’est pas bête, à condition que ses objectifs ne soient pas aussi mystérieux que leurs présents.

Seregis s’approcha d’un groupe de servants pour les observer dans leur tâche, ceux-ci étaient occupés à minutieusement nettoyer avec des pinceaux et des grattoirs sous forme de tige de métal un objet qui lui était en tout points inconnu. Apparemment les objets trouvés dans la nature et déjà en parti recouvert de végétation ou de mousse faisaient l’objet d’une restauration minutieuse.

Seregis : Prêtre Istan, les dieux ont-ils une préférence dans ce qu’ils nous envoient ?

Istan : Pas vraiment, les objets peuvent être d’utilité trivial ou tellement obscure que nous ne pouvons que les décrire sans trouver leur utilité. Je dois t’avouer qu’au vue de nos maigres connaissances, la plupart rentrent dans la seconde catégorie. Pour le reste, les matériaux peuvent être divers, certains nous sont d’ailleurs inconnus.
Seregis : Les objets sont-ils gros ? Dans le parchemin que j’ai consulté chez vous il était fait mention d’un objet très lourd.
Istan : De mémoire, je n’ai jamais entendu parler d’un présent plus haut ou large que deux hommes.
Seregis : Je vois. Mais, je ne comprend toujours pas. Quel est la finalité de ces présents ? Je veux dire, quels messages les dieux veulent-ils nous faire passer par ce biais ?
Istan : Pour l’instant, nous supposons que ce sont des signes pour nous encourager à avancer, à évoluer en nous obligeant à nous creuser les méninges.
Seregis : Et ces orages divins se produisent quand ? Car mes parents disent ne jamais en avoir vu avant ceux qui ont commencé il y a peu.

Istan : La saison d’orages divins arrive de façon cyclique, généralement, environs tout les 70 ans, il est donc normal que certains générations n’en voit pas.

Istan regarda Xul, puis ajouta :

Istan : Par contre, je me permettrais de te demander une faveur.

Seregis : Laquelle ?
Istan : Hé bien c’est simple, tu ne devines pas ? continua-t-il en fixant Xul.
Seregis : Oh, vous souhaitez observez Xul ? C’est vrai que c’est un envoyés des dieux, mais je ne sais pas s’il sera d’accord.

Istan : Ne t’inquiètes pas, ce ne sera pas long, juste le temps de le mesurer, le peser et lui tirer le portrait.

Seregis donna prudemment Xul à Istan, son protégé était resté calme jusqu’à maintenant, il n’est pas sûr que cela continue ainsi.
En effet, si l’animal se laissa emmener, il commença à s’affoler quand on chercha à prendre ses mesures, donnant ainsi quelques soucis aux servants du temple. Le manège dura quelques minutes, jusqu’à ce Xul, effrayé, sois relâché et aille se réfugier au pieds de Seregis.

Istan : Je veux bien reconnaître que nous ne parlons pas beaucoup de notre travail et que l’intérieur du temple reste quelque chose d’un peu mystérieux, mais je ne pensais pas que nous étions si effrayant.

Seregis : C’est vrai que les gens se posent parfois des questions sur ce qui se passe ici.
Istan : Tu penses que nous faisons trop de mystères ? Mais c’est étrange, nous participons aux chasses collectives, comme les autres, et certains ne reste pas servants toutes leur vie. Mais tu as sans doute raison, peut-être devrions nous mettre plus au courant les autres membres de la tribu sur nos recherches, il ne faudrais pas que les gens se fassent de fausses idées.
Seregis : Oui, ce serait dommage… Mais dites-moi, qu’advient-il des objets trouvés via les orages divins une fois remis en état et étudié ?
Istan : Ils sont stockés dans la section la plus basse du temple jusqu’à ce que nous sachions à quoi ils servent, dans les rares cas où nous découvrons leur utilité, ils sont mis à disposition de la communauté… Je me permet, mais, pourrais-tu tenir ton animal, je pense que ce sera le plus pratique pour le dessiner.

Seregis : Oh ! Bien sûr.

Seregis prit une baie dans sa main, Xul, à l’odeur alléché se mit sur ses deux pattes arrières et sauta sur place pour l’attraper. Seregis se mit à croupi et Xul lui sauta dans les mains pour se régaler.
Une fois ceci fait, une servante du temple se mis au travail et commença à dessiner le petit animal.

Istan : Gourmant à ce que je vois.

Seregis : Plutôt, oui.
Istan : Et que mange t’il ce petit ?
Seregis : À ce que j’ai vu, les fruits, les noix, les baies, mais il semble par dessus tout raffoler de feuilles de bambou.

Istan : De bambou ? Étrange, je n’ai jamais vu de créature manger ce genre de plante.

Seregis resta quelques instants silencieux à observer la pièce en tournant la tête.

Seregis : Dites-moi prêtre Istan, qu’y a-t-il au bas de cet escalier ? Demanda-t-il en désignant un escalier situé à sa droite et descendant à l’étage inférieur.

Istan : La salle où les offrandes aux dieux sont stockées, et un ensemble de salles servant à la formation des servants et prêtres.
Seregis : Je comprends, il doit y avoir un certain savoir-faire à apprendre.
Istan : Tout à fait, si ça t’intéresses, je pourrait te les faire visiter un de ces jours.
Seregis : Et… est-il possible de vous aider dans vos recherches ?
Istan : Ce n’est normalement réservé qu’aux seul gens du temple, mais… tu nous as apporté un très joli spécimen avec ton petit Xul, et, tu sais, ce n’est pas souvent que nous recevons la visite d’une personne aussi enthousiaste que toi sur ce que nous faisons ici, et puisque cela semble t’intéresser, je vais te permettre de choisir un objet parmi ceux du temple, pour que tu puisses l’étudier chez toi.
Seregis : Vous êtes sûr ?
Istan : Si tu ne veux pas, je ne veux pas te forcer la main.

Seregis : Non non, je n’ai pas dis ça.

Encore quelques minutes et le dessin de Xul fut terminé, en voyant le résultat, Seregis fut étonné, apparemment, les servants du temple avaient un sacré coup de fusain.

Seregis arpenta avec le prêtre les divers salles servant au stockage à la recherche d’un sujet d’étude. Elles regorgeaient d’objets étranges soigneusement rangés et répertoriés, cependant, le jeune Arkodien passa son chemin jusqu’a ce qu’il arrive à une salle remplie d’étagères chargées de petit objets parallélépipédique. Seregis en prit un, le touché de l’objet était dur et ne lui rappelait pas un matériau connu, cependant, il remarqua bien vite qu’il pouvait s’ouvrir et renfermait un multitude de feuilles attachées par un coté; le touché de ces feuilles lui rappela celles de kerseni, mais en plus travaillées, celles-ci ne paraissaient pas tressées mais faite d’un bloc; chaque feuille contenait des lignes de caractères d’une langue inconnue soigneusement dessinés et alignés.

Seregis : Ce sont des parchemins envoyés par les dieux ?
Istan : Oui, ils sont entreposés ici depuis des siècles pour certains, cependant, nous ne savons pas d’où ils viennent, et nous n’avons pas encore réussi à les traduire.

Seregis parcouru les divers étalages jusqu’à ce que son regard croise un large volume à la couverture travaillée. Il le prit et en parcouru les pages. Comme l’autre ouvrage, les feuilles étaient d’une qualité et d’une blancheur bien supérieur a ce qu’il connaissait, de même pour les caractère de langue inconnue qui étaient toujours bien réguliés et alignés. Celui-ci contenait également des dessins de grande qualité sur des ciels étoilés ainsi que ce qui semblait être des schémas plus ou moins complexes.
Tout cela titilla sa curiosité, après tout, il aimait perdre son temps la nuit à observer les étoiles et à s’imaginer partir pour des lieux inconnus.

Seregis : Je pense que je vais vous emprunter celui-ci.

Istan : Je vois, tu ne choisis pas la facilité dit-moi.

Seregis : Ce n’est pas grave, j’y mettrai le temps qu’il faudra.

Il remontèrent des profondeurs du temple, puis Seregis consigna son emprunt auprès d’Istan.
Alors qu’il rentrait chez lui, il remarqua au soleil qu’il serait trop tard pour se rendre chez les anciens, cette visite au temple lui avait prit bien plus de temps que prévu, mais après tout, n’avait-il pas autre chose à faire avec un compagnon à nourrir et un ouvrage inconnu à étudier ?

Chapitre troisième - Pêche miraculeuse

Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis la première visite de Seregis au temple et son emprunt de l’étrange parchemin. Depuis, il avait ajouté des visites régulières au temple à ses activités habituelles. Istan lui en avait fait visiter les différentes parties, et, s’il ne montrait toujours que peu d’intérêt à la chose religieuse, c’était plus les secrets que cachaient les cadeaux des dieux qui l’attirait.
Si les multiples essais qu’il avait fait pour comprendre l’ouvrage du temple s’étaient jusque là montré infructueuses, il avait apprit à en reproduire les étranges caractères, et il en regardait souvent les images de multiples et étranges étoiles qu’il contenait.

Pour le reste, les choses allaient pour le mieux. Son père avait commencé à lui apprendre le métier de Shaman plus en profondeur et il y montrait grand intérêt, d’une certaine manière, la chose scientifique l’attirait, et savoir qu’il pourrait se rendre utile à la communauté malgré sa timidité et le faite qu’il ne soit pas l’un des meilleurs chasseurs le rassurait, il éprouvait également une petite fierté à savoir qu’il pourrait se sentir apprécié s’il réussissait dans cette voie. Il continuait également à fréquenter Nouma, ils étaient petit à petit de plus en plus proche, d’une certaine manière cela rassurait ses parents de le voir en compagnie de d’autres personnes, même si cela lui valait quelques allusions un peu déplacées de leur part quand à une éventuelle futur union.

Xul de son coté avait grandi et s’était attaché à Seregis, ils étaient devenu pour ainsi dire inséparables.

Comme à l’accoutumé, Seregis s’était levé tôt, après un repas, il sortit accompagné de Xul, qui profitait de la fraîcheur du matin, la journée serait chaude, la saison sèche battait son plein, avec tout les problèmes et avantages que ça supposait.
Puisqu’il n’avait pas de devoirs collectifs à remplir, il avait décidé de passer sa journée à pêcher, le moment était en effet propice pour attraper des pinieras, un poisson carnivore, qui, lors de la saison sèche se trouvait souvent entravé par le faible niveau des cours d’eau et des lacs, c’était l’occasion idéale pour en pêcher et se régaler de sa délicieuse chaire.

Il parti donc tôt et marcha longuement afin de trouver un lac en partie asséché qui regorgeait de poissons, il est vrai qu’une rivière coulait près de son village, mais il souhaitait également profiter du beau temps pour se dégourdir les jambes, tout en veillant sur Xul qui ne semblait toujours pas se faire à la chaleur.
Une fois qu’il eut trouvé l’endroit voulu, il déballa son matériel et s’installa, il avait pris une canne à pêche, une épuisette, des réserves d’eau et de nourriture pour la journée, son couteau de chasse, qu’il ne quittait plus, ainsi que l’ouvrage emprunté au temple, qui lui permettrait de patienter entre deux prises.

Il passa une première partie à attraper les pinieras piégés dans des marres d’eau, c’était les plus faciles à attraper, n’ayant pas de possibilités pour s’échapper, un coup de bâton pour les assommer et ils étaient fait.
Puis, il revint prêt du lac, où il s’était installé et mis se mis en place pour pêcher pour de bon.
Il alterna l’attente entre deux prises par des siestes et des consultation de l’ouvrage du temple qu’il avait nommé “Le parchemin des étoiles”.

Cependant, alors que la journée s’écoulait paisiblement, il remarqua que le temps se rafraîchit et se couvrit brusquement, la saison sèche était aussi celle des orages, et avec en plus les orages divins qui éclataient dernièrement, il ne faisait pas bon rester là. Il se leva, saisi rapidement Xul et le parchemin et pris ses jambes à son cou. La pluie commença à tomber, doucement, avant de rapidement forcir, puis le grondement du tonnerre se fit entendre, ce n’était pas le moment de traîner.
Le lac se trouvait en plaine, impossible de se mettre à l’abri sous les arbres rapidement, la forêt se trouvait à bien quatre-cents mètres, mais, pour sa chance, il se rappela être passé devant une grotte, il y couru donc pour s’y réfugier, alors que les éclairs, divins ou non frappaient.

Ils ne l’atteindront jamais, ils ne virent qu’un éclat mauve, suivi du néant.

Seregis était plongé dans un sommeil étrange, il ne pouvait bouger ses membres, il sentait encore Xul ou le parchemin dans ses mains, mais il était comme à moitié endormi, impossible de d’ouvrir les yeux, de sentir la moindre odeur ou de toucher l’environnement autour de lui. Il n’avait d’autre choix que de se laisser faire et espérer que les dieux ne soient pas cruels envers lui, lui qui ne croyait pas vraiment en eux.

Chapitre quatrième - Autre lieu, autre mort ?

Lorsque la sensation de demi sommeil cessa et qu’il put ouvrir les yeux, il se trouva à chuter en plein ciel, sous lui, s’étendait une grande forêt qui se rapprochait à grande vitesse. Il fit ce que n’importe quelle personne censée aurait fait en pareil cas : crier et gesticuler comme pour essayer de ralentir sa chute.

L’air frais qui frappait son visage fut bientôt remplacé par les griffures des branches des arbres, son cri de terreur par des cris de souffrance, car, si les branches d’arbres qu’il brisait à son passage ralentissaient sa chute, il était littéralement chahuté comme une simple poupée de chiffon.

Il fini sa chute dans un buisson, évanoui, et une partie des os brisés.

Xul, de son coté, plus à l’aise dans ce domaine réussi à se rattraper aux branches et à rejoindre le sol tranquillement, il rejoignit son maître et ami et essaya de l’éveiller.

*
*     *

La dragonne Enalys secoua à nouveau le prunier pour en faire tomber ses fruits, qui étaient mûr à cette saison, elle adorait agrémenter sa viande de quelques fruits, cela lui donnait douceur et éclat à ses écailles blanches. Alors qu’elle s’apprêtait à une petite sieste digestive pour profiter du silence qu’offrait cette forêt loin du tumulte des hommes, elle fut interpellée par un cri, suivit d’un bruit sourd. Elle ne s’en inquiéta pas trop tout d’abord, après tout, Atsami était un endroit étrange peuplé de gens non moins bizarres, mais, une odeur de sang la poussa à aller voir.

Suivant les effluves de sang, elle s’approcha d’un buisson défoncé dont les odeurs semblaient provenir, elle vit en partir à toute vitesse dans un arbre un étrange petit animal à poil roux avec une longue queue touffue, sans doute apeuré par son arrivée.

Enalys : Drôle de bête, je ne me souvient en avoir croisé de telle.

En penchant sa tête au dessus du buisson, elle découvrit un étrange humain, celui-ci avait une peau cuivré, des cheveux gris très clair lui arrivant au épaules et de longues oreilles pointues, celui-ci était griffé en de multiples endroits, perdait son sang et était apparemment inconscient. Autour de lui, des restes de branches cassées et, un peu à l’écart, un large livre.

Enalys : Hé bien petit, on peut dire que tu as fait une entrée fracassante…

Elle renifla le corps de l’individu et posa son museau dessus, celui-ci était encore vivant, malgré son état.

Enalys : Pauvre petit, je ne peux pas le laisser ainsi… Si je ne fait rien, il mourra et les loups qui traînent par ici le dévoreront. Et puis il est encore jeune, autant utiliser mes talents de dragon d’esprit à le soigner.

Elle puisa dans ses réserves d’aura magique afin d’analyser l’état de l’homme à longues oreilles, ce n’était pas beau à voir, il avait deux côtes, la jambe et l’avant-bras droit de brisé, un saignement à l’un des poumon, et sa peau était griffé en de multiples endroits, par miracle, la colonne vertébrale et ne cerveau n’avaient rien, c’était bien là les deux parties les plus complexes à soigner.

Enalys : Bon, ça aurait pu être pire, occupons-nous déjà de son poumon, c’est le plus important, le reste ne le met pas en danger de mort.

Elle continua à utiliser ses pouvoirs pour redresser la côte qui lui avait percé le poumon et refermer la plaie, elle en profita également pour accélérer la cicatrisation de ses plaies extérieurs afin de stopper les saignements, malgré la souffrance que provoquait l’opération, l’étrange humain ne broncha pas.

Enalys : Ouf, ce ne fut pas sans mal, il m’a littéralement vidée, je ne suis pas encore assez expérimentée pour utiliser au mieux mes réserves d’aura pour ce genre d’opérations. Bon, il crachera un peu de sang à son réveil, mais le plus urgent est fait. Je vais me reposer un peu en veillant sur lui attendant.

Du haut d’un arbre, Xul vit le grand monstre blanc qui se trouvait près de son maître le sortir du buisson, puis le couvrir d’une de ses ailes et s’endormir.

*
*     *

Seregis ouvrit les yeux, se mit péniblement sur ses pieds et observa les alentours. Il se trouvait dans un lieu étrange constitué de pierres gravées flottants dans un ciel vers foncé. Il n’y avait ni sol, ni nuage, seulement ces étranges pierres assez grandes pour supporter une à deux personnes flottant dans ce ciel oppressant.

Seregis : Il y a quelqu’un ? Youhou ?

??? : Soit le bienvenu Seregis Ekera.

Seregis : Quoi, qui a parl… Aaaaah !!

Il se retourna, face à lui, se tenait un grand puma noir ailé de la taille d’un homme.

Seregis : Vous… vous… vous êtes Shiikari ?

Shiikari : J’ai cet honneur, je remarque que tes connaissances sur la religion de ton peuple sont si mauvaises que tu es à peine capable de reconnaître ton dieu des morts.

Seregis :

Shiikari : Je dois avouer que tu ne nous as jamais offensé, c’est déjà ça.

Seregis : Alors… je suis… mort ?

Shiikari : Non, pas encore du moins, tu te trouves ici dans l’antichambre de mon royaume, tu es entre les deux états, ton esprit et ton corps sont vivants, mais très faibles.

Seregis : Je ne me souviens que de cette chute… dans ce monde inconnu… après avoir été frappé par la foudre des dieux…

Shiikari : La foudre divine ? De quoi parles-tu ? Il n’a jamais été question de te punir de quoique ce soit. Le fait que tu ne pries que très peu et ne participes pas à toutes les fêtes religieuses ne suffit pas pour que nous ayons envie de te donner une correction petit.

Seregis : Les… les orages divins ne sont pas de votre fait ?

Shiikari : Point du tout. Quel intérêt aurions-nous à faire disparaître nos croyants sans raisons, dis moi ?

Seregis : Je… je ne sais pas… renforcer votre autorité ?

Shiikari : Notre autorité ? Ah ! ah !

La divinité éclata de rire.

Shiikari : Quel idiot tu fais ma parole ! Notre autorité ! Mais petit, nous avons moult moyens de vous rappeler à l’ordre, ce n’est pas ça qui manque ! Mais il y a toujours une raison à notre courroux, toujours. Tout dieux que nous sommes nous ne pouvons nous comporter comme des tyrans sanguinaires, si nous vous punissions au hasard, vous ne sauriez comment vous comporter, vous seriez complètement perdu.

Seregis : Je… je comprend.

Shiikari : Bien, c’est déjà ça… Quoiqu’il en soit, je ne sais où toi et ton étrange ami avaient atterri, mais c’est hors de notre juridiction divine, nous ne pouvons rien pour vous. Cependant… quelqu’un en ce lieu semble tenir à toi et te rappel à la vie.

Seregis : Que… quoi ?

Shiikari : Je ne peux t’en dire plus, bonne chance à toi petit.

La divinité disparue, laissant Seregis seul en ce lieu étrange.

*
*     *

Enalys s’éveilla, s’étira et bailla bruyamment, cette sieste digestive lui avait permit de refaire en partie ses réserves d’aura. Elle leva l’aile qui abritait l’étrange humain, celui-ci respirait toujours faiblement et était encore évanoui.

Enalys : Rien de mieux, au moins, il n’a pas faibli depuis tout à l’heure, je vais profiter de son état pour terminer mon travail, mais j’espère qu’il se réveillera bien vite après cela, il ne faudra pas qu’il meurt de faim, et un transfert d’aura ne pourrait que le maintenir dans cet état, au mieux.

Elle reprit son travail et remit en place les os brisés de l’évanoui. Elle ne répara pas totalement ses fractures pour ne pas à avoir trop a prendre sur son énergie physique.

Enalys : Bien, ses os sont pratiquement régénérés, d’ici quelques jours, il sera totalement sur pieds, s’il se réveil… Par contre, j’ai une de ces faim, je ne pensais pas que la médecine pouvait autant creuser l’appétit. Je vais aller chasser quelques loups, ils ne sont pas rare par ici.

Elle se pencha vers l’inconnu et ajouta :

Enalys : Et toi mon petit, tu n’aurais pas faim ? Les émotions, ça creuse pourtant. Je vais te ramener un morceau, je suis sûr qu’une bonne odeur de chaire fraîche te sortiras de ton sommeil.

Elle posa son museau sur son front comme pour lui donner un baiser et parti.

*
*     *

Seregis, du moins son esprit, se trouvait toujours sur le rocher flottant près du royaume de Shiikari, tout était calme, l’horizon étrange de ce monde était toujours vide, seule quelques autre roches flottaient au loin.

Puis, d’un coup, sans prévenir, le rocher sur lequel il se trouvait se fissura, l’Arkodien se releva d’un coup, surpris. A peine fut-il debout, que la fissure s’amplifia rapidement, jusqu’à ce qu’une bonne moitié du rocher parte dans dans le néant.

Seregis : Pfouuu, c’était moins une.

Son répit fut de courte durée, une autre partie du rocher se déroba sous ses pieds, manquant de l’envoyer dans le vide, il réussi néanmoins à se rattraper à l’autre morceau, flottant toujours. A moitié suspendu dans le vide, il commença à sentir un vent frais souffler, alors qu’il essayait de se hisser, certaines parties de son corps commencèrent à le faire souffrir, comme s’il était blessé. Il tenta de remonter sur le rocher malgré la douleur, mais celui-ci partait petit à petit en morceaux. Il leva la tête et vit Shiikari qui venait d’apparaître sur ce qui restait de la roche.

Shiikari : Désolé Seregis, mais ce ne sera pas pour cette fois.

La pierre s’écroula sous ses mains et il tomba dans le néant.

Tout était noir, Seregis ne voyait rien, il sentait par contre de nouveau son corps, et les douleurs qui allaient avec. Il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits et ouvrir les yeux.

Il vit d’abord le ciel, bleu et parsemé que quelques nuages blancs, il tourna la tête pour voir où il était et remarqua qu’il se trouvait à coté d’un buisson, sur le dos, alors qu’il se souvenait être tombé sur le ventre avant de s’évanouir. Il avait un peu de mal à respirer, comme s’il avait bu la tasse, il se tourna péniblement afin d’avoir la tête en bas et toussa ce qui eut pour effet de lui faire cracher le sang qui lui restait dans les poumons.

Il sentit alors un petit contact humide sur sa joue, il tourna ta tête et vit que ce n’était autre que Xul qui lui léchait le visage, sans doute bien heureux de retrouver son ami.

Seregis : Tu es là toi ? Ça va ? Moi… j’ai mal partout.

Il essaya de bouger, mais sa jambe et son avant bras droits le faisaient souffrir, de même que son ventre. La souffrance était supportable, mais assez gênante pour se mettre debout dans l’immédiat. De plus, l’air frais le fit frissonner, il est vrai qu’il n’était que très légèrement vêtu et habitué aux chaleurs de sa forêt d’origine.

Seregis : Brr, il fait froid ici, pire qu’en hiver, ça n’a pas l’air de te déranger toi, tu as un belle fourrure pour te protéger, moi, je n’ai qu’un pagne en peau de bête et en tissu.

Xul, comme s’il avait compris son maître, se blotti contre lui pour le réchauffer.

Seregis : Merci mon bon Xul, j’aimerais beaucoup avoir d’autres amis comme toi.
*
*     *

La dragonne ne devait faire vite, si dormir à coté de l’étrange humain ne posait pas de problème pour sa sécurité; elle pourrait toujours sentir venir le danger; aller chasser demandait à s’éloigner, et donc, le laisser sans défense. Elle trouva un loup quelques dizaines de minutes après être parti, ceux-ci commençaient à devenir méfiants depuis sont arrivée. Elle se contenta de n’en tuer qu’un, ce serait suffisant pour elle et son invité, une fois mort, elle le prit entre ses griffes et s’en retourna.

Elle ne savait pas pourquoi elle s’occupait de cet étrange petit homme, après tout, il ne venait d’on ne sais où, peut-être que son bon cœur lui avait commandé de ne pas le laisser sans défense et mourir sous ses yeux, et après tout, cela faisait si longtemps qu’elle était seule, elle espérait secrètement s’en faire plus qu’un ami.

Enalys : J’espère qu’il me remerciera à son réveil. Ce serait la moindre des choses.

Alors qu’elle revenait là où se reposait son protégé, elle vit de nouveau cette étrange créature rousse prendre la fuite.

Enalys : Encore cette bestiole ! Hum… peut-être a-t-elle une relation avec lui, je devrais veiller sur elle également, elle pourra sans doute m’apporter des réponses.
*
*     *

Le réconfort apporté par Xul fut de courte durée, quelques minutes après s’être mis à coté de Seregis pour le réchauffer, il se leva et fuit à toute allure.

Seregis : Xul ? Qu’est ce qu’il y a ? Revient !

Il essaya de se relever pour le rattraper, mais il ne put, ses douleurs se faisaient sentir à chaque mouvements, et vu à la vitesse où il était parti, c’était peine perdu.

Cependant, quelques secondes plus tard, une ombre passa au dessus de lui, il essaya de se tourner pour voir de quoi il en retournait, mais il fut trop lent, puis, un bruit régulier qui lui rappelait celui d’un battement d’ailes suivi d’un bruit sourd et d’un tremblement.

L’ombre revient au dessus de lui, c’est alors qu’il croisa le regard d’une sorte de grand lézard blanc dont la tête, se tenait juste au dessus de lui.

Il en resté bouche bée, son teint blanchissait et son trouillomètre dégringolait au fur et fur que la créature approchait sa tête de la sienne.

Il se leva brusquement et parti à toute jambes, malgré ses blessures qui continuaient à le faire souffrir, mais comme disaient les Vikings[6], la peur donne des ailes.

Il courut autant qu’il put, se retournant de temps à autre pour voir si le monstre le suivait, il fut frappé durant sa course d’un violent mal de tête, mais cela ne l’arrêta pas, sa vie en dépendait.

Quand il fut épuisé, il s’arrêta pour reprendre son souffle, il réfléchi rapidement : Il n’avait pas mangé depuis le matin, sont corps le faisait souffrir et il était les dieux ne savent où, poursuivi par un monstre !

Son repos fut de courte durée, il se trouvait toujours dans la forêt où il s’était écrasé, et des arbres autours de lui provenaient des grognements. Il tourna la tête, de tout cotés, les même grognements qui se rapprochaient.

Bientôt, des animaux à poils gris sortirent des bois, tout autour de lui, dans son état, s’ils se montraient hostiles, il n’avait aucune chance.

*
*     *
Enalys : Ah ! Merveilleux ! Il s’est réveillé, je le vois bouger, je n’ai pas travaillé pour rien !

Elle passa au dessus de lui, se stabilisa, et se posa juste à coté de lui. La dragonne blanche approcha sa tête pour observer l’humain aux longues oreilles de plus près, cependant, elle ne put en profiter longtemps, celui-ci parti en courant sans demander son reste.

Enalys : Quoi ? Mais, qu’est-ce qui lui prend ? Il est fou de partir ainsi, dans son état et avec les multiples meutes de loups qui traînent par ici, il va se faire bouffer !

Elle reprit son envol et le suivi du ciel.

Enalys : Mais, c’est qu’il court bien l’animal ! Pas si mal en point que ça finalement… pfff, et même pas un petit merci… bon, ceci dit, à sa tête, je crois qu’il a eut peur de moi.

Puis, s’adressant au fuyard par télépathie.

Enalys : Revient idiot ! C’est dangereux par ici !

Elle continua à le suivre, la course du petit homme dura bien cinq à six minutes, puis, elle le vit s’arrêter, malheureusement, elle remarqua à cette instant qu’elle n’avait pas été la seule à le suivre, un groupe de loups l’avait encerclé et se préparait à attaquer.

Enalys : Alors là mes loulous… si vous pensez que vous allez faire de MON petit homme votre repas, vous vous mettez la patte dans l’œil jusqu’à l’anus !

Elle fonça vers les loups, bien décidée à en découdre.

Enalys : Tien bon petit, j’arrive !
*
*     *

Son mal de tête lui reprit, le désorientant légèrement du fait de son état d’affaiblissement.

Les créatures grises étaient toujours là, l’encerclant, vu leur comportement et ayant participé à plusieurs chasses, il se doutait bien que leurs intentions ne devaient pas être amicales, il se saisit son couteau de chasse et se prépara néanmoins à défendre sa peau, bien qu’il se doute qu’il n’ait aucune chance.

Alors que celui qui semblait être le chef du groupe se préparait à sonner l’hallali, le grand lézard blanc tomba du ciel et écrasa l’une des créatures de tout son poids sous l’une de ses pattes. C’est à ce moment que Seregis remarqua que le monstre blanc était pourvu d’ailes, expliquant son arrivée depuis les cieux.

L’attention des autres fut détournée par cette arrivée soudaine, leurs cible semblait désormais se porter sur le grand lézard blanc. Seregis songea à fuir mais ne put, ses états physique et psychique fatigués, la peur, le fait qu’il se sente complètement perdu, et sans doute une certaine fascination morbide pour ce qui se passait devant lui le fit rester sur place.

L’un des animaux de fourrure grise tenta d’attaquer le grand lézard par un coté, un solide coup de queue de celui-ci l’envoya se fracasser contre un arbre. Malgré cela, deux lui faisait encore face, dont celui que Seregis avait identifié comme le chef de meute. Ce dernier sauta à au cou du lézard alors qu’il se débarrassait d’un autre assaillant d’un coup de patte avant. Avec une très grande agilité, le géant évita le coup et réussi à l’attraper au vol dans sa gueule. Le chef gesticulait pour se sortir de là, jusqu’à ce que le l’autre referme ses crocs sur lui, dans un bruit d’os brisés. Seregis vit alors quelque chose qu’il n’aurait put imaginer, le lézard cracha une puissante gerbe de feu qui enflamma sa proie, laissant tomber un corps calciné et décapité.

Leur chef à terre, les autres hésitèrent, le lézard géant poussa alors un puissant rugissement qui mit non seulement Seregis à terre se bouchant les oreilles, mais mit aussi les autres en fuite, la queue entre les jambes.

Avant qu’il n’ait le temps de se relever, le monstre sauta sur lui et le bloqua sous l’une de ses pattes avant. Tenu à la gorge et aux bras par la créature, il ne pouvait plus que bouger plus ou moins ses bras et les jambes, impossible de se sortir de l’étreinte mortelle. Il tendit le bras vers son couteau de chasse, mais celui-ci était tombé quelques centimètres trop loin, puis, de nouveau, un violent mal de tête le fit souffrir, il hurla de douleur en se prenant la tête dans les mains.

Et là… boum…

Généralement, quand vous avez passé un mauvaise journée, vous êtes passablement énervé, au pire, une petite gueulante, et ça va mieux. Mais quand vous avez été catapulté on ne sais où et donc perdu votre famille et amis, que vous ne savez ni où ni quand vous êtes, que vous avez faim et froid, que vous avez failli mourir deux fois, que votre trouillomètre viens de passer sous le zéro absolu et que, par dessus le marché, un montre cracheur de feu vous tien en respect, vous n’êtes juste “passablement énervé”. A ce moment là, vous avez plutôt les fils qui se touchent, les neurones qui partent en vrilles, le ciboulo à l’envers, bref, vous pétez les plombs, un bon gros Fukushima cérébral.

Seregis bougeait et frappait autant qu’il le pouvait, les larmes aux yeux exorbités de terreur.

Seregis : LAISSE MOI PARTIR SALE MONSTRE ! LAISSE MOI TRANQUIIIIILLE !!

La créature le regardait, sa tête se rapprocha, le comportement de Seregis changea, il cessa de bouger, pétrifié de peur, et sa voix se fit supplique.

Seregis : Ne me mange pas, je t’en pris, ne me mange pas.

La tête du grand lézard se rapprocha encore, elle n’était plus qu’a une poignée de centimètres de la sienne. Seregis ferma les yeux, pleurant à chaudes larmes, il se recroquevilla comme il le put, comme un jeune enfant, et murmura.

Seregis : Ma maman… je veux ma maman…

Il sentait à présent le souffle de monstre contre son visage, dans quelques instants, il ouvrirait la gueule et le dévorerait, s’en serait fini de lui.

Il pensa une dernière fois à ceux qu’il aimait, ses parents qui lui avaient tant donné, la douce Nouma, ses camarades de chasses, qui, malgré leurs moqueries lui avait beaucoup appris, comme le prêtre Istan.

Fermant toujours les yeux, il senti l’haleine de la créature, cette odeur nauséabonde serait son dernier contact avec le monde des vivants.

*
*     *

Après son arrivée magistrale, le combat tourna cour, quelques loups tentèrent de l’attaquer mais ce n’était que du menu fretin pour elle, le chef de meute chercha à l’atteindre au cou, c’était compter sans sa grande agilité, elle n’en fit littéralement qu’une bouchée, lui coupant la tête d’un coup de dent et brûlant le reste. Elle fit fuir les autres d’un puissant rugissement, ce n’est pas quelques loups qui allaient lui faire peur.

Enalys : C’est ça ! Fuyez bande de couards ! C’est ce que vous savez faire de mieux !

Restait l’humain, celui-ci était à terre, visiblement sonné. Il tenta de se relever mais elle posa une de ses pattes sur lui pour l’en empêcher, plantant solidement ses griffes dans le sol tout en faisant attention à ne pas l’écraser sous son poids. Il tendit le bras, pour attraper une sorte de dague qui se trouvait non loin de lui, mais abandonna.

Enalys : C’est fini, calmes t…

A peine commença-t-elle à lui parler télépathiquement que celui-ci se tordit de douleur en se tenant la tête dans les mains, comme si quelque chose l’assourdissait.

Enalys : Mais qu’est ce qui lui arrive encore ?

A peine eut-elle fini cette pensée que son “prisonnier” fut pris de panique, il se mit à la frapper frénétiquement en pleurant et hurlant une phrase dans une langue qu’elle ne comprit pas.

Enalys : Il est complètement mort de trouille… mais… il est si mignon quand il se met en colère.

Enalys rapprocha sa tête, au fur et a mesure l’humain changeait, il cessa tout d’abord de bouger et prononça une seconde phrase qu’elle ne comprit pas plus que la première, puis, il ferma les yeux et en murmura une troisième, dont les mots lui étaient toujours inconnus. Apparemment, communiquer avec cet homme à longues oreilles serait difficile.

Son museau n’était plus qu’à quelques centimètres de lui, il fermait toujours les yeux, comme un enfant qui voulais se protéger de quelque chose.

Enalys : Le pauvre, je ne pensais pas être si effrayante, mais peut-être n’a-t-il jamais vu de dragon de sa vie.
*
*     *

Alors qu’il s’attendait à sentir les crocs acérés du cracheur de feu, une chose légèrement râpeuse et humide passa sur son visage, plusieurs fois, il ouvrit un œil et vit que le monstre lui léchait le visage. Il les referma, il était sûr que cet animal ne pouvait que le dévorer, tout dans son aspect le laissait penser, ses griffes, ses formes, la cruauté et la brutalité avec laquelle il avait abattu ses adversaires et son terrifiant rugissement ne pouvait faire que de lui qu'une bête dangereuse.

Elle continua à se montrer étrangement amicale, léchant le visage de Seregis, ou frottant délicatement son visage contre le sien tout en émettant une sorte de ronronnement aux tonalités graves. Si sa langue était légèrement râpeuse, ses écailles étaient par contre assez douces. Ce petit manège dura quelques dizaines minutes et eut pour effet de légèrement calmer Seregis, certes, son cœur continuait à battre la chamade et il n’était toujours pas vraiment rassuré, mais il arrivait désormais à contrôler ses pleurs

Quelques minutes après, la créature se releva, et le prit dans ses pattes avant, comme une mère ferait avec son enfant. La créature s’était montrée amicale, mais que se passerait-il à présent ? Elle déploya ses paires d’ailes, prit son envol et commença à doucement planer, porté par le vent.

Volant pour la première fois, Seregis fut surpris, l’altitude ne lui faisait normalement pas peur, mais là, c’était différent, étrangement, il n’émit qu’un petit cri de peur, comme s’il s’était résigné. L’air froid de l’altitude et de la journée qui finissait le fit frisonner, comme s’il avait senti cela, l’animal le serra contre lui, il fut surpris de constater que le corps de ce grand lézard était chaud, tout ceux qu’il avait rencontré jusque là avaient le sang froid et besoin de passer de longues heures au soleil.

Comme pour le rassurer une nouvelle fois, la créature lui lécha de nouveau le visage, cependant, Seregis ne savait toujours pas où ce voyage le mènerait, peut-être dans l’antre du monstre pour y être son prisonnier, ou pire ?

*
*     *

Les léchouilles et autres câlins qu’elle lui donnait semblèrent porter leurs fruits, son “petit homme” comme elle le nommait se calma, il ne lui semblait pas encore dans son assiette, mais qu’importe, il faudrait faire avec, le soir allait tomber, d’autres loups pourraient arriver et sa vision lors de faibles luminosités n’était la meilleure qu’il soit, il valait mieux partir. Elle hésita à le prendre dans sa gueule pour le transporter, comme le font les dragons avec leurs petits, mais bien qu’il soit aussi vulnérable qu’un dragonnet de quelques jours, autant éviter de le l’affoler inutilement; elle le prit donc dans ses bras, attrapa au passage sa dague d’un coup de patte arrière et décolla pour le ramener en lieu sûr.

Contrairement à ce qu’elle s’attendait, il ne montra pas de signe de résistance, à peine un petit cri, sans doute éprouvé par les multiples épreuves qu’il avait subit. Le sentant frissonner, elle le serra contre son corps, elle ne pu résister à le lécher un nouvelle fois pour lui signifier, à sa manière, que tout allait bien.

Après quelques minutes d’un lent voyage, pour ne pas plus affoler son protégé, elle atterrit là où elle l’avait trouvé, il y avait moins de loups par ici, et un ruisseau proche permettait de facilement avoir accès à de l’eau.

Elle le posa délicatement au sol, lui rendit son couteau et ramena près de lui le cadavre de loup qu’elle avait tué plus tôt. Elle ouvrit le corps du loup en quelques coup de pattes et y plongea la gueule pour en extraire de la viande tout en gardant un œil sur l’étrange humain.

Elle arracha un morceau de viande et, le gardant dans sa bouche, lui tendit.

*
*     *

Lorsqu’ils atterrirent, il reconnu le lieu où il été arrivé, il se laissa poser au sol, épuisé, la peur lui avait fait oublier ses blessures et leurs lots de souffrances physique, mais tout cela été revenu depuis. Il fut étonné de voir le grand lézard lui rendre son couteau de chasse, il pensait l’avoir perdu à jamais.

Seregis : Mon couteau ? Comment a-t-il su que j’y tenais ? Je ne comprend pas… je pourrais le blesser avec… peut-être veux-t-il me montrer qu’il a confiance en moi… cette bête me semble plus intelligent que je le pensais.

Il fut tiré de ses pensées quand il vit un morceau de viande que lui tendait le grand lézard blanc. Il le regarda, les yeux rougis par les larmes, il remarqua que celui-ci avait comme lui de longues oreilles, un paire de cornes sur la tête, un paire de fine moustache vers le bout du museau, deux ailes verticales sur le coté de la tête, comme une collerette et deux yeux de couleur marron, enfin, une crinière noire lui descendait le long du dos.

Seregis : C’est… c’est pour… moi ? demanda-t-il en se désignant du doigt.

La créature hocha la tête et lacha le morceau de viande dans ses mains.

Seregis : Me… merci…

Il sécha ses dernières larmes et mangea, il avait parfois mangé de la viande cru, cela ne le dérangeait pas. La viande de cet animal était du même type que ceux qui avait voulu l’attaquer, ce n’était pas mauvais.

Il ne savait pas ce que l’avenir lui préserverait, mais il accueilli ce moment de répit avec plaisir.

Malgré les épreuves qu’il avait subi, Seregis parvint à s’endormir, son sommeil fut cependant très agité, il ne pouvait cesser de penser à ceux qu’il aimait et qu’il avait sans doute perdu à jamais… ne lui restait que Xul, mais depuis sa rapide apparition, il restait introuvable.

*
*     *

L’humain hésita quelque peu et demanda quelque chose dans sa langue, cependant, joignant le geste à la parole, Enalys le compris, il prononça un autre mot qu’elle prit comme un remerciement, le voyant sécher ses larmes.

Ils mangèrent, puis, une fois qu’ils eurent terminés, il s’allongea et s’endormit bien vite.

Enalys se mit à coté de lui pour lui apporter chaleur et réconfort, le couvrant d’une de ses ailes pour l’abriter.

Enalys : Dort bien petit homme, tu l’as grandement mérité.

Chapitre cinquième - Iwüme Enalys !

Quand il se réveilla le lendemain, il sentit tout d’abord une chaleur agréable, il ouvrit les yeux mais ne pu voir le ciel, seulement une lumière tamisée, il ne comprit pas tout d’abord où il se trouvait jusqu’à ce qu’il reprenne ses esprits, encore embrumés par le sommeil. C’est alors qu’il remarqua qu’il se trouvait près du corps du cracheur de feu abrité par l’une de ses ailes, telle une couverture. Il sorti de ce lit improvisé mais néanmoins agréable à quatre pattes et pu voir le ciel, le soleil était déjà haut, il avait dut dormir bien plus longtemps qu’à l’accoutumé, et même s’il n’y avais que peu de nuages dans le ciel bleu, l’air était toujours aussi frais pour lui.

Il passa près de la tête de la créature, ses yeux étaient fermées et sa respiration lente, elle devait encore dormir. Il la regarda, elle avait la beauté fatale des bêtes sauvages, à ceci près qu’elle devait être bien plus intelligente, vu son comportement lors du repas. Il se releva, bien que cela fut un peu plus simple que la veille du fait du sommeil, son corps le faisait encore souffrir, toujours aux mêmes endroits.

Il observa alors les alentours, ils se trouvaient tout deux dans un lieu où la forêt était moins dense, son ouïe fine entendit clairement le son d’un cours d’eau qui devait couler non loin de là, il était tellement sous le choc hier qu’il n’y avait pas fait attention. En continuant son observation, il remarque le “Parchemin des étoiles” qui avait chut à quelques mètres du buisson, bien que se situation n’était guère enviable, c’était toujours ça de récupéré.

Restait deux problèmes à présent pour lui, premièrement, où était Xul ? et surtout, que faire ?

Pour le premier, Xul devait se cacher quelques part, par peur du grand lézard ailé, il regarderait dans les arbres au cas où il le verrait, mais tant que l’autre créature serait à coté, il serait difficile de le récupérer.

Pour le second, Seregis hésitait. Il pourrait tenter de partir à nouveau, mais c’était risqué, la forêt semblait dangereuse et il frissonna rien qu’à repenser à sa rencontre avec les créatures à fourrures grises, de plus, il ne connaissait pas du tout la région, pour être franc, il ne savait même pas dans quel monde il errait, y avait-il seulement de ses semblables ici ?

Il pourrait aussi rester avec le grand lézard, c’était d’ailleurs le plus sage à faire dans l’immédiat, le comportement de la créature avait été étrange mais pas totalement inamical, sauf quand il s’était retrouvé sous ses griffes, néanmoins, son intervention l’avait sauvé, il l’avait réchauffé quand il avait froid et l’avait nourrit quand il avait faim, même sous ses griffes il n’avait pas cherché à le dévorer ou le blesser et cela l’avait finalement empêcher d’aller courir de nouveaux dangers.

Seregis ne sut pourquoi la créature s’était montrée si amicale avec lui, mais il se décida à rester en sa compagnie, peut-être même que s’il y mettait du sien, une véritable amitié pourrait naître entre eux, après tout, il avait légèrement communiqué avec elle, preuve qu’elle avait une certaine intelligence. Restait juste à savoir comment communiquer plus en avant.

Il prit le “Parchemin des étoiles”, s’assit à coté du lézard blanc et le feuilleta en attendant qu’il se réveil.

*
*     *

Ce ne fut que tard dans la nuit qu’Enalys trouva le sommeil, certes, elle était plutôt couche-tard, mais l’arrivé de ce petit homme amenait nombre de questions et d’espoirs pour elle.

Apparemment, il ne semblait pas apprécier les messages télépathique, c’était gênant, la plupart des dragons parlent ainsi avec leur coéquipier, le problème était surtout que cela avait l’air de le faire souffrir, comme s’il les recevaient de façon incorrect, peut-être devaient-elle les formuler différemment, après tout, il ne semblait pas du tout être du coin. Mais de toute manière, ils ne parlaient pas la même langue, il lui faudrait de toute façon apprendre la langue d’Atsami pour survivre et cela prendrait du temps.

D’un autre coté, elle était heureuse d’avoir trouvé cet étrange humain au longues oreilles, jusque là, aucun humain d’Atsami ne s’était intéressé à elle, on la disait « trop faible », « trop petite » ou « trop douce », apparemment, les Atsamiens voulaient principalement se lier avec de fier dragons taillés pour le combat, ce qui n’était pas vraiment son cas. Et encore, même avec les dragons ce n’était pas vraiment la joie; le fait qu’elle fasse parti d’une des rares espèces de dragons à être un mammifère vivipare lui avait toujours valu d’être regardée comme une anomalie par les autres. Mais avec ce jeune homme issu d’on ne sais où, peut-être serait-ce différent ? Il ne semblait jamais avoir vu un dragon de sa vie, alors il ne serait pas gêné par tout ces préjugés, et puis… lui aussi devait se sentir seul…

Enalys : Si je savais ce qu’il se passait dans sa tête, ça irait bien plus vite…

Elle se mis à penser que le plus rapide serait d’explorer les méandres de son cerveau, certes, avec cela elle pourrait rapidement lui apprendre la langue d’Atsami et, par la même occasion, savoir pourquoi elle ne pouvait échanger télépathiquement avec lui. Mais la chose n’était pas simple; elle savait que le cerveau était un organe extrêmement complexe qui doit être manié avec la plus grand précaution, la moindre erreur pourrait poser de gros problèmes à son petit homme, voir à elle même, de plus, quoiqu’il arrive, cela leurs provoquerait de bons maux de tête.

Devant le risque, elle était prête à abandonner l’idée pour ne pas blesser son protégé, jusqu’à ce qu’elle pense qu’elle pourrait s’exercer sur des espèces plus simples, comme les animaux environnent.

Enalys : Hum… après tout… pourquoi pas… cela me permettrait peut être même d’en apprendre plus sur cette étrange animal roux que j’ai vu hier.

Elle finit par s’endormir, perdue dans ses réflexions.

Elle s’éveilla et sentit que quelque chose s’appuyait contre elle, elle tourna la tête et vie l’étrange humain lire un livre. Sans doute alerté par le bruit, celui la regarda, légèrement impressionné, mais moins apeuré qu’hier.

Elle s’apprêta à lui souhaiter la bienvenu par télépathie, mais, elle se restreint, elle devrait faire usage de la parole.

Enalys : Bonjour.

L’humain eut l’air surpris devant sa parole, cependant, Enalys ne s’attendait pas vraiment à ce qui allait suivre.

*
*     *

Seregis recula d’un pas et en resta bouche bée. Cette créature était donc douée de parole ! Il l’avait bien entendu articuler un mot, d’une langue inintelligible pour lui, certes, mais ce n’était pas un cri ou un hurlement, comme la veille, mais bien un mot. En réponse à sa surprise, le lézard approcha sa tête et lui lécha le visage, comme pour le rassurer.

Vu sa réaction, ce mot devait signifier quelque chose comme « Bon éveil », ce ne devait de toute manière pas être inamical.

Il hésita quelque peu, puis une fois les léchouilles de la créature terminées, il prit le bout de son museau dans ses mains et laissa un baiser dessus, tout lui répondant :

Seregis : Bon éveil[7]

Seregis ressenti alors la surprise de l’animal, il est vrai que par rapport au visage effrayé et triste qu’il avait montré de lui hier, c’était bien différent.

*
*     *

« Iwüme »

Voici donc comment se souhaitait le bonjour dans sa langue.

Après ce qu’il avait subi la veille, elle ne s’attendait pas à ce que le petit homme se montre si chaleureux, elle pensait devoir encore faire ses preuves, mais après tout, peut-être son comportement après la bataille contre les loups avait rassuré celui qu’elle souhaitait voir devenir son compagnon.

Elle profita de l’embrassade[8] qu’il lui donna, après tant d’années seule, qu’il était bon de se sentir désirée ! Ne serait-ce que par un simple salut.

Après encore quelques échanges d’amabilités, la dragonne s’étira longuement, elle observa l’humain. Ils se regardèrent quelques secondes, puis, elle se désigna du doigt et dit, en distinguant les syllabes :

Enalys : E-na-lys

Elle recommença :

Enalys : E-na-lys

Son petit homme la regarda d’une façon un peu étrange, puis, son regard s’éclaircit, il avait visiblement comprit ce qu’elle voulait.

D’une manière proche, il frappa de la paume de sa main gauche sur son torse et répondit :

Seregis : Se-re-gis

Puis, la montrant du doigt

Seregis : E-na-lys

Enfin, après une seconde d’hésitation, il ajouta :

Seregis : Bonjou Enalys

L’humain essayait de faire des efforts pour se faire comprendre d’elle, Enalys trouva le moment étrangement émouvant, elle lui répondit :

Enalys : Iwoumé Seregis
*
*     *

La créature avait donc un nom, « Enalys », ça ne sonnait pas mal, le grand lézard ailé semblait de plus en plus arkodien[9] à Seregis.

Cependant, il la corrigea,

Seregis : Iw-Üme

C’est alors un étrange jeu qui démarra, pour que chacun fasse apprendre à l’autre la prononciation correct de sa langue, après quelques essais, ils réussirent.

Puis Enalys se coucha au sol, Seregis ne compris tout d’abord pas ce que la créature voulais, jusqu’à ce qu’elle commence à lui faire un signe d’une de ses ailes, comme pour l’inviter à venir. Il s’approcha donc, Enalys tourna la tête et le poussa doucement avec vers son corps.

Seregis se tourna vers la tête d’Enalys, se désigna d’une main et montra le dos de la créature de l’autre. Celle-ci hocha la tête, Enalys voulait qu’il monte sur son dos. Cela lui paru un peu étrange qu’une créature intelligente comme elle veuille servir de monture, mais après tout pourquoi pas ? Elle l’avait bien porté hier.

Il grimpa sur son dos, aidé d’Enalys qui le poussait avec sa tête, c’était la première fois de sa vie qu’il montait un animal, et il souffrait encore des restes de ses fractures.

Les blanches écailles d’Enalys lui semblèrent douces, comme quand elle avait frotté son visage contre le sien dans la forêt, mais également étrangement solide en même temps; sans doute les écailles de son corps étaient plus épaisses que celles de son visage. Il eut également une agréable sensation en touchant la crinière noire qui parcourait le dos d’Enalys, il lui était étrange qu’une créature qui pouvait être si terrible ait en même temps un telle douceur, aussi bien physiquement que par ses manières envers lui.

Enalys commença à marcher le forçant à agripper sa crinière d’une main pour ne pas partir à la renverse, tenant dans l’autre le parchemin du temple.

Il s’attendait à la voir pendre son envol, mais en n’en fit rien, elle se contenta au contraire de marcher tranquillement, c’était mieux ainsi après tout. Ils arrivèrent rapidement au cours d’eau que Seregis avait remarqué ce matin en s’éveillant. Alors que sa monture s’apprêtait à entrer dans l’eau, Seregis lui tira sur la crinière, elle s’arrêta et tourna sa tête vers lui. Il lui montra le “Parchemin des étoiles” qu’il tenait dans une main, il n’était pour lui pas question que l’eau abîme le précieux document déjà bien malmené à son arrivée en ce monde et qu’il avait promis de rendre.

*
*     *

Enalys s’arrêta donc, son protégé semblait tenir à cet ouvrage, elle le laissa descendre et aller mettre à l’abri le large volume au pied d’un arbre.

Elle s’était mise à l’eau quand il revint, elle le vit alors tenter de s’y mettre aussi, mais, aussitôt eut-il mis un pied à l’eau qu’il le retira.

Enalys : Hé bien mon petit Seregis, l’eau est trop froide à ton goût ? Pensa-t-elle.

Puis, elle eut une idée, elle fit un large mouvement de queue qui eut pour effet de complètement le tremper. Celui-ci eu un cri de surprise qui fut suivit que quelque mots qu’elle ne comprit pas, mais ce devait sans doute être quelques reproches suite à sa mauvaise blague. Elle rigola et lui tira la langue pour le provoquer, voyant cela, Seregis se mit à l’eau; après tout, mouillé pour mouillé…

Il la rejoignit au milieu de la rivière l’éclaboussa en réponse, malgré la différence entre ce qu’elle avait fait et les vaguelettes que Seregis pouvait espérer faire, elle feint de se protéger, par simple jeu.

S’en suivit plusieurs minutes d’une baignade tranquille, à écouter les oiseaux et les bruit de la forêt.

Ayant un creux, elle décida de profiter de la situation pour attraper quelques poissons qui peuplaient la rivière. Elle donna un petit coup de patte a Seregis pour qu’il prête attention, puis, elle prit sa respiration et plongea la tête sous l’eau. L’humain au longues oreilles fit de même pour la voir à l’œuvre.

La dragonne repliait légèrement le cou et observait le passages des poissons, puis, dès que l’un d’entre eux passait devant elle, elle tendait le cou à un vitesse impressionnante pour l’attraper dans sa gueule. Son “petit homme” fut, a ce qu’elle vu, impressionné par sa technique, d’autant plus qu’elle pouvait garder sa respiration plus longtemps que lui.

Elle en dévora une grande partie et en donna à Seregis, celui-ci les garda en main, s’il était comme les humains d’Atsami, il les mangerait à terre, cuit.

Elle ne s’y était pas trompé, une fois revenu à terre, il posa les poissons qu’elle lui avait donné et commença à chercher du bois de-ci-de-là. Pendant ce temps, elle se secoua pour se sécher et s’allongea, c’est alors qu’elle aperçu le livre que Seregis portait, elle s’en approcha et l’ouvrit du bout des griffes.

Celui-ci contenait de longs textes de caractères soigneusement alignés et dessinés sur des pages blanches d’un langue dont elle avait entendu parler comme étant “anglaise”, elle pensa que Seregis parlait cette langue, mais, vu les habits qu’il portait et la qualité du livre qui surpassait les meilleurs techniques des copistes Astamiens, cet ouvrage ne devait pas être le fait de son peuple.

Son impression fut renforcée quand elle en parcouru les pages, elle y trouva pelle-mêle : des schéma et graphiques, pour certains très complexes; des images de grande qualité d’étoiles et de planètes, comme si elles avaient été prise depuis l’espace, ainsi que d’autres montrant d’étranges machines crachant du feu ou déployant des ailes ressemblants à de grand miroirs.

Elle referma le lourd volume et lu sur la couverture de cuir travaillée, non sans quelques difficultés :

“Exploration of the Univers

&

Introduction to Modern Astrophysics

-

Third Edition”

Elle resta pensive quelques instant, interloquée.

Enalys : Oh, bin ça alors… il m’en bouche un coin… si mon petit homme arrive à comprendre ce livre… c’est que j’ai préjugé de ses capacités intellectuelles.

Elle chercha à se souvenir où elle avait entendu parler de cette langue, mais le souvenir ne suis revint pas.

*
*     *

Alors qu’il ramassait du bois pour faire un feu, Seregis vit Enalys consulter le parchemin, il s’arrêta et l’observa quelques secondes.

Seregis : Serait-ce possible Enalys sache lire ? Ces créatures sont décidément d’une grande intelligence…

Puis, une pensée lui traversa l’esprit :

Seregis : Et si ce monde était peuplé de grands lézards comme elle qui formaient un peuple ? Je ne dois plus être dans mon monde, Shiikari m’a dit qu’il ne pouvait rien pour moi… ou peut-être y suis-je encore, à un autre temps, mais que tout ceux de mon espèce on disparu et on été remplacé ou transformé en cracheurs de feu ailés.

Cette pensée le mis mal à l’aise, car si Enalys se montrait amicale envers lui, ce ne serait sans doute pas le cas de tous… et pour tout dire, vivre au milieu de ces créatures si terrifiantes l’effrayait quelque peu.

Il chassa cette pensée de son esprit avant de reprendre sa tâche. Une fois les brindilles et le bois sec ramassé, il les mis de coté et rassembla des pierres pour créer un foyer, arracha l’herbe qui se trouvait dans le cercle de pierres, puis, y mis bois et brindilles et commença à frotta deux morceaux de bois pour l’allumer, mais avec son bras droit souffrant, ce n’était pas simple.

Il était si concentré, qu’il entendit à peine Enalys se mettre près de lui. Il s’interrompit quand elle mit son doigt devant son nez, comme pour réclamer son attention.

Elle cracha une légère flamme qui embrasa rapidement le foyer, Seregis fit un vif mouvement du bras comme pour éviter les flammes, puis, il regarda la créature avec un visage teinté de crainte et d’admiration.

Seregis : Forcement… c’est plus facile comme ça… pensa-t-il.

Puis, s’adressant à elle :

Seregis : Merci… Enalys.

Son intervention l’avait impressionné, mais au moins, il pouvait manger à présent.

*
*     *

Elle se rappellera longtemps de la tête qu’il avait fait la voyant allumer son feu, cela la fit sourire, même si c’était à ses dépends. Elle ne voulait pas le blesser, néanmoins, le ton qu’il prit en lui parlant la rassura, il semblait un peu surprit, mais reconnaissant, et, voyons le bon coté des choses, elle avait apprit un nouveau mot, celui-ci devait vouloir dire « Merci », l’autre n’étant que son nom.

Elle se coucha près de lui et le regarda manger, satisfaite et heureuse comme une mère regardant son enfant.

Enalys : Vu que ses blessures n’étaient pas totalement guéries, autant ne pas chasser de loups ou autres bêtes dangereuses aujourd’hui, cela m’évite de le faire voler par la même occasion, autant l’habituer progressivement. … Je soignerais définitivement ses fractures cette nuit quand il dormira, j’ai récupéré mon aura et ça me gène de le savoir souffrant.

Elle ferma les yeux et s’offrit une sieste digestive, bientôt rejoint par son “petit homme”

*
*     *

Une fois réveillés, Enalys l’invita de nouveau à monter sur son dos, elle lui montra les environs, et lui appris l’existence des fruits ou légumes savoureux de la région.

Le soir venu et Seregis endormi elle termina son travail et chercha mentalement où l’étrange petit animal roux se cachait. Elle trouva l’écho de sa présence mentale à quelques dizaine de mètres d’eux, celui-ci semblait les observer.

Seregis : Bonne nuit à toi aussi boule de poils. songea-t-elle avant de s’endormir à son tour.

Contrairement à la veille, cette journée fut calme, mais Enalys avait du pain sur la planche pour que Seregis soit près à vivre pleinement en Atsami.

Chapitre sixième - Initiation

Même si sa nuit fut plus calme que la première, Seregis, était légèrement mélancolique de sa vie passée, ses amis et sa famille lui manquaient, mais, d’un certain coté, il sentait qu’Enalys faisait de son mieux pour qu’il se sente bien.

Quand il se réveilla, il remarqua que, comme la veille, Enalys l’avait couvé sous l’une de ses ailes, après tout, ce couchage rustique était agréable et lui permettait de passer la nuit au chaud.

En se levant, il remarqua une anomalie, comme s’il lui manquait quelque chose, il trouva rapidement : Son corps ne lui faisait plus mal du tout, il se sentait en pleine forme. Il ne comprit pas vraiment comment il avait pu récupérer si vite, car malgré son intelligence il ne voyait pas Enalys pouvoir le soigner avec ses grandes griffes et dents. Peut-être était-ce le fait d’un dieux ou d’un esprit local qui veillait sur lui ?

Contrairement à la veille, le soleil n’était pas encore haut dans le ciel, l’aube s’achevait à peine. Voyant le grand lézard dormir et sachant que son corps ne lui faisait plus mal, il décida d’explorer la nature environnante, peut-être y retrouverait-il Xul par la même occasion.

*
*     *

Même si Seregis serait remis sur pieds à son éveil, Enalys ne voulait pas trop le brusquer, d’ici quelques jours il ferait son premier vol avec elle, mais d’ici là, elle voulait profiter du calme pour commencer à s’exercer à explorer les méandres cérébrales des espèces les environnants afin de pouvoir plus tard, elle l’espérait, explorer sans risque la tête de Seregis et de cette étrange animal roux qui les observait.

Elle savait qu’il était possible d’explorer l’esprit d’un individu pour en trouver des souvenirs, elle l’avait d’ailleurs parfois pratiqué en plus de quatre-cents années de vie, cependant, ce n’est pas des souvenirs ou connaissances acquises par Seregis qui l’intéressait, mais bien le fonctionnement de son cerveau afin savoir pourquoi les messages télépathiques le faisaient tant souffrir, et ce type d’informations ne se trouve pas dans les souvenirs.

Une fois éveillé le lendemain, elle ne sentit pas Seregis, elle se leva, et commença à le chercher. Fort heureusement, ce ne fut pas long, le petit homme ne se trouvait qu’a quelques dizaine de mètres de là, à observer les arbres et les plantes.

Enalys : Ouf, tout va bien, il ne faudrait pas qu’il s’éloigne trop lors de mes recherches.

Elle le salua et, après un bain matinal et un repas de poissons et de fruits, Enalys décida qu’il était temps pour elle de se mettre au travail.

Elle s’installa et commença par utiliser son aura magique pour sentir mentalement les espèces animales près d’eux. Elle s’y trouva elle-même, en premier lieu, puis quelques oiseaux tels des perdrix, des moineaux ou un faucon pêcheur; un couple de vipères; quelques lapins; quatre à cinq colonies de fourmis cachées sous terre ainsi l’étrange animal roux et Seregis sur lesquels elle ne pouvait coller de nom d’espèce.

Enalys : Laissons les fourmis de coté pour l’instant, le fait qu’elles vivent en société organisée risque de complexifier la chose. Pour les lapins et le faucon, je risque de perdre leurs traces s’ils se mettent à fuir ou à chasser. La perdrix ? Hum… les moineaux sont plus stupide. Les vipères ne sont pas non plus un mauvais choix, elles sont des lézards comme moi, peut-être cela simplifiera la tâche ?
… Non, finalement, je vais commencer par ces idiots gazouillant en 140 caractères[10].

Elle savait qu’avec l’utilisation de certains pouvoirs l’aura altérait la vision afin d’en rendre l’utilisation plus aisé. Elle avait déjà expérimenté quelques visions auriques quand elle ressoudait des os ou soignait des saignements, elle n’avait cependant jamais tentée d’adapter son aura à une vison encéphale.

Elle se concentra pour adapter ses émissions auriques à ce nouveau type de recherche, petit à petit, sa vision changea, elle commença à voir le monde d’une couleur bleu nuit, seul s’affichait des tâches blanches plus ou moins luminescentes correspondant au cerveau et à l’activité cérébrale de chaque créature. Mais tout cela restait très flou pour l’instant, peut-être cette vision s’affinerait avec l’expérience ?

Elle concentra cette étrange vision sur les piailleurs et commença son lent et fastidieux travail d’observation et d’analyse.

Elle le fit trois jours durant, ne s’accordant des pauses que pour manger, dormir et se refroidir les neurones.

Au bout de trois jours, ce nouveau type de vision aurique s’était amélioré légèrement de par ses observations, les tâches blanches avaient prit des formes plus précises rappelant le cerveau de chaque créature, et elle commençait à en distinguer plus ou moins les différentes zones, en fonction des activités qui en provenaient et de l’effet produit dans la réalité. Elle avait remarqué que même une créature stupide cachait un cerveau complexe, et que les différentes espèces semblaient avoir des zones cérébrales aux fonctions similaires mais aux formes et tailles différentes, elle espérait tirer de ces points communs quelques aspects lui simplifierait la tâche, mais il était encore trop tôt pour le dire.

Après trois jours elle décida de se changer les idées, elle sentait bien que Seregis commençait à trouver le temps long et il était pour elle inconcevable de se passer plus longtemps de chaire fraîche, car bien que bon pour la mémoire, le poisson la lassait.

Elle bougea, leva la tête, et fit signe à Seregis de monter sur son dos.

*
*     *

Seregis ne comprenait pas vraiment ce qui se passait, depuis quelques jours, Enalys était étrange, la créature passait de nombreuses heures allongée à observer la nature, sans rien dire. Elle ne se levait que pour se nourrir ou se laver.

Seregis : J’espère qu’elle n’est pas malade, papa m’a bien apprit l’utilisation de divers plantes médicinales ou comment soigner des blessures, mais j’ignore les vertus médicinale des plantes de ce lieu. Et je n’ai jamais soigné de créature comme elle…

Il avait continué, pendant ce temps, ses recherches pour retrouver Xul en regardant dans les buissons et arbres environnants, mais n’avait rien trouvé, il prit alors peur que son ami soit mort de faim, incapable de trouver une nourriture lui convenant, ou se soit fait dévorer par quelconque bête, peut-être par Enalys elle-même ! Après tout, elle aurait très bien put le manger sans savoir qu’il tenait à lui. Mais il ne l’avait pas vu manger autre chose que des poissons et des fruits ces temps-ci, d’un coté, ça le rassurait.

Il avait également continué à mieux observer la nature qui l’entourait, il semblait être là pour un moment, alors autant comprendre son nouvel environnement, il put observer quelques animaux, dont certains lui rappelaient plus ou moins certaines espèces de son foyer. Cependant, il restait très prudent, il ne savait quelle était la dangerosité de ceux-ci, Enalys ne semblait pas prête à le secourir dans l’immédiat, et que pourrait-elle faire si certaines étaient venimeuses ?

Au bout de trois jours de cet étrange état, il la vit se relever, et demander, comme il y a quelques jours à ce qu’il monte sur son dos. Il fut heureux de la voir a nouveau se préoccuper de lui, il vint la saluer en caressant son museau, trop heureux de retrouver son amie.

*
*     *

Apparemment, son “petit homme” ne semblait pas trop lui en vouloir de l’avoir délaissé quelques temps. Elle était désolé d’avoir fait cela, mais une fois ce travail abattu, ils pourraient établir une liaison bien plus poussée.

Il ne se fit pas prier et grimpa sur son dos juste devant sa première pair d’aile. Ses blessures n’étant en toute apparence que du passé il avait retrouvé toute son agilité, il put donc le faire sans son aide cette fois-ci.

Et puisqu’il voulait avoir de l’action, il allait en avoir.

La dragonne se releva sur ses pattes arrières, puis, d’un coup se propulsa et ouvrit ses ailes. Elle sentit dans son dos Seregis, prit par surprise, s’allonger et se tenir comme il pouvait face à ce décollage brutal.

De son coté, ce vol lui faisait le plus grand bien, après plusieurs jours à se creuser la tête, il était temps pour elle de se changer les idées et… d’initier Seregis au vol.

Elle jeta rapidement un coup d’œil vers son cavalier et vit qu’il n’avait pas changé de position, s’accrochant désespérément à elle en passant ses mains autour de son cou.

Enalys : J’y suis peut-être allé un peu fort pour une première fois…

Elle ralenti puis s’arrêta en vol stationnaire pour lui laisser un peu le temps de se remettre. Cependant, même après quelques minutes, il ne semblait pas vraiment rassuré.

Enalys : Ça n’a pas l’air d’être mieux… il doit avoir le vertige… Il est vrai que je vole haut et que nous avons aucun équipement, voler sur un dragon à nu n’est pas toujours aisé.
Dommage que je ne puisse encore le rassurer… Bah ! Il devra faire avec !

Elle reprit sa route plus tranquillement, puis, une fois arrivé sur un territoire qu’elle savait abriter des loups, elle se mit à voler en cercle jusqu’à en repérer un petit groupe.

Enalys : Ah, notre déjeuné se précise, dommage que tu ne puisses encore apprécier la beauté de la chasse avec un dragon mon petit, mais en attendant, j’ai faim.

Elle attendit que le groupe de loups approche d’une zone plus dégagée, se mit face au vent pour ne pas qu’il leurs amène son odeur et fondit sur eux.

*
*     *

Seregis fut complètement prit par surprise par le décollage, il ne s’attendait pas du tout à ce qu’Enalys s’envole, elle qui s’était montré si douce puis indifférente ces jours derniers faisait preuve d’un regain d’énergie inattendue. Paniqué, il poussa un cri et s’agrippa comme il put pour ne pas tomber.

Au moins, ça confirmant que celle-ci ne semblait pas mal se porter, contrairement à ce qu’il craignait.

La fraicheur en ce monde étrange ne le réussissait pas trop, mais avec le vent d’altitude qui fouettait son visage, c’était encore pire. Il sentit que la créature s’arrêta à un moment, il ouvrit les yeux et vit au dessous du cou du grand lézard la forêt et ses arbres rendu minuscules par la hauteur. Tout cela lui rappela de mauvais souvenirs.

Mais, il n’était pas au bout de ses surprises, Enalys reprit sa route et, au bout de quelques minutes, piqua.

Il se reteint de crier, elle devait savoir ce qu’elle faisait après tout, mais, c’est quand il eut la force d’ouvrir de les yeux et qu’il aperçu une bande de ces bêtes à fourrure grise qu’il comprit.

Elle l’avait emmené chasser, à sa manière.

Cramponné maladroitement à son cou, il était aux premières loges pour voir la scène. Après une chute vertigineuse, le groupe d’animaux l’avait repérée, cependant, elle était bien trop rapide ou eux.

Elle les rattrapa, et n’eut qu’a rapidement manœuvrer pour en attraper un de ses pattes arrières.

Seregis entendit alors l’animal blesser hurler à mort, comme lors de leur première rencontre, cependant, le cri fut interrompu par une suffocation, elle devait l’avoir étouffé entre ses puissantes pattes.

Elle reprit son vol quelques secondes encore, puis, se posa en pleine forêt, déposant sa prise et Seregis.

Une fois au sol, et remit de son vertige, il vit qu’Enalys avait commencé, comme la fois dernière à dépecer sa proie. Il décida d’explorer les alentours à la recherche de fruits et de bois, car même si la viande de cet animal n’était pas mauvaise crue, elle serait encore meilleure cuite et agrémentée.

Sans doute plus en confiance que la dernière foie, il s’éloigna.

Quelques dizaines de mètres plus loin, il trouva des arbres fruitiers qu’Enalys lui avait fait goûter et qu’il avait appréciés, cependant, quelques secondes après qu’il ait commencé sa collecte, il entendit un grognement au loin. Il ne s’en inquiéta d’abord pas, mais, celui-ci se fit petit à petit plus proche.

Il sorti sont couteau de chasse qu’il portait à la ceinture de son pagne et s’aida de son ouïe fine pour savoir d’où il venait.

Contrairement à la dernière fois, il n’y avait cette fois qu’un seul grognement, la créature qui cherchait à faire de lui son repas devait être seule et tournait autour de lui, sans doute pour l’affoler.

Cependant, contrairement à la dernière fois, Seregis était en peine forme, et ce serait un combat à un contre un, il garda son sang-froid et continua à se repérer au son, jusqu’à ce que son regard croise celui d’un des animaux à fourrure grise.

La créature n’était qu’a quelques mètres de lui et avançait lentement, son couteau en main, Seregis l’observait, prêt à agir.

Après quelque secondes, elle bondit sur lui, Seregis, fit un rapide bond vers la droite, évitant ainsi la bouche du prédateur, celui-ci ne lui provoquant que quelques griffures au passage, avec ses pattes.

Seregis roula rapidement vers son adversaire et lui asséna un coup de couteau dans l’avant pattes gauche et retira sa lame. Celui-ci hurla de douleur et attaqua de plus belle, il essaya d’asséner un coup de patte, mais l’Arkodien l’évita en se reculant d’une seconde roulade.

Voyant que la créature, blessée, ne se déplaçait plus que difficilement, il profita de son éloignement pour rapidement se mettre de debout, cependant, a peine sur pieds, celle-ci, réussi à bondir sur lui et à l’attraper à la jambe gauche.

Il cria et chuta sous la morsure mais réussi malgré tout à atteindre le cou de la bête où il planta son arme. Elle lâcha prise, cracha du sang, puis, mourut dans un râle.

Seregis réussi à se remettre sur pied malgré la blessure, il tata sa jambe, l’os semblait intact, mais son sang coulait. Néanmoins, il mit la bête sur le dos, posa les fruits de sa collecte sur son ventre et la tira par les pattes, revenant sur ses pas.

Quelques secondes après, il aperçu Enalys, celle-ci, visiblement alerté par les cris avait abandonné sa tâche pour venir l’aider.

Le grand lézard ailé les regarda, lui, puis sa prise. Il lui répondit par un sourire, mêlant reconnaissance envers l’aide qu’il voulait lui apporter, et fierté d’avoir attrapé une proie seul.

*
*     *

Alors qu’elle avait commencé à ouvrir le ventre du loup pour en dévorer l’intérieur, Enalys vit son humain s’éloigner. N’ayant pas senti de danger, elle le laissa faire, et puis, après tout, il n’était plus mal en point et nécessitait donc moins d’attention.

Sa confiance s’effondra quand elle entendit le cri de son ami et senti l’odeur de son sang.

Elle laissa le loup dépecé en plan et accouru pour lui porter secours, suivant l’origine du cri et les effluves de sang pour se repérer et imaginant déjà les pires scénarios qu’ils soit.

Mais ses inquiétudes furent de courte durée, elle vit son “petit homme” traînant un loup; au sourire qu’il lui accorda, elle comprit qu’il avait réussi à le chasser seul.

Se rapprochant de lui, elle remarqua également sa blessure à la jambe, elle approcha la tête pour lui lécher la jambe, cela ralentira les saignements, du moins le temps qu’il revienne.

Enalys : Je suis fière de toi mon petit, mais tâche d’être plus prudent la prochaine fois. pensa-t-elle.

Une fois sur place, elle le vit se mettre à terre en commencer à chercher quelque chose du regard tout en tentant de retenir son saignement à la jambe des mains.

Enalys : Il doit chercher quelque chose pour se soigner… bon, pas besoin de le faire attendre plus longtemps.

Elle se concentra et analysa l’état de sa jambe, visiblement, son os n’avait rien, ni aucune partie trop sensible, seul du muscle avait été atteint, ce n’était pas mortel immédiatement, mais ça pourrait le devenir avec le temps, ou, au mieux, provoquer des infections.

Elle s’apprêta a soigner ses blessures, il souffrira un peu le temps que les plaies se referment et les muscles se reforment, mais il sera rapidement hors de danger.

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Bien qu’heureux d’avoir pu montrer sa valeur Enalys, il lui restait à panser sa blessure, et les léchées ne pourraient rien cette fois-ci, au mieux, nettoyer sa jambe très temporairement.

Il ramena sa prise près de la première et s’assit, les saignements baissèrent, celui-ci ne forçant plus sur sa jambe. Il mit ses mains autour de la plaie et chercha si les alentour disposait d’une feuille assez large lui permettant de se fabriquer de quoi se panser et atténuer la douleur, malheureusement, les arbres et plantes d’ici n’avaient rien à voir avec ceux et celles de village et il ne trouva rien.

Quelque secondes après, une chaleur suivit d’une vive douleur se fit sentir dans sa jambe. Il serra les dent et ferma les yeux, réfrénant cris et pleurs; elle dura quelques petites dizaines de seconde, puis, s’arrêta.

Quand il rouvrit les yeux, il vit le visage d’Enalys se lever de devant sa jambe blessée et le regarder.

Il la lâcha et remarqua que, tout comme la douleur, sa plaie avait disparue.

Seregis : Quoi ? C’est, Enalys qui…

Seregis avait déjà vu dans son village le mage sylvestre Dirnos utiliser quelques pouvoirs, mais il savait que ceux-ci demandait un entraînement sérieux et de longues méditations et il ne l’avait jamais su capable de soigner des êtres vivant, Enalys semblait par contre avoir fait ça le plus naturellement du monde.

Son regard pour la créature d’écailles blanches changea, il recommença à la craindre. Il avait découvert qu’elle n’était pas une créature sauvage, qu’elle pouvait parler une langage intelligible et sans doute lire. Si ces dernières découvertes sur la rendait sympatique, cette nouvelle, par contre, était terrifiante, qui sais quels terribles pouvoirs elle cachait encore ?

Puis, la phrase de Shiikari lui revint en mémoire : « … c’est hors de notre juridiction divine, nous ne pouvons rien pour toi. Cependant… quelqu’un en ce lieu semble tenir à toi… »

Était-elle une sorte de divinité locale, ou l’esprit de cette forêt ? Il se senti soudain bien petit face à elle, nous seulement elle pourrait le hacher menu avec ses dents et ses griffes, mais elle maîtrisait en plus magie, certes elle avait cette fois-ci utilisé ses pouvoirs pour le soigner, mais en sera-t-il toujours ainsi ?

La seule chose qui le rassurais un peu était qu’Enalys semblait tenir à ce qu’il reste vie.

Comme si celle-ci avait vu la peur dans son regard, elle frotta son visage contre le sien, pour le rassurer, puis, elle commença à dévorer la bête qu’elle avait attrapée.

Seregis, quand à lui, commença à découper soigneusement la sienne, la fourrure de celle-ci pourrait le protéger contre le froid, et même s’il n’était pas tanneur, il avait déjà vu ceux de son village faire, le résultat ne serait sans doute pas aussi bon, mais qu’importe.

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*     *

La réaction de Seregis aux soins qu’elle lui apporta l’étonna, elle put lire une certaine peur dans ses yeux.

Enalys : Hé bien quoi ? Tu n’as jamais vu de magie ? Pourtant, c’est la chose la plus naturelle qu’il soit ici. songea-t-elle.

Son petit homme à longue oreilles ne devait vraiment pas être du coin, elle frotta sa tête contre la sienne pour le rassurer et commença à dévorer son loup, ce petit aparté médical lui ayant creusé l’appétit.

Mangeant tout en gardant un œil sur Seregis, elle s’étonna de le voir découper si soigneusement sa proie, puis, continuer en lui retirant la peau.

Enalys : Mais que fait-il ? Je sais bien que les humains ne mange pas la peau, mais ce n’est pas un raison pour l’éplucher ainsi.

Elle resta à observer son lent travail du coin de l’œil plusieurs dizaines de minutes, jusqu’à comprendre.

Enalys : Ah, j’ai trouvé, il veut garder la fourrure intacte pour la porter, pas bête… ça semble confirmer qu’il est frileux, comme lors de nos baignades.

Une fois son travail achevé, elle le vit partir à la recherche de bois, comme pour le poisson, son “petit homme” semblait préférer la viande cuite. Une fois le nécessaire réussi, elle alluma le feu sous le regard admiratif de son ami, il s’y était apparemment habitué, mais trouvait sans doute toujours cela impressionnant.

Elle le vit alors découper la viande de son loup et commencer à en faire cuire les morceaux.

Enalys : C’est qu’il semble avoir toute les habitudes d’un chasseur ma foie… Je ne pensais pas qu’il saurait se débrouiller si bien, ne lui reste plus qu’à maîtriser le vol.

Leur repas terminé et le feu éteint, Enalys s’allongea à nouveau au sol pour inviter Seregis à monter sur elle, ce qu’il fit.

Une fois celui-ci assit, elle se releva et étendit ses ailes calmement pour le prévenir du décollage, elle le sentit alors s’allonger et s’accrocher à elle par le cou.

Enalys : Je sais bien que j’y suis allé un peu fort pour une première fois, mais c’est pas ainsi qu’on monte un dragon, on reprend.

Elle releva le cou, le forçant à s’asseoir, puis, recommença, cependant, rien de mieux.

Enalys : Mais ? Vas-tu rester assis triple buse ? On ne se couche que lors d’un piqué, je sais bien que tu n’as pas d’équipement, mais ne soit pas ridicule !

Elle recommença plusieurs fois…

Enalys : C’est pas vrai ! J’ai du le traumatiser, bon, je vais décoller doucement le cou levé, il comprendra qu’il n’y a rien à craindre.

Elle battit alors des ailes et pris lentement son envol sans s’aider de ses pattes arrières. Certes, elle ne prenait jamais son envol ainsi, mais c’était le mieux pour que Seregis comprenne, apparemment.

Elle débuta alors un vol lent pour habituer son dragonnier débutant, ne battant que doucement des ailes et se laissant porter par le vent.

*
*     *

Rassasié de viande et de fruits, Seregis, invité par Enalys, déposa la peau qu’il avait récupéré de sa prise sur le dos de celle-ci et s’assit dessus; les écailles d’Enalys étaient douces, mais pas question de porter cette peau tant qu’il ne l’aurait pas lavé.

Il vit alors le grand lézard déployer ses ailes, pas question pour lui de se laisser prendre par surprise une fois de plus, il adopta la seule position qui lui permettait de tenir sur son dos lors d’un vol.

Cependant, pas de décollage, à la place, Enalys se contenta de relever le cou, le forçant à se rasseoir, et cela recommença plusieurs fois.

Seregis ne comprenait pas vraiment ce qu’Enalys voulait, sans doute lui faire passer un message, mais lequel ?

Après de quelques essais, elle resta le cou levé et commença à battre de ses paires d’ailes, Seregis, pas vraiment rassuré, n’eut d’autre choix que de rester assit.

Mais cette fois-ci, elle quitta le sol tout en douceur, sans se presser, lui permettant de garder cette position sans problème majeur.

C’est alors qu’il pu admirer le paysage; même si l’air était frais pour lui, le soleil de l’après-midi finissant permettait de voir une bonne partie de la forêt avec ses clairières, ses arbres de tailles et de tons différents. A fil du doux voyage, il voyait défiler les cimes d’arbres de divers type, quelques animaux se promenant au sol, seul ou en meute, et au loin, la rivière où ils se lavait.

Tout lui paraissait petit de sa position, mais malgré un léger vertige, le spectacle était merveilleux.

Seregis : Et si c’était l’art et l’envie de voler avec elle qu’Enalys avait voulu m’inculquer ?

Lui qui avait toujours vécu sous les arbres pourrait désormais les voir d’en haut.

Chapitre septième - Plus qu’amis ?

Et les semaines puis les mois passèrent, ne pouvant communiquer directement, Seregis et Enalys avaient développé un langage constitués de signes et des quelques mots de vocabulaires atsamien ou arkodien qu’ils connaissaient.

Seregis avait de temps à autre des souvenirs mélancoliques de sa vie passée et se demandait parfois ce que devenaient sa famille ou ses anciens amis depuis son départ, même si en lui-même brûlait le frêle espoir de les revoir un jour il avait fait son deuil de cette autres vie.
La crainte qu’il éprouvait à l’encontre des pouvoirs d’Enalys s’était estompée, jamais la créature ne les ayant utilisés pour lui faire le moindre mal, et elle ne manquait d’ailleurs jamais une occasion de lui montrer son affection, lui même n’hésitait pas, après tout, elle était la seule personne qu’il connaissait en ce monde étrange. Avec le temps, il s’était fait à l’idée que malgré son aspect Enalys puisse être plus arkodien que certaine personnes qu’il ait rencontré par le passé. Elle s’occupait si bien de lui, qu’il la surnommait “sa seconde mère”.
Il avait profité de leurs chasses ensemble pour lui faire une démonstration de ses talents au couteau ou en pistage, a ce qu’il avait vu, le grand lézard ailé avait été impressionné de son expérience et de sa précision qu’il ne soupçonnait pas.

Enalys, quand à elle voyait les choses aller mieux, l’attention qu’elle portait à son “petit homme” semblait avoir porté ses fruits, il lui semblait parfois que celui-ci la considérait comme sa mère, ce qui la flattait d’une certaine manière.
Elle avait continué à s’exercer au vol avec lui, si les débuts furent assez difficiles, celui-ci ayant été malmené lors de son baptême de l’air, elle avait reprit son initiation en étant plus douce. Depuis celui-ci s’était habitué à ce mode de déplacement et semblait même y prendre un certain plaisir, seules les manœuvres brusques semblaient encore l’effrayer quelque peu, mais une fois qu’ils seront équipés, les choses devraient aller mieux.
Elle avait été impressionné par les capacités de Seregis lors des chasses, celui qui n’était qu’un étrange humain complètement perdu par le passé s’était avéré être un chasseur attentif et inventif, à eux deux, ils étaient devenu la terreur des loups de la régions.
Elle en était sûr à présent, une fois qu’ils pourraient communiquer plus facilement, ils scelleraient cette amitié lentement forgée et elle aurait enfin un humain qui l’apprécierait et avec qui partager sa vie, qu’importe que celui-ci ait de longues oreilles et qu’il soit sorti d’on ne sait où.
Mais pour l’heure elle n’en était pas encore là.

En dehors de leur activités à deux, ils avaient tout deux continué leurs recherches de leur coté.
Seregis avait avec plus ou moins de bonheur apprit à connaître les plantes de son nouvel habitat, s’il pouvait avoir accès à quelques outils, il aurait bien essayé quelques recettes, mais il devait pour l’instant se contenter de ce qu'il avait. Il avait par la même occasion infructueusement cherché Xul et tenté de comprendre les écrits du “parchemin des étoiles”.

Enalys avait été plus chanceuse, aux fil de ses longues observations, de bons maux de têtes et de quelques essais prudents, sa vision encéphale s’était affinée. Elle pouvait à présent clairement distinguer les différentes zones cérébrales des créatures qu’elle avait observé, et, bien qu’elle ne pouvait y mettre de nom, elle savait quel étaient leurs utilités, de même, elle commençait plus ou moins à distinguer le réseau de nerfs qui parcourait le corps ainsi que son activité.
Comme elle le pensait, des points commun existaient entre les différents animaux, elle avait remarqué qu’il n’était pas très difficile de passer de l’un à l’autre, il suffisait “juste” de retrouver les zones cérébrales, le fonctionnement restait grosso-modo le même.
Elle avait de même observé Seregis dans ses recherches et l’avais surprit regardant dans les arbres et buissons criant quelque chose comme “Xulle”, comme s’il appelait quelqu’un, cela devait être le nom de cet animal roux qu’elle avait vu de ses yeux il y a quelques temps et qui traînait encore non loin d’eux, après tout, lui et Seregis étaient apparu en même temps, il devait exister une relation entre eux.

*
*     *
Enalys : Je ne pensais pas être capable de mener mes recherches si rapidement finalement, seulement 4 mois, d’un autre coté, Seregis à entre temps apprit à voler avec moi. Je pense qu’il me faudra encore quelques mois pour arriver à mes fins, mais je tiens le bon bout. Si je continu ainsi, peut-être arriverais-je même à influencer les idées d’une personne… hum… ce serait dangereux… par contre, pour forcer “boule de poils” à venir vers moi et Seregis, ce serait diablement pratique.

(Une semaine plus tard)

Enalys : Je distingue de mieux en mieux les liaisons nerveuses du corps, il en est de même pour les signaux qui les parcours, je commence à voir d’où ils viennent et ou ils arrivent.

(Deux semaines plus tard)

Enalys : C’est impressionnant, j’arrive à présent à distinguer clairement les signaux commandant les membres, si je continu ainsi je pourrais sans doute les déchiffrer et pourquoi pas y insérer les miens.

(Un mois et demi après)

Enalys : Ce fut plus difficile que je ne le pensait, mais je déchiffre de mieux en mieux les messages destinés au commandement des membres… par contre, je vais attendre quelques jours avant de reprendre, à force d’observer le cerveau des autres, je vais y laisser le mien si ça continu. Du repos ne me fera pas de mal.

(Après deux jours et demi de pause)

Enalys : Après la reprise de mes études, je me rend compte que les messages à destinations des fonctions motrice du corps se ressemblent d’un espèces à l’autre, je tenterais dans les prochains jours d’influencer le déplacement.

(cinq jours passent)

Enalys : Zut ! Chou blanc ! Ma première tentative de commandement par injection d’influx nerveux n’a pas fonctionné, ce maudit lièvre à bien commencé à se diriger vers moi, mais immédiatement après, son cerveau à émit un contre-ordre le faisant partir dans une autre direction, comme si l’influx que j’avais forgé de toutes pièces était vu comme illégitime. Je dois donc revoir ma copie pour que mes ordres passent correctement.

(Encore trois jours plus tards)

Enalys : En reprenant mes essais et en créant mon influx grâce aux neurones du lièvre les choses se déroulent mieux, il semble se laisse faire, comme si l’ordre venait bien de lui. Par contre j’en ai perdu le contrôle en essayant de le faire approcher de moi. Ses neurones se sont mit à émettre des ordres le faisant fuir, je vais devoir creuser de ce coté.

(Le lendemain)

Enalys : En sur-changeant les neurones du lièvre d’informations de bien être celui-ci est venu jusqu’à moi, cependant, ça m’a donné un sacré mal de crâne, il ne faut pas du tout relâcher son attention.
Pour la peine, je l’ai dévoré, mais impossible d’utiliser cela pour la chasse, c’est trop douloureux.

(Deux jours plus tard)

Enalys : Durant ces deux jours de repos, l’idée m’est venu d’utiliser une projection mémoire, afin de voir s’il est possible d’influencer l’esprit par le biais de l’aura, je suis une idiote au fond, j’aurais du commencer par là.

(Une semaine après)

Enalys : Fausse route, je n’ai pas réussi à influencer quoi que ce soit par ce moyen, par contre, j’ai pu très facilement lire les idées et souvenirs de la vipère dans laquelle j’avais projeté mon esprit via l’aura. Certes la créature dispose d’un cerveau et d’un esprit basique et ne maîtrise pas la magie pour se protéger de mon intrusion, mais je me demande si mes études sur le cerveau y sont pour quelque chose. Peut-être existe une relation entre les deux ?
Mais j’ai fais une découverte intéressante, il existe une zone de connaissances, disons, fondamentales et très solidement ancrés, j’y ais trouvé des informations basiques sur comment la vipère mange, se déplace… J’y ai également découvert comment elle se nomme et le nom exact de son espèce. Je vais essayer demain sur la bête rousse pour voir ce que j’en tire.

(Le lendemain)

Enalys : Première intrusion dans la tête de “boule de poils”, d’après ce que j’ai trouvé il s’agit d’un panda roux nommé à la fois JFK et Xul, je ne comprend pas pourquoi il porte ces deux noms, peut-être a-t-il eut d’autre maîtres avant Seregis ?

J’ai essayé de le faire venir vers Seregis, mais je n’ai pas réussi, il a lui aussi eut peur de moi, je dois vraiment avoir une tête effrayante.

Contrairement au lièvre je n’ai pas tenté de modifier ses sentiments, trop douloureux pour moi, et sans doute pour lui, je préfère être prudente avec cet animal puisqu’il semble lié à mon petit homme.

(Trois semaines plus tard)

Enalys : J’ai repris mes essais sur le contrôle des émotions et me suis rendu compte que je faisais fausse route. Ce n’est pas la même zone qui contrôle les mouvements et les émotions. Je commence à comprendre les différentes influx émotionnels, mais je vais me contenter de manipuler le minimum d’émotions. Quand je fais ça sur un animal quelconque je n’ai pas de problème, mais le faire sur Xul me pose un petit problème moral, et si je le faisait sur Seregis, j’aurais l’impression de commettre un viol…
Je n’avais pas encore pensé à la portée morale de ce que je faisais, mais à présent…

(Après huit jours)

Enalys : Finalement, ce n’était pas si difficile, diriger les émotions reste proche de diriger des mouvements dans le concept, il faut juste frapper au bon endroit. Par contre, il est assez effrayant de constater que nos émotions se résument à des échanges chimiques.

(Le lendemain)

Enalys : J’ai mis en pratique mon expérience sur le contrôle des émotions sur Xul, il est venu calmement jusqu’à moi sans broncher et sans me provoquer de maux de tête insupportable, à la plus grande joie de Seregis qui s’est jeté sur lui pour le prendre dans ses bras, comme quand on retrouve un ami que l’on a pas vu depuis trop longtemps. Je suis heureuse d’avoir pu lui amener un peu de bonheur, il me soutient souvent quand il voit que je me sens mal.
Je vais tout de même garder un contrôle émotionnel léger sur Xul jusqu’à ce qu’il n’ait plus peur de moi. Et mon travail n’est pas terminé, je dois me charger de Seregis à présent…
*
*     *

Seregis ne comptait plus les jours qui s’étaient écoulés depuis son arrivée en ce lieu étrange, sans doute plus de six à sept mois. Alors qu’il revenait d’une baignade en solitaire, il vit Xul aux cotés d’Enalys. Il ne comprit pas pourquoi celui-ci était revenu du jour au lendemain ni pourquoi il était si calme, la présence d’Enalys aurait dû l’effrayer, à moins que celui-ci ait remarqué qu’il n’y avait rien à craindre ou qu’Enalys ait encore fait usage d’un étrange pouvoir.
Il prit le panda roux et le fit tourner du bout de ses bras avant de le serrer contre lui, celui-ci lui répondit en lui léchant le cou et en se frotta contre lui. Il avait certes un peu maigri par rapport à la dernière fois et sa venu était un mystère, mais qu’importe, il était trop heureux de retrouver son vieil ami qui lui avait tant manqué.

*
*     *
Enalys : En analysant rapidement le cerveau de Seregis je me suis rendu compte que celui-ci est autrement plus complexe que celui des autres créatures que j’ai observé jusque là, sur le coup, j’ai commencé à désespérer jusqu’à ce qu’il viennent me réconforter, cela m’a remonté le moral et m’a étrangement donné envie de continuer.

(Une semaine après)

Enalys : Après cette semaine de repos à habiter Xul à ma présence et à voler avec lui et Seregis je vais reprendre mon travail. Je ne pensais pas que la petite créature s’habituerait si vite à moi, sans doute la présence de mon petit homme a aidé. Je vais pouvoir commencer à observer comment fonctionne les méninges de Seregis, si ça me permet de rapidement lui inculquer le langage Atsamien, j’aurais fait un grand pas.

(Deux mois plus tard)

Enalys : Ouille, ouille ! La structure neurale des espèce “intelligentes” comme les humain, et sans doute les dragons, est un vrai sac de nœuds ! Comme sur les autres espèces, c’est la même zone cérébrale, qui sert à la mémoire mais aussi au traitement de l’information et donc à la réflexion, mais à un degré de complexité bien supérieur, je vais devoir observer ça plus longtemps.

(Une semaine après)

Enalys : Ma vision encéphale s’est encore améliorée suite à mes dernières observations, mais j’ai trop mal au crâne pour continuer à présent… J’aurais dû penser à inventer l’aspirine…

(Trois jours passent)

Enalys : Bien, ces quelques jours à me changer les idées m’ont bien aidé, je vais pouvoir reprendre.

(Deux semaine après)

Enalys : Rhaaaaa ! Je vois a présent mieux comment cela fonctionne d’une façon générale mais je ne comprend pas comment les neurones liés à la réflexion s’interconnectent pour mémoriser de nouvelles informations. Je laisser tomber pour l’instant, je vais plutôt jeter un œil du coté de ses problèmes télépathiques.

(Le lendemain)

Enalys : Zut ! Je n’arrive pas à trouver la zone cérébrale qui est sensé gérer la télépathie chez Seregis, il semble pourtant bien y être sensible… j’ai bien un moyen de le savoir mais ça risque d’être douloureux, surtout pour lui…

(Plus tard, le même jour)

Enalys : Bon, après avoir analysé la réaction de son cerveau à un message télépathique j’ai trouvé. Une zone que j’avais laissé de coté s’est mise à émettre un signal de douleur dès mon message prononcée. Pauvre petit, je suis vraiment désolé de lui avoir fait subir cela…
Quand je pense que je dois trouver comment faire pour qu’il les reçoivent sans douleur… il n’a pas fini d’avoir des maux de tête.

(Quatre jour plus tard)

Enalys : La télépathie utilisant l’aura, il est possible de moduler l’utilisation de celle-ci pour qu’un signal télépathique soit entendu par plusieurs personnes ou porte plus loin. Après plusieurs essais entrecoupés de quelques pauses pour laisser Seregis récupérer je pense être sur la bonne voie, les signes de douleurs se sont bien amoindri. J’espère qu’il ne m’en voudra pas trop quand je lui avouerait que je suis la cause de ses maux de tête…
Je vais arrêter quelques jours, le temps pour lui de se remettre.

(Une semaine après)

Enalys : Bien, après mes derniers essais Seregis ne semble plus ressentir aucune douleur quand je m’adresse à lui, je pense avoir trouvé la bonne méthode pour lui parler télépathiquement.
Lui reste encore à comprendre ce que je raconte, ce n’est pas avec les quelques mots de vocabulaire Atsamien qu’il connaît qu’il se débrouillera. Mais je m’en veut tellement de l’avoir fait souffrir de cette façon…
*
*     *

Depuis quelques jours Seregis était pris de violents maux de tête, il n’en avait plus ressentit depuis son premier jour dans cette forêt et sa rencontre avec Enalys.

Ceux-ci durèrent plusieurs jours, le faisant parfois souffrir même la nuit, il ne comprenait pas d’où ceux-ci pouvaient provenir, peut-être une maladie quelconque ? Un esprit farceur ? Un pouvoir d’Enalys ?

Au fur et à mesure des jours ses maux de tête diminuèrent jusqu’à disparaître. Puis il entendit une voix familière résonner dans sa tête.

??? : Iwüme Seregis.
Enalys : Bonjour En… commença-t-il a répondre.

Comment pouvait-il entendre la voix d’Enalys dans sa tête ?
Il la regarda, étonné, comment pouvait-elle lui parler sans même ouvrir la bouche ? C’était donc elle la cause de ses maux de crâne des derniers jours ?
Mais bientôt l’étonnement se changea en colère, il lui adressa un regard noir remplit de larmes et partit sans demander son reste.
Se retrouvant seul au bord de la rivière les questions se bousculaient dans sa tête.

Pourquoi Enalys l’avait-il fait souffrir ainsi ? Il l’avait cru son ami, la créature l’avait toujours bien traité, ils avaient chassé et volé ensemble, il lui semblait même que le retour de Xul était un peu de son fait, alors pourquoi l’avait-elle fait souffrir ainsi ? Pourquoi avait-elle utilisé ses pouvoirs d’une façon si cruelle ?

*
*     *
Enalys : Oh non ! Ce que je craignais est arrivé, Seregis a comprit et a prit la mouche !

Elle prit peur que Seregis ait très mal prit cela et décide de la partir pour de bon. Enalys se mit à broyer du noir, elle ne voulait pas perdre son ami, elle souhaitait le plus sincèrement du monde en faire son dragonnier, elle n’avait pas voulu le blesser, juste mieux communiquer avec lui. Elle s’en voulait d’avoir agit trop brutalement, il lui faudrait ménager Seregis et lui montrer qu’elle tenait à lui.
Elle laissa Seregis tranquille mais resta elle aussi assez inactive, elle s’en voulait tellement et chercha des moyens de se faire pardonner.

Elle remarqua bien vite que Seregis n’était pas parti bien loin, mais il lui faisait la tête et ne souhaitant pas la voir pour l’instant, elle dut donc dormir seule, sans son “petit homme” à ses cotés.
Cette nuit fut difficile pour elle, Enalys cauchemarda, s’imaginant devoir repartir seule, à nouveau, laissant un Seregis fâché avec un Xul sans défense aux mains des divers dangers d’Atsami. Après tant d’années en solitaire sans épaule sur laquelle se reposer et les quelques mois d’une vie simple et heureuse partagée avec Seregis, se retrouver sans lui l’effrayait. Elle ne voulais pas l’abandonner, ni le perdre, de plus, même s’il lui avait montré son habilité à la chasse il n’avait aucune idée des milles dangers qui peuplaient Atsami et ses souterrains.

Elle se réveilla tard le lendemain, les yeux encore bouffi de sommeil suite à sa mauvaise nuit. Elle s’étira et alla voir du coté de la rivière, elle y trouva Seregis et Xul près d’un feu de camps encore fumant dégageant des odeurs de poissons, ils ne semblaient pas avoir besoin d’elle.

Alors qu’elle se trouvait à une dizaine de mètres d’eux, Seregis lui adressa la parole dans sa langue, elle ne comprit pas tout, mais le geste qu’il fit lui disait apparemment de partir.

Elle baissa la tête, soupira, et partit la queue entre les jambes, résignée, son son “petit homme” n’était pas encore prêt à la pardonner.

*
*     *
Seregis : Tu as été méchante Enalys ! Vas-t-en !

Il vit alors le grand lézard ailé partir sans demander son reste, le regardant une dernière fois avant de s’envoler.

Seregis s’étonna lui même de sa réaction, lui qui était il y a encore quelques temps effrayé par la créature avait prit un ton assez dur envers elle, comme si ces mois de vie ensemble lui avaient permit de prendre plus d’aise.
Non seulement il avait souffert physiquement mais il se disait si elle pouvait, disons, “toucher à sa tête” qui sait ce qu’elle avait fait d’autre ? Avait-elle lu certains de ses souvenirs ? L’avait-elle manipulé à un moment où à un autre ? Il s’était attaché à elle, et penser qu’il n’était finalement que sa marionnette le fit frémir, cependant, il se dit que si Enalys avait voulu le manipuler elle se serait débrouillée pour ne pas qu’il se mette en colère et ne serait pas parti ainsi sans rien dire.
Il ne comprenait pas encore ce qu’elle avait voulu faire, si elle voulait lui parler, elle pouvait utiliser la parole, il n’était point besoin de parler dans sa tête.

Seregis : Je ne veux pas que tu partes pour de bon Enalys, juste que tu comprennes que ce que tu as fais étais mal.
*
*     *

Elle vola plusieurs minutes à la recherche de proie et aussi pour se changer les idées mais ne put. La présence de son petit homme lui manquait, aussi bien par la joie qu’il avait développée à voler avec elle et qu’il lui communiquait et par la chaleur de son corps sur son dos. Même s’ils ne se connaissaient que depuis quelques mois, qu’ils ne se communiquaient que par quelques mots de vocabulaire qu’ils avaient apprit l’un de l’autre ou par des gestes Enalys avait développée une forte amitié envers l’humain aux longues oreilles, le quitter lui était inconcevable.
Elle sentait bien que lui aussi l’appréciait et que malgré sa remarque il ne voulait pas vraiment qu’elle l’abandonne, du moins, c’est ce qu’elle pensait.

Un être vous manque et tout est dépeuplé.

Elle attrapa bien un loup imprudent, mais le cœur n’y était pas, elle relâcha sa proie et resta pensive quelques minutes…

Enalys : Il ne connaît que quelque mots d’Atsamien, il ne peut pas se débrouiller en ce monde, que va-t-il devenir ?
Et je ne peux même pas parler avec lui pour lui dire tout ce que j’ai actuellement sur le cœur… je ne connais pas sa langue…

Elle commença à pleurer sur son sort, puis…

Enalys : Enalys ma fille, tu es la plus grosse andouille qu’Atsami ait portée… Il te suffit de connaître sa langue pour parler avec lui, pas besoin dans l’immédiat de lui apprendre le langage Atsamien et la télépathie.
J’étais tellement concentrée sur mes objectifs que ma main droite ne savait pas ce que ma gauche faisait.

Le problème est que pour acquérir la connaissance de la langue de Seregis il lui faudrait fouiller dans sa tête, il risquerait de ne pas aimer ça…

Enalys : Si je fais ça, je risque de le perdre à jamais… sauf si… sauf si j’acquière cette connaissance pendant son sommeil, il ne se rendra compte de rien !
Mais si ! Il se rendra vite compte que je connais des mots qu’il ne m’a jamais apprit… Oooooh, c’est sans espoir…

Elle resta à plusieurs dizaines de minutes à se creuser la tête dans tout les sens pour trouver une solution, puis…

Enalys : Et si une fois sa langue apprise j’intervenais dans ses rêves ? Je crois que c’est possible si pendant son sommeil je projette mon esprit via l’aura dans les zones de son cerveau chargés de l’imaginaire… Les rêves permettent d’évacuer le stress de la journée en reposant l’esprit, cependant, le cerveau est à ce que j’ai vu très actif pendant ceux-ci, même s’il y émet des idées parfois incohérentes… Je pense que je pourrais m’insérer dans ses rêves et lui parler dedans, si je suis prudente, tout ira bien.
Il sera sûr que ce rêve est entièrement son fait, et je pourrais sans doute lui faire passer un message…

Cette dernière pensée la rassura quelque peu, ce plan pouvait réussir, avec un peu d’astuce elle pourrait rassurer Seregis sur ses intentions et lui faire comprendre à quel point elle tenait à lui.

Elle s’envola en direction de la rivière où il se trouvait encore.
En atterrissant près du buisson où elle l’avait trouvé et auprès duquel ils étaient resté, elle remarqua un objet.

Enalys : Le livre de Seregis… Il est étrange que celui-ci l’ait laissé derrière lui, il semblait pourtant y tenir. Si j’allais lui rendre…

Elle prit le livre du bout des lèvres et se dirigea vers la rivière.

*
*     *

Alors que Seregis jouait avec Xul il entendit un bruit derrière lui, il se retourna et remarque Enalys qui le regardait la tête basse à quelques mètres de là. Elle se coucha tout en continuant à les regarder, c’est alors qu’il remarqua qu’elle tenait un objet qui semblait être le “parchemin des étoiles” dans sa bouche.
Il s’approcha, elle ne bougea pas, il regarda ce qu’elle tenait, c’était bien l’ouvrage qu’il avait emprunté au temple, il était tellement troublé par ce qu’Enalys lui avait fait qu’il l’avait oublié.
En relevant la tête il remarqua son regard remplit de tristesse, aux rougeurs dans ses yeux il détermina qu’elle devait avoir pleuré quelques temps. Apparemment, elle regrettait ce qu’elle lui avait fait et avait comprit la leçon.
Seregis se mit à genoux, lui retira l’ouvrage de la bouche et le posa au sol, puis il prit le museau d’Enalys dans ses bras et la caressa.

Seregis : Là, c’est fini, mais je ne veux plus que tu recommences à me faire mal comme ça mon amie.
*
*     *

Bien que les paroles de Seregis lui étaient toujours plus ou moins inconnues, le ton et les gestes les accompagnant lui permirent de comprendre. Enalys se laissa faire, heureuse de retrouver son ami et sa confiance.
Apparemment il lui pardonnait, pour cette fois-ci du moins.

Elle attendit quelques jours afin de mettre son idée à exécution, puis, une nuit, une fois Seregis endormi, elle projeta son esprit dans le sien pendant son sommeil.
Elle se voyait comme une forme évanescente pénétrant dans une sorte de structure dont les murs était composés d’arbres entremêlés plus ou moins couverts de feuilles dont les types lui étaient inconnus.

Enalys : Je pense que la vision que j’ai de son esprit est influencée par ses souvenirs et son vécu. J’ai de la chance que l’aura soit capable de réinterpréter les choses et de les présenter plus facilement, du moins dans la lecture de l’esprit, car impossible de l’utiliser pour le modifier.

S’y engouffrant, elle explora la mémoire de Seregis en prenant soin de ne pas pénétrer dans les zones renfermant ses souvenirs, elle se dirigea vers celles qui renfermaient les connaissances. Une fois la zone trouvée elle y pénétra et commença ses recherches.
Les différentes connaissances de Seregis s’affichaient à elle comme des sphères de différentes couleurs plus ou moins brillantes flottantes en groupes plus ou moins serrés.

Enalys : Enalys ma fille, ce n’est pas le moment de faire une bêtise… heu, voyons cette connaissance.

Elle s’approcha d’une des sphère de couleur jaune et la prit délicatement dans ses mains.
La sphère s’identifia : “Soupe de Piniera aux piments jaunes.”
Elle leva les yeux de la sphère qu’elle tenait et vit alors qu’un fil de lumière s’était crée entre différentes sphères plus ou moins éloignés et brillantes.

Enalys : Je crois comprendre, le fil de lumière doit représenter les connaissances auxquelles celle-ci dépend.

Elle relâcha la sphère, le fil le lumière disparu et elle reprit son vol lent.

Enalys : Bon, essayons-en une autre…

Elle recommença avec une autre sphère de couleur identique mais moins lumineuse qui volait non loin.
“Cœur bouilli de Guyoni… Guyomo… heu… zut…” s’identifia-t-elle.

Enalys : Je vois, la couleur se réfère à un thème, le jaune semble être lié à la cuisine, ou du moins au culinaire, et la luminosité est relative à l’état de ladite connaissance, apparemment, celle-ci ne doit être que parcellaire.

Elle la relâcha.

Enalys : Bon, voyons, où peut-être la sphère relatif au langage de son peuple ? Normalement elle devrait être très brillante…

Elle leva la tête vers la source de lumière mouvante de ce lieu étrange et vit proche du plafond quelques sphères très lumineuses.

Enalys : Bingo…

Elle s’approcha des sphères les plus lumineuses et les les toucha, rapidement, elle trouva ce qu’elle cherchait.

“Vocabulaire de la langue Arkodienne.”

Enalys observa le fil lumineux qui s’était créée, d’autres sphères très lumineuses d’un ton identique y était lié, sans doute celles contenant la grammaire, la conjugaison ou la syntaxe de cette langue.
Elle continua à suivre le fil vers le bas de la salle et ne sut plus ou donner de la tête.

Enalys : Malheur ! Il y a des tonnes de dépendances !

Une langue n’est pas juste une suite de mots à connaître pour être comprise, les expressions et mots qu’elle contient sont liés à la culture d’un peuple, à ses habitudes de vie ou à sa religion, et si Enalys voulait comprendre le langage de Seregis elle devrait aussi acquérir ces connaissances.

Enalys : Certes, mais comment apprendre cette connaissance sous cette forme d’esprit ? Peut-être que si je l’approche de ma tête…

Avant qu’elle n’eut le temps de dire ouf un rayon remonta des fils de lumineux des sphères dépendances vers celle qu’elle tenait à ses mains, puis, excitée par les vibrations mentale de la tête de sa forme évanescente au fur et à mesure qu’elle l’en approchait, la sphère y déchargea ce rayon.

Enalys : Oooooh… je me sens bizarre d’un coup… je… je…

Elle se sentit fatiguée, puis le rayon de la sphère cessa, elle la lâcha et commença à tomber avant de disparaître.
Elle sentit son esprit revenir dans son corps et…

Enalys : Mais qu’est ce qui s’est pass… Ouille… ma tête !

Un mal de tête d’une violence qu’elle n’aurait pu imaginer la prit. Elle hurla intérieurement.

Enalys : Ouille… Aïe Aïe AÏE… OoooOoooOOoUUuuUUuILLe MA pAAAaaUUUuuuvre TÊÊÊÊêêête ! J’ai MAAaaAAaaAAAALLLLLL !!

Elle pleura sous l’insupportable douleur et termina à terre complètement sonnée quelques secondes plus tard.
Dans son crâne des millions de neurones se connectaient de façon adéquate afin d’emmagasiner et d’être capables de traiter convenablement ce flot soudain de nouvelles connaissances.
Et, évidemment, ça fait mal.

Très mal…

Apprendre une grande quantité de choses au quotidien pendant plusieurs années n’est pas difficile, le faire en à peine cinq secondes est une autre paires de manches.

Enalys se réveilla après un sommeil lourd mais désagréable, à son réveil, elle remarqua que son mal de crâne avait pratiquement disparu. Elle s’étira en grognant et regarda la position du soleil.

Enalys : Quoi ? Déjà le début de l’après midi ? Hum… je serais moins gourmande si je dois retenter l’expérience, cette intrusion dans la tête de mon petit homme m’a complètement mise K-O.

Elle hésita quelque peu avant de retrouver Seregis, craignant que celui-ci se soit rendu compte de quelque chose, il n’en fut cependant rien, elle le trouva non loin, adossé à un arbre lisant son étrange livre, elle s’approcha et le salua, il posa l’ouvrage et lui souhaita le bonjour en posant un baisé sur son museau, comme à l’accoutumé.

Enalys : Ouf, il ne s’est aperçu de rien, c’est déjà ça. Je ne pourrais pas tester avant de m’introduire dans ses rêves, j’espère juste ne pas avoir subit ce mal de tête pour des prunes.
A ce que j’ai observé et compris les rêves font appel font appel à l’hémisphère droit du cerveau, qui régit l’imaginaire, je devrais pouvoir « entrer » du moins influer sur ses rêves en stimulant les zones cérébrales qui y sont liées et en utilisant mon aura pour voir le résultat… La structure neurale gérant l’intelligence est très complexe, mais je pense que ce doit être possible, les rêves sont moins cohérents, plus « malléable » et font appels à moins de zones cérébrales à ce que j’ai compris. Ça risque d’être un peu périlleux, mais je pense pouvoir réussir.

Les journées suivantes se déroulèrent de façon ordinaire, entre chasses, bains, rires, et observations pour Enalys, elle ne voulait en effet pas prendre de risque en influent sur les rêves de Seregis.

Puis, deux semaines après, une fois la nuit venue…

Enalys : Voilà, il dort profondément, je vais pouvoir m’introduire dans ses rêves, je m’en veux un peu de lui faire ça, mais j’ai tellement envie de faire de lui plus qu’un ami.

Enalys se concentra et projeta son esprit dans celui de Seregis et débuta son travail de stimulation cérébrale, devoir jongler entre une vue encéphale pour influer sur les rêves de Seregis et une spirituelle pour en voir les résultats ne serait pas agréable ni très aisé.

Sa vision spirituelle changea une fois qu’elle eut pénétré le rêve de l’humain aux longues oreilles.
Elle se voyait dans un paysage inconnu, constitué de grands arbres aux troncs épais, ce décors ne lui disait rien, sans doute des souvenirs de Seregis, mais, plus étrange, il lui semblait qu’elle était au ras du sol, comme si elle était toute petite. Elle tourna la tête et tout son corps suivit comme si elle n’était constitué que d’un seul bloc, et vit Seregis.

Enalys : Ah, le voici, mais je ne comprend pas pourquoi je le vois comme un géant, bon, essayons d’attirer son attention.
Enalys (rêve) : Tiens bonjour…

Alors ? Ça va la forme ?

Parce que moi, je suis une patate !
Enalys : Je suis une QUOI ? Ah, je vois, je me laisse trop influencer par les pensées incohérentes issues de ses rêves, essayons de remédier à ça.

Utilisant sa vision encéphale et ce qu’elle avait apprit de ses mois d’observations et d’essais, elle modifia son apparence dans les rêves de Seregis. La forme qu’elle avait changea, une fois sa transformation terminée, elle observa le résultat.

Enalys : Pas mal, apparemment, je suis devenue une de ses semblables, si ce n’est que j’ai encore ma queue de dragon. Même si je ne peux pas totalement contrer l’imaginaire issu de ses rêves c’est mieux qu’une patate.
*
*     *

Quelques dizaines de minutes après s’être allongé auprès d’Enalys, Seregis s’endormit.
Se souvenant encore de son ancienne vie ses rêves étaient souvent peuplés de ses souvenirs, car, même s’il était en ce monde étrange depuis plusieurs mois, il n’avait rencontré que des créatures hostiles ici, si ce n’est Enalys.
Mais, les choses furent légèrement différentes cette fois.
Alors qu’il s’imaginait retournant parmi les siens, il entendit une petite voix l’interpeller familièrement. Il tourna la tête pour voir d’où elle provenait, mais ne remarqua rien, dans un premier temps.
La voix se tut quelques instants, puis se refit entendre :

??? : Bonjour Seregis.

La voix venait de derrière lui, sur la droite, il se tourna et vit une étrange jeune fille à quelques mètres de lui.
Elle était assez grande, sans doute un peu plus que lui, et fine, cependant, ce n’était pas là son trait le plus étrange, car bien qu’elle était en tout points semblable à ceux de son espèces, il n’avait jamais vu une personne au teint de peau si claire et ayant des cheveux noirs.
Étrangement, il ne l’avait jamais vu, peut-être une habitante de zones moins chaudes ? Il resta quelques secondes à l’observer.

??? : Bonjour Seregis. Recommença-t-elle agitant sa main.

Seregis : Oh… Heu… Bonjour… Qui êtes-vous ?
??? : Tu ne me reconnais pas ?

Seregis : Non… Désolé, je ne vous ai…

Alors qu’il prononçait cette phrase, il remarqua une chose étrange, la jeune fille semblait avoir une queue, comme celle d’un lézard.

Seregis : … Enalys ? Enalys, c’est toi ?

La jeune fille rougit légèrement et sourit.

??? : Oui, c’est bien moi.

Seregis : Mais… Que fais-tu là[11] ? Et… comment comprends-tu tout ce que je dis ?
Enalys : Heu… Je ne sais pas… mais c’est bien pratique en tout cas, j’ai tant à te dire. lui répondit-elle, toujours souriante.

Seregis : A me dire ?

Elle s’approcha de lui et lui prit les mains.

Enalys : Oui, tu sais… je voulais m’excuser pour t’avoir fait mal ces derniers jours… mon but n’était pas de te blesser, mais que tu puisses m’entendre dans ta tête…

Seregis : Mais pourquoi avoir fait ça ? Je ne comprend pas… tu parles pourtant…
Enalys : Tu sais, la télépathie, faire entendre sa voix directement dans la tête de l’autre, est quelque chose qui est très utilisé ici, cela te servira.
Seregis : C’est ainsi que les tiens communiquent, par télépo… pathie ?
Enalys : Oui, les dragons communiquent parfois ainsi.
Seregis : Les dragons ? C’est ainsi que l’on désigne les grands lézards ailés tels que toi ?
Enalys : Oui, les créatures telles que moi sont des dragons, tu n’en as jamais vu ?
Seregis : Non, jamais… il n’y en avait pas là où je vivais avant.
Enalys : … Je comprends pourquoi tu as eu si peur de moi quand tu m’as vu la première fois…
Seregis : Oui… et tout me semble si hostile ici… le froid, les loups, tes pouvoirs… tout ça me dépasse… il y avait des bêtes dangereuses là où je vivais, mais que très peu de magie.
Enalys : Je comprends, ce dois être très différent là d’où tu viens.

Seregis :

Seregis baissa la tête.

Seregis : … Je ne sais si je pourrais y retourner un jour…

Enalys : Si cela arrive, je serais heureuse de t’y accompagner.
Seregis : Oh ? Vraiment ?
Enalys : Oui, vraiment… tu sais, je tiens beaucoup à toi, je serais heureuse de voyager à tes cotés.
Seregis : Voyager à mes cotés ?
Enalys : Oui, il est commun que les dragons et les humains s’associent et vivent de nombreuses années ensemble, comme un couple.
Seregis : Des humains ? Qu’est ce que c’est ?
Enalys : Ce sont des créatures comme toi, si ce n’est qu’ils n’ont pas d’oreilles aussi longues que les tiennes.
Seregis : … Et ils s’associe avec les dragons ? Mais pourquoi ? Ce monde est-il si dangereux ?
Enalys : Hélas oui… mais la protection mutuelle n’est pas le seule but, on y trouve une épaule sur laquelle se reposer, une personne en qui on peu avoir confiance, à qui on peu se confier. Plus qu’un ami.
Seregis : Et… c’est pour être “plus que ton ami” que tu m’as appris la télépathie ?
Enalys : Oui, c’est pour cela, mais je me rend compte que j’ai été trop brutale.
Seregis : Je comprend mieux à présent… Mais… pourquoi souhaiterais-tu être avec une personne comme moi ? Je ne connais rien de ce monde.
Enalys : Et bien… parce que les humains d’ici ne s’intéresse pas à moi, il me disent trop faible et…

Seregis : Trop faible ! Moi je t’ai trouvé impressionnante avec tes grandes griffes et ton feu ! Et tu es si intelligente ! C’est moi qui me semble bien faible face à toi.

Enalys eut un grand sourire et prit Seregis dans ses bras.

Enalys : Merci à toi ! Tu es bien le premier depuis longtemps à me faire ce genre de compliment.

Seregis :

Enalys : Et pour ce qui est de ce monde, je te ferais connaître tout ce que j’en sais, ne t’inquiète pas.

Seregis répondit à son sourire.

Seregis : Merci Enalys, je suis heureux de me rendre compte que je me suis fais une telle amie avec toi.

Puis, l’image d’Enalys s’estompa et disparue, Seregis se retrouva seul.
Le lendemain, il se rappela de cet étrange songe, c’était bien la première fois qu’il y voyait Enalys, il lui arrivait de penser à elle avant de s’endormir ou quand il se réveillait, mais jamais elle n’était apparu dans son sommeil.

*
*     *

Ne pouvant plus maintenir sa présence dans les songes de son “petit homme” du fait de l’aura que demandait l’interprétation correcte et de la concentration nécessaire à sa présence dans ceux-ci Enalys du se retirer.

Enalys : J’ai mal au crâne, mon aura est à plat, mais je suis heu-reu-se.

Malgré un départ assez calamiteux, j’ai réussi à lui dire pratiquement tout ce que je voulais.

Je recommencerait d’ici deux nuits, en attendant, dormir me fera le plus grand bien.

Quand elle se réveilla le lendemain, elle trouve son “petit homme” déjà réveillé, appuyé contre elle comme à l’accoutumé, Xul, lui, dormait encore un peu plus loin.
Elle le trouve cependant pensif, sans doute son intervention dans ses rêves lui avait donné à réfléchir. Voyant qu’il n’avait pas remarqué son éveil, perdu dans ses pensées, elle poussa doucement sur son coude de son museau pour se signaler.
Cela eut pour effet de le faire sortir de ses pensées, il se tourna vers elle et lui souhaita le bonjour, cependant, Enalys remarqua qu’il ne se contenta pas d’un simple “Bonjour Enalys” comme il le faisait habituellement, il la serra plus longuement dans ses bras, la caressa légèrement et lui dit dans sa langue.

Seregis : Bonjour Enalys mon amie.

Feignant de ne pas comprendre sa langue, Enalys se contenta de lui répondre.

Enalys : Bonjour Seregis.

Répondant à ses caresse par des léchées, Enalys se trouva rassurée de la réaction de son ami après son intrusion dans ses rêves.

Enalys : Apparemment, il ne se doute pas que je soit en partie la cause de ses rêveries, tant mieux.

La journée continua normalement, puis deux nuits plus tard, une fois reposé et ses réserves d’aura refaites, Enalys recommença à s’immiscer dans les rêves de Seregis une fois celui-ci profondément endormi.

Enalys : Bon, concentrons nous et essayons de faire une meilleur entrée que la dernière fois.

Elle se retrouva une nouvelle fois dans le monde rêvé par son petit homme à longues oreilles, comme la fois précédente, il s’agissait de cette étrange forêt aux arbres hauts et épais, cependant, cette fois, elle se retrouva très facilement la forme “semi-humaine” qu’elle avait.

Enalys : C’est étrange, j’ai eut à bien moins me concentrer que la première fois, sans doute son imaginaire voit-il ma projection spirituelle sous cette forme l’ayant déjà contacté avec celle-ci par le passé, me mâchant ainsi le travail… Ma foie, cette forme n’est pas désagréable.

Enalys retrouva rapidement Seregis et parla a nouveau avec lui, elle remarqua qu’il avait oublié une partie des choses qu’elle lui avait dit il y a à peine deux jours, sans doute les songes et leurs cotés inconsistants et incohérents n’était pas le meilleur endroit pour influencer, peut-être ses capacités dans ce petit jeu s’amélioreraient avec le temps.

Elle continua de nombreuses semaines, sans doute deux ou trois, s’habituant peu à peu à interpréter les émanations oniriques issues des rêves de son petit homme, sans en devenir experte -beaucoup de détails lui échappaient encore- elle interprétait de mieux en mieux ses songes. Elle remarqua plusieurs choses, tout d’abord, il lui était moins souvent nécessaire de stimuler les zones cérébrales de son imaginaire, si ce n’est pour s’exprimer, puis, elle entendit plusieurs fois dans les jours suivants Seregis prononcer son nom lors de son sommeil, bien souvent, juste avant de se blottir contre elle; Enalys avait trouvé ça touchant. Par la suite elle se rendit compte que sa forme de semi-humaine changeait légèrement selon les jours, mais n’y prêta pas attention, trop occupée à interpréter ses rêves et à lui parler, jusqu’à se rendre compte que celui-ci la confonde avec une personne qu’il nommait « Nouma ».

Enalys : Quoi ? Comment m’a-t-il appelé ?

Elle continua à l’écouter se confier.

Enalys : Oh, je vois, il me prend pour une personne qu’il connaît, sans doute son cerveau endormit fait la confusion entre nous, reste à comprendre pourquoi.

Dans les jours qui suivirent, Enalys entendit encore parler de cette « Nouma » dans les rêves de Seregis, étrangement, il passait de l’une à l’autre sans vraiment de cohérence. Elle comprit petit à petit que cette inconnue était une jeune femme que Seregis avait connu et qu’il aimait, visiblement.

Enalys : Je vois, nous sommes toutes les deux des personnes qu’il apprécie, voilà pourquoi il fait la relation entre nous. C’est n’est pas péjoratif après tout, cela prouve bien qu’il me voit comme une amie. Peut-être pourrait-je utiliser cela pour arriver à mes fins.

La dragonne commença alors à exploiter cette confusion, elle en eut un peu honte au début, mais après tout, la confusions que Seregis faisait durant ses rêves entre elle et cette “Nouma” prouvait bien qu’il l’appréciait autant qu’elle. Et, une nuit, elle s’y replongea.

*
*     *

Seregis pénétra une fois de plus dans le monde étrange des songes, il se retrouva les yeux fermés, la tête appuyé contre quelque chose. Il les ouvrit et se vit dans une habitation taillé dans un arbre qui lui rappelait celles de son ancien foyer, bien que la vision onirique qu’il en avait était déformée par des souvenirs plus récents et ce qu’il avait vécu au cour de la journée.
Il releva la tête sur ce quoi elle était appuyée, il remarqua que ce n’était autre chose que l’épaule d’Enalys-Nouma.

Enalys : Bonjour mon Seregis, bien dormi ?

Seregis : Oh, je… désolé Enalys… je n’avais pas fait attention.
Enalys : Allons, allons, rien de grave ça avait même un petit coté romantique. répondit-elle en rigolant légèrement.
Seregis :
Enalys : Hé ! Ne fait pas cette tête, te sais, j’aime bien quand tu te blotis contre moi pour dormir, je trouve ça très touchant.

Seregis : … Tu sais Enalys… Heu… je crois que tu avais raison, quand tu disais que nous étions pareil. Je suis seul parce que je suis loin de mon foyer, tu es seule car les autres dragons et ceux que tu nommes “humains” t’ont rejetés… nous sommes tout les deux perdu, chacun à notre manière.

Enalys ne reteint plus sa joie et le prit dans ses bras.

Enalys : Oh, mon Seregis, j’étais sûr que tu comprendrais !

Seregis : Hé !
Enalys : Mais tu sais, nous ne sommes plus perdu, tu es là pour moi… et je suis là pour toi…
Seregis : C’est… c’est pour ça que je voulais te dire… je… j’ai réfléchi a ta proposition… celle d’être “plus que ton ami”, et…
Enalys : Et… ?

Seregis : … je… je sais que c’est étrange parce que nous ne sommes pas de la même race ni sans doute de la même planète… mais… j’ai des sentiments très forts pour toi.

Enalys offrit son plus radieux sourire à un Seregis très visiblement embarassé de cet aveu.

Enalys : Tu sais, tu n’as pas à avoir honte, la relation qui s’établie entre un dragon et son dragonier est très différente d’une relation amoureuse classique.

Seregis : Je vois… c’est juste que tout cela me semble si étrange… je suis un peu effrayé, mais je… j’ai vraiment envi de vivre à tes cotés, même si je n’ai pas grand chose à t’offrir.
Enalys : Ne dit pas ça, ta présence, tes sourires, la confiance que tu m’accorde m’ont déjà apporté beaucoup, tu sais, je me sens bien plus joyeuse depuis que tu es avec moi.
Seregis : Merci…
Enalys : Et… je suis ravi que tu souhaites te lier à moi.

Seregis : Oui Enalys, je le souhaite, du plus profond de moi-même.

Enalys posa sa main gauche sur sa joue et l’embrassa, a son grand étonnement.

Enalys : Moi aussi je le veux…

Puis elle disparue.

Chapitre huitième - Magie froide

Enalys senti son esprit réintégrer son corps; comme à chaque fois qu’elle se retirait des rêves de son ami elle avait mal au crâne, l’exercice n’était pas aisé, bien que la douleur soit plus supportable avec l’expérience. Mais cette fois-ci, son cœur battait la chamade. Son “petit homme” lui avait dit « Oui », pour elle, c’était la fin de la solitude tant désirée.

Enalys : Dès demain je lui apprendrais à communiquer par télépathie, et d’ici quelques jour, nous seront unis. Enfin, je ne serais plus isolé ! Enfin !

Elle se coucha et s’endormit.

Le lendemain après les échanges d’amabilités matinale, Enalys décida de commencer à entraîner Seregis à utiliser la télépathie, elle n’avait pas retenté depuis l’incident d’il y a quelques semaines. Toutefois, elle avait eut le temps de lui expliquer, leurs liens d’amitiés s’étaient renforcés et puisque Seregis avait décider de se lier à elle, le risque était bien moins grand à présent.

Enalys : Ne faisons pas deux fois la même erreur, commençons doucement.
*
*     *

Encore une fois, Seregis eut une nuit agité, pas de cauchemars comme quand il était arrivé ; depuis quelques semaines, il pensait de plus en plus à Enalys dans ses songes, elle lui parlait, le réconfortait, lui apprenait de multiples choses, dont il oubliait certaines au matin suivant, ces rêves étaient intriguants, mais loin d’être désagréables.
Il ne sut vraiment si tout cela provenait de son imagination, après tout, il avait déjà entendu quelques personnes de sa tribu indiquer que les dieux communiquaient parfois aux mortels par les rêves, peut-être Enalys utilisait le même principe, quoi qu’il en soit, elle lui avait apprit bien des choses, sans rien lui cacher des risques, elle s’était confiée à lui et lui à elle.
Ceux-ci avaient renforcé la confiance qu’il avait dans le grand lézard blanc, et à son réveil, il se souvint de bribes de sa dernière échappée onirique, il lui revint en mémoire avoir très clairement indiquer à Enalys sa volonté de se lier à elle.

Il ne sut comment il pourrait aborder la question avec la dragonne quand elle s’éveillerait, il fut soulagé de la voir l’aborder.

Enalys : Seregis… as-tu… as-tu déjà entendu parler de l’union entre les humains et les dragons ? demanda-t-elle presque honteusement.

Seregis : Oui, je t’ai vu m’en parler longuement dans mes rêves.
Enalys : Oui… je suis… désolé d’être apparu ainsi dans tes songes… pardonne moi… je voulais tant te parler…
Seregis : Je sais ma belle, je sais, je me suis rendu compte que tu avais des poids sur le cœur, je te pardonne. Je ne sais comment tu as appris ma langue, mais… je te le pardonne également, tu m’as tant appris.
Enalys : Merci ! Merci à toi de me pardonner, j’ai tellement eut peur de te perdre à nouveau quand tu apprendrait la vérité ! Elle poussa un grognement de soulagement.

Seregis : Oui, il est vrai que j’ai été effrayé la première fois car je ne savais ce que tu voulais. Ce n’est plus le cas à présent, j’ai été heureux et honoré que tu te soit confié à moi, même si c’était par les rêves, et je te fais moi aussi assez confiance pour faire de toi ma confidente à présent.

Seregis serra le cou d’Enalys dans ses bras et la caressa pour la rassurer.

Enalys : Pour ce qui est de ta langue, je l’ai apprise en cherchant dans tes connaissances pendant que tu dormais, mais ça m’a donné un tel mal de tête que je ne suis pas prête de recommencer, sois-en sûr !

Seregis : Mais cela nous à permit de nous connaître plus profondément, tes efforts n’ont pas été vains.
Enalys : C’est vrai… Te souviens-tu de tout ce que je t’ai dis à propos de cette union ?
Seregis : Oui, je m’en souvient.
Enalys : Souhaites-tu toujours te lier à moi ?

Seregis : Oui, toujours, je me demande ce que je serait devenu sans toi.

La dragonne claironna de joie.

Enalys : Tu ne peux pas savoir comment cette réponse m’emplit de joie mon Seregis. Bien, commençons sans tarder.

Seregis : Ha ? Heu… sans même manger un morceau ?

Enalys : Oui, ne t’inquiète pas, le début ne sera pas long, je vais juste t’habituer à la télépathie.

Seregis prit légèrement peur, ses premiers contacts avec la télépathie n’ayant guère été heureux, mais il se ressaisit vite, cette fois-ci, ce serait différent.

Seregis : Oui, on ne peut pas dire que ce fut un franc succès la dernière fois.
Enalys : Oui… Bien, mettons nous à l’aise et commençons.

Ils s’installèrent aussi confortablement que l’herbe le permettait, puis, Enalys demanda :

Enalys : Tu es prêt ?

Seregis : Je le suis.
Enalys : Bien, commençons alors. Quand un dragon et un humain s’unissent, il s’agit comme tu le sais de quelque chose de très fort.
Seregis : Oui, tu m’as dis qu’on a parfois l’impression qu’ils ne font qu’un.

Enalys : Tout à fait, l’union est si forte que les esprits de l’un et de l’autre se côtoient et se mêlent même quand ils sont éloignés l’un de l’autre. Cependant, leurs esprits peuvent se séparer s’ils sont trop éloigné, si l’un des deux est inconscient ou si une autre raison coupe la “connexion” mentale entre eux. Bien que j’ai trouvé comment communiquer par télépathie avec toi et que nous ne soyons pas encore liés je veux juste t’habituer au côtoiement de nos esprits.

Seregis hocha la tête, indiquant qu’il avait comprit.
Quelques secondes plus tard il senti une étrange sensation à la tête.

Seregis : Je sens comme une chaleur douce et apaisante. Est-ce toi Enalys ?

Enalys (télépathiquement) : Oui, c’est moi
Seregis : Oh !
Enalys : Oups, excuse-moi… c’est parti tout seul…
Seregis : Ce n’est rien. Mais, la façon dont je ressent ta présence dans mon esprit est-elle toujours la même ?
Enalys : Non, pas totalement. Chaque esprit dispose d’une signature que tu apprendras à reconnaître avec le temps, cela te permet de savoir qui cherche à rentrer en contact avec toi, et de chasser les intrus. De même, la sensation serait différente en fonction des sentiments que nous portons l’un pour l’autre. Enfin, elle dépend également de notre état d’esprit à ce moment là, par exemple, si j’étais effrayé, ou si mon but n’était pas de te réconforter -comme à présent- mais t’encourager à faire quelque chose tu n’aurais pas la même sensation.
Seregis : Je vois, c’est comme les différentes saveurs des aliments.
Enalys : Oui, tu apprendras à les distinguer.
Seregis : Mais tu me disais qu’il était possible de rejeter les intrus de son esprit, comment ?
Enalys : Je t’apprendrais à le faire, tes capacités magiques ne semblent pas fonctionner comme les gens d’ici et n’ont que très peu d’entraînement. Quoi qu’il en soit, quand un esprit cherche à entrer en contact avec le tien, il t’est possible de lui ouvrir la porte pour l’accepter, de lui claquer au nez et lui indiquer explicitement que tu ne veut pas de lui ou de lui présenter porte close en ignorant ses demandes.
Seregis : Je vois… Mais… s’il essaye d’enfoncer la porte ?

Enalys : Si cela arrive, de deux chose l’une. Soit son esprit est plus faible que le tien et tu arrives à le garder dehors, soit il est plus fort que le tiens, ce qui lui permet de forcer le passage, ce qui peut t’occasionner un choc. Parfois, il vaut mieux permettre à quelqu’un de pénétrer son esprit, même si on ne le souhaite pas, en prenant bien soit de cacher ce qu’il souhaite trouver ou ce que tu trouves gênant.

Seregis resta sans rien dire quelques instants, il avait déjà vu un peu de magie à l’œuvre, mais il ne pensait pas qu’elle puisse avoir de telles ramification, comme si elle semblait en ce monde étrange tout baigner de sa présence.

Enalys : Ne t’en fais pas, je voulais juste t’habituer à ma présence spirituelle, je n’ai aucunement l’idée de fouiller dans ton esprit mon ami. Cela va prendre un peu de temps et te demandera des efforts, mais je t’aidrai à entraîner ton esprit pour maîtriser tout cela. Bientôt, tu pourras toi aussi entrer dans mon esprit pour me montrer tes sentiments.

La sensation s’atténua puis disparue, il resta sans voie. Enalys approcha sa tête de lui.

Enalys : Tout va bien ?
Seregis : Heu… Oui oui… c’est juste que c’est une sensation nouvelle pour moi.

Elle le rassura en frottant sa tête contre lui, puis ajouta.

Enalys : J’ai faim avec tout ça, si nous allions prendre quelques poissons en profitant d’une baignade matinale ?
*
*     *

Commença alors pour Seregis un long apprentissage de l’utilisation de la magie, parfois nommée aura.
Les deux premiers jours, Enalys l’habitua à reconnaître la signature de son aura ainsi qu’aux différentes “senteurs” que celle-ci pouvait avoir en fonction de son humeur. L’exercice ne fut pas facile ni pour l’un, ni pour l’autre. Pour Seregis, c’était quelque chose de nouveau, et pour Enalys, éprouver certain sentiments sincèrement était difficile.
Au bout de ces deux jour cet exercice continua, d’une façon moins insistante cependant. Enalys commença alors à faire travailler Seregis sur l’émission de messages télépathique.

Enalys : Je ne peux malheureusement pas t’apprendre beaucoup sur la méthode pour parler télépathiquement, je dois t’avouer que je fais ça tout à fait naturellement.

Seregis : Tu as toujours sut le faire ? Depuis ta naissance ?
Enalys : D’aussi loin que je me souvienne… oui. Dans ton cas, la partie de ton cerveau qui gère l’utilisation de l’aura -et donc de la télépathie- était, à ce que j’ai compris, en sommeil. Cependant, étant donné que mes émissions télépathiques l’ont éveillé, elle ne me semble pas, disons, “ disfonctionnelle ”, il faut juste que tu apprennes à t’en servir. Je ne sais pas si ce sera facile ou pas pour toi, mais il est possible que cela s’avère douloureux pour l’un ou l’autre d’entre nous, donc avance avec prudence.
Seregis : … Très bien.

Enalys : Ne t’inquiètes pas, je reste à tes cotés pour te soutenir.

Et Seregis se lança vers l’inconnu, n’ayant pour indice que la position de cette section gérant l’aura dont il sentait légèrement l’activité quand Enalys lui parlait par télépathie.
Il essaya divers méthodes : Parler dans sa tête, y visualiser Enalys, essayer de la regarder dans les yeux mais rien n’y fit vraiment, il tourna en rond plusieurs jours alors que Enalys arrivait elle à aisément communiquer avec lui.

Enalys : Ne désespère pas mon petit ! Tu es sensible a l’aura qui beigne ce monde, la preuve je te parle !

Seregis : Mais… ça ne donne rien, je n’ai réussi qu’a avoir un peu mal au crâne et à te faire rire quand j’ai tenté en te regardant dans les yeux.
Enalys : Ha ha ! Oui ! C’était amusant !
Seregis : Ce n’est pas juste, toi tu y arrives si facilement, comment fais-tu ?
Enalys : Hé bien, je te visualise dans mon esprit, je prononce ma phrase et le message part, j’ai juste eut à moduler mes émissions d’aura pour ne pas te provoquer de mal de crâne.
Seregis : Le problème est que je n’en suis même pas à encore pouvoir gérer mon aura, je ne sais même pas comment on s’en sert.
Enalys : … Mais, tu m’avais dit qu’il y avait de la magie là où tu vivait avant, non ?
Seregis : Oui, pourquoi ?
Enalys : C’est simple. Tu ne viens pas d’ici, peut être le rapport à l’aura de ton espèce est différent de celles d’ici, telles que moi. Comment fait-on chez toi pour l’utiliser ?
Seregis : Je ne sais pas vraiment, je sais juste que cela demande des périodes de méditations pour apprendre à l’utiliser.
Enalys : Et bien essayons ça, dans tout les cas, la solution se trouve en toi.

Seregis : Hum… Ce n’est pas bête, mais contre toi alors, il fait si froid depuis quelques temps. Termina-t-il en réajustant la peau de loup qu’il portait.

Seregis se leva, Enalys écarta une de ses pattes pour lui faire de la place. Il s’y assit adossé à son avant-patte et les jambes couverte de Xul qui avait quitté de dos d’Enalys.

Enalys : C’est mieux ainsi ?

Seregis : Oui, merci.
Enalys : Il est vrai que le temps se rafraîchi, l’été est passé, l’hiver arrive, et toi, tu n’est là que depuis le printemps.

Seregis : Parce qu’il va faire encore plus froid qu’à présent ?

Enalys confirma de la tête, ce qui ne sembla pas le rassurer.

Il se remis au travail, celui-ci prenant alors la forme de longues séances de méditations, au calme, seulement interrompu pour manger, dormir ou quelques besoins naturels. Le calme de cette introspection en son être le changeait des premiers jours où il avait tenté avec une certaines fureur d’utiliser l’aura, comme lui avait dit Enalys “La solution se trouve en toi”.
La sensation était étrange, si dans les premiers jours il devait lutter pour ne pas s’endormir d’ennui, il apprit à se concentrer pour mener à bien sa mission, bien que Enalys et Xul étaient toujours près de lui, aussi bien pour l’encourager que lui porter chaud, il lui semblait parfois oublier leur présence dans son repli en lui-même.
Après quelques jours à ce régime, il commença à ressentir quelque chose de nouveau, comme un sens nouveau qui s’éveillait, timidement. Dans un premier temps, il lui sembla que son corps baignait dans une élément nouveau qu’il n’avait jamais ressenti jusque là, l’impression se dissipa au bout de quelques minutes, il essaya de se concentrer pour la ressentir de nouveau, mais rien ne se passa.
Il parla à Enalys de cette sensation, il s’agissait d’un signe pour elle, et elle l’encouragea à continuer.

C’est ce qu’il fit donc. Cette sensation ne se manifesta plus, cependant, après quelques nouvelles séances de méditations, il se rendit compte qu’il était capable d’interpréter de nouvelle informations, il avait comme faim, cependant, ils avaient tout trois mangé il y a peut, et cette sensation de faim ne se faisait pas sentir dans son ventre, mais dans sa tête. Il se concentra sur cette étrange faim et sur le moyen d’y remédier, au bout de quelques minutes, la sensation qu’il avait eut auparavant se fit de nouveau sentir, presque imperceptiblement et sa “faim” se résorba. C’est alors qu’il fut prit d’une fatigue soudaine et qu’il s’effondra.

Il s’éveilla quelques heures plus tard, affalé le long du corps d’Enalys, ce furent les piaillements d’un Xul affolé qui le tirèrent de son sommeil.
Il se leva péniblement, se frotta les yeux, caressa le panda roux pour le rassurer et se tourna vers Enalys qui le regardait avec une pointe d’inquiétude.

Enalys : Tout va bien ? Tu m’as fait peur tu sais.

Seregis : Oui, ça va, enfin… je crois…
Enalys : Que s’est-il passé ?
Seregis : Je ne sais pas, j’ai ressenti comme une sensation de faim dans ma tête, après, une sorte d’énergie me monta à la tête et cette faim se résorba.
Enalys : Oh… ce n’est pas forcement une mauvaise nouvelle, je pense que tu es sur la bonne voie.
Seregis : Oui, mais en plus d’avoir mal à la tête, j’ai une de ces faims, comme si je n’avais pas mangé depuis la veille.

Enalys : Je crois comprendre ce qui s’est passé.

Seregis n’ajouta rien, attendant les explications de la dragonne.

Enalys : Je pense que tu viens de trouver où se trouve tes réserves d’aura et comment les remplir.

Seregis : C’est à dire ?
Enalys : Les réserves d’aura se reconstitues de deux manières, une première, lente est de capter l’aura extérieure dans lequel nous baignant.
Seregis : Ce qui explique ma sensation de l’autre fois. Je l’ai également senti cette fois-ci.
Enalys : L’autre est de prendre sur nos réserves énergétiques, réserves qui sont constituées quand nous mangeons ou dormons. C’est une manière plus rapide, mais qui n’est pas sans risque.
Seregis : C’est pour cela que j’ai si faim.
Enalys : Et que tu es tombé comme une pierre. Je pense que comme ton corps ne maîtrise pas encore cette nouvelle facette de lui même il a corrigé le problème d’une façon assez maladroite, testant par la même occasion ses nouvelles capacités.
Seregis : Je vois, désolé de vous avoir fait peur.
Enalys : Ne t’inquiètes pas, tu apprendra à maîtriser la gestion de tes réserves d’aura.
Seregis : J’espère bien, sinon, je risque de toujours être affamé !
Enalys : Avec un peu d’entraînement et de temps il n’y paraîtra plus, tu verras. En attendant, reste ici et prépare un feu, je vais aller te pêcher quelques poissons.
Seregis : Merci Enalys.
Enalys : A moins que tu souhaites m’accompagner, un bain froid te revigorerait. Plaisanta la dragonne.

Seregis : Brrr, non merci.

La méthode des séances de méditations semblaient porter leurs fruits, Seregis continua afin de comprendre comment communiquer par télépathie avec Enalys. Les premiers jours ne donnèrent rien de nouveau, il sentait juste de plus en plus clairement sa propre aura qui ne demandait qu’a être utilisée, mais l’Arkodien s’était résigné au fait qu’il lui faudrait un peu de temps pour arriver à ses fins. Au bout d’un peut plus de deux semaines il commença à sentir la présence d’Enalys, même quand celle-ci lui signifiait qu’elle n’avait projeté son esprit en lui.
Il se concentra sur ce point, pensant tenir quelque chose, il passa plusieurs jours à l’observer et à tenter de communiquer avec l’aura de son amie, jusqu’à ce qu’il sente après un énième essai son aura se vider légèrement, avant qu’un cris de douleur de la dragonne ne le sorte de brutalement de son introspection. Après une seconde d’hébétement, il se précipita vers la tête du grand lézard blanc.

Seregis : Enalys ! Enalys ! Ça va ? Qu’y a-t-il ?

Son grognement de souffrance diminua et se tut…

Enalys : NON MAIS ÇA VA PAS ! T’ES MALADE OU QUOI ?! Lui cria-t-elle, les yeux rempli de fureur.

Seregis : … Quoi, qu’est-ce-que j’ai fait ?
Enalys : Je sentais ton aura proche de la mienne, et d’un coup, paf ! Pastèque ! J’ai été pris d’un violent mal de tête.

Seregis :

Enalys regarda son petit homme étrangement.

Enalys : Quoi ? Qu’est-ce qui te fais sourire ?

Seregis : J’ai réussi Enalys ! J’ai réussi ! J’ai communiqué télépathiquement avec toi !
Enalys : Communiquer ? Tu plaisantes ou quoi ? Je n’ai rien entendu, j’ai juste eut une douleur.
Seregis : Je, je suis désolé, il me faut aussi apprendre à faire comme toi quand tu me parles.
Enalys : Je comprends à présent ce que tu ressentais quand j’essayais de parler télépathiquement avec toi.
Seregis : Je suis désolé ma belle, je ferais mieux la fois prochaine. La rassura-t-il en la caressant.
Enalys : Je t’y aiderais, je n’ai pas envie de ressentir ça une nouvelle fois !
Seregis : Hé, mais ? Xul n’était pas sur ton dos à dormir ?

Enalys : Hein ? Heu… si… normalement… Suis-je bête ! Il a dut être effrayé par mon rugissement.

Seregis réconforta son amie, puis ils décidèrent que s’en était assez pour aujourd’hui, après s’être cassé la tête chacun à leur manière, quelques jours de repos leurs ferait du bien. Pour ce qui est de Xul, Enalys le retrouva rapidement en utilisant son aura, cependant, il leurs fallu plusieurs dizaines de minutes pour rassurer le panda roux complètement apeuré.

*
*     *

Il passèrent quelques jours à ne rien faire, après plusieurs semaines de travail sur l’utilisation de son aura Seregis retrouva les airs avec grand plaisir, bien que le froid se faisait de plus en plus présent.
Mais, au matin du cinquième jour, c’est transi de froid que Seregis s’éveilla.
Il tenta bien de réajuster la peau de loup qui lui servait de couverture, mais rien n’y fit, même la chaleur corporelle de son amie ne le réchauffait pas assez, même en se blottissant contre elle.
Il ouvrit légèrement les yeux, comme à l’accoutumé il dormait sous l’une des ailes d’Enalys, il s’éveilla et entreprit de sortir de sa couche, cependant, il eu une vision étrange du paysage.
Celui-ci ne semblait plus le même, il était entièrement recouvert d’une texture blanche.

Intrigué, il posa une de ses mains dessus et…

Seregis : AAAAAH ! Par Shiikari[12], c’est FROID ! Cria-t-il en retirant sa main.

Il observa les alentours, rien ne semblait avoir échappé à cette chose, arbres, buissons, tout le paysage était comme aplanit et épurée par cet étrange texture blanche et froide comme la mort, même Enalys en avait sur elle !
Il prit alors peur, il retourna sous son aile et se colla contre son corps, il fut rassuré de la sentir respirer. Il commença alors à pousser sur son ventre de ses deux mais en l’appelant.

Seregis : Enalys ! Enalys ! Réveille-toi !

Au bout de quelques dizaines de secondes à ce régime celle-ci bougea et commença à émerger de son sommeil.

Enalys : Hmmmggmmmm, s’ki y’a ?

Seregis : Enalys, que se passe-t-il ? C’est quoi ça ? Demanda-t-il montra les alentours en ouvrant les bras.
Enalys : Ça quoi ? De q… Oooooh, il a neigé. Continua-t-elle.
Seregis : Neigé ? C’est quoi “neigé” ?
Enalys : Hein ? Quoi ? Et bien, c’est quand il tombe de la neige.
Seregis : De la neige ? Cette chose blanche est de la “neige” ?
Enalys : Oui, ça arrive quand il fait assez froid, ne me dit pas que tu n’en as jamais vu !
Seregis : … Non… Jamais… Je te jure !
Enalys : Mais d’où viens-tu bon sang ! Il ne fait jamais froid chez toi ?
Seregis : Oui, parfois, mais ici c’est tout le temps ! C’est pire que l’Iske ici ! Seregis commença à frotter son corps de ses main à travers sa peau de loup pour se réchauffer.
Enalys : Lisqué ?
Seregis : Iske, là où les dieux punissent ceux qui les ont offensés.
Enalys : Allons, arrête de dire de bêtises, viens, allons ramasser de quoi faire un feu, ça te feras du bien.

Seregis : Attend, et Xul ? Où est-il ?

Alors qu’Enalys se levait, il se tourna pour voir s’il voyait son ami à fourrure.

Enalys : Je le sens, il est un peu plus loin à chercher de quoi manger, cesse de t’inquiéter.

Enalys s’étira et se secoua de tout son long pour retirer la neige qui lui restait sur le dos et ailes, ce qui ne manqua pas d’en envoyer sur l’Arkodien.

Seregis : Hé ! Arrête !
Enalys : Mais ? Tu t’es levé du pied gauche ma parole ! Cesse de râler et viens.

Elle se coucha sur le ventre pour lui permettre de monter.

Seregis : Mais… mais…

Enalys : Mais quoi ? Ce n’est pas un peu de neige qui va te faire peur quand même ? Ça aura put être pire, il n’y a pas de vent et le soleil brille !
Seregis : Parce que ça peut être ENCORE pire ? Demanda-t-il en grimpant sur la dragonne.
Enalys : Regarde Xul et prend exemple, il ne fait pas tant de simagrées, lui. répondit-elle alors que le panda roux passait un peu plus loin, courant vers un petit groupe d’arbre, sa fourrure vive tranchant avec la blancheur du décor enneigé.
Seregis : Mais comment font les gens d’ici ? Les humains comme tu dis ? Ils doivent êtres poilus de la tête au pieds pour survivre !

Enalys : Pfff ! Écoute, je sais ce que nous allons faire : Plutôt que de bêtement faire un feu nous allons chercher une grotte où passer l’hiver, ça nous abritera des intempéries et un peu du froid.

Enalys ramassa le “parchemin des étoiles” que Seregis avait laissé près de là où il avait dormit, sous l’aile de la dragonne, empêchant le livre de subir des dommages.

Enalys : Tu es tellement de mauvais poils que tu en oubli ton livre.

Elle lui donna.

Enalys : La neige c’est juste de la pluie froide, donc ne le met pas dedans, tu pourrais l’abîmer.
Seregis : Oh ! Merci Enalys.

Une fois rassasié, Xul rejoignit son maître sur le dos de son étrange monture ailé, puis, elle décolla.

Le vol dura plusieurs dizaines de minutes qui parurent interminables pour Seregis, car bien qu’Enalys vole bas pour lui éviter la fraîcheur de l’altitude, le vent provoqué par son déplacement s’ajoutait à la basse température. Emmitouflé dans sa peau de loup, Xul roulé en boule contre lui, il ne prit que peu le temps de regarder le paysage. Pour le peu qu’il en vit, la neige était tombée sur une vaste surface, recouvrant de grandes étendues de son linceul blanc.

Une fois qu’elle eut repérée une grotte d’une taille acceptable pour elle, Enalys atterrit devant et y pénétra, Seregis et Xul toujours juchés sur son dos.
Ils ne remarquèrent aucun signe de quelconque bête qui en avait fait sa tanière, même pas une chauve-souris.

Enalys : Ma foie l’endroit me semble acceptable.

Seregis : Assez grande pour toi en tout cas.
Enalys : Oui, je n’aime pas me sentir à l’étroit, bon, je suis désolé, la grotte est un peu en altitude, mais personne ne viendra nous déranger ici, et pour le feu et la nourriture, la forêt qui se trouve en contrebas y pourvoira.
Seregis : Mais c’est humide, et il fait toujours aussi froid. Je vais mourir moi ici.
Enalys : La grotte est un lieu clos, un feu nous chauffera plus efficacement qu’a l’air libre.
Seregis : Oui, c’est vrai
Enalys : Et pour ce qui est de mourir, si cette idée idiote te prends, je te tue.

Seregis : Heu ? Quoi ?

Seregis ne sut pas vraiment comment interpréter la dernière remarque d’Enalys, une sorte de menace indiquant qu’elle ne le laisserait pas mourir ?

Ainsi commença pour Seregis l’hiver dans son nouveau monde.

Il passa, froid et mordant, Seregis ne quittait que peu la grotte, n’étant ni habitué ni équipé pour supporter le froid qui régnait à l’extérieur.
Heureusement pour lui, Enalys ne s’était pas trompée pour la chaleur du feu, foyer que l’Arkodien entretenait avec soin. Il remarqua aussi que l’esprit de la dragonne quittait de moins en moins le sien, il y senti tour à tour du réconfort, de l’encouragement et de temps à autres une sorte d’amour.

Néanmoins, il mit ce temps à profit pour travailler son aura, si bien qu’au bout de quelques semaines de travail —et de maux de tête pour Enalys— il parvint à la moduler convenablement pour parler par télépathie avec la dragonne.
Pour ce qui était de gérer son aura, son corps avait rapidement acquis une gestion correcte de sa réserve, de telle manière qu’après avoir puisé dans ses réserves auriques, il pouvait à présent en différer la reconstitution pour éviter de puiser immédiatement dans sa force physique, attendant un moment plus propice pour le faire ou se contentant de capter l’aura ambiant.

Pendant une soirée d’hiver, alors qu’ils terminaient un repas fait de chevreuils qu’Enalys avait prit dans les hauteurs, et que, dehors, la neige tombait à gros flocon, Seregis, blotti contre Enalys, demanda.

Seregis : Dit moi Enalys ?

Enalys : Oui mon petit ?
Seregis : D’où vient la magie ? là d’où je viens on dit que ce sont les dieux qui en sont responsable.
Enalys : Personne ne sait vraiment, pfff, tu en as de ces questions…

Seregis :

Il resta pensif quelques seconde, sourit, et ajouta :

Seregis : Et sinon, comment les dragons font-ils des bébés ?

Il sentit l’esprit d’Enalys gênée par sa dernière question.

Enalys : Et bien… heeeeuuu… pour la magiiiie…

En faites, à ce que je sais personne ne sais rien de son processus de création, si la plupart des gens pensent qu’elle est d’origine divine, certains mages pensent qu’elle vient du centre de la planète.
Seregis : Intéressant. Mais s’il y avait aussi de la magie en mon monde, cela voudrait dire que chaque planète génère sa propre magie.
Enalys : Oui, les planètes serait magiquement indépendantes, ce qui pourrait aussi expliquer pourquoi tu y réagis différemment de moi. Mais d’autres disent que la magie viendrait de l’espace et que les mondes pourraient y être plus ou moins perméable.
Seregis : Ah, ce n’est pas bête, cela expliquerait pourquoi la magie était moins forte par chez moi.
Enalys : Et pour ce qui est des bébés dragons… tu apprendras ça quand tu seras grand.

Seregis : Ne t’inquiètes pas, je disais ça juste pour te taquiner.
*
*     *

Alors que le temps se réchauffait petit à petit, indiquant que la fin de la saison froide approchait, Enalys commença à initier Seregis à l’art d'entrer dans l’esprit d'une autre personne.

Enalys : Bien, maintenant que nous pouvons parler convenablement par télépathie il me reste à t’apprendre comment projeter ton esprit dans celui d’un autre, et après, nous pourrons nous unir, et tu seras tout a moi et je serais tout à toi, et…

Seregis : Enalys ?
Enalys : Hum… Pardon, la joie de voir le bout du tunnel.
Seregiss : Tu sais, par moment, tu me fais peur.
Enalys : Désolé, c'est juste que… Tu m'as apporté tant de joie, sans toi, je serais encore seule.
Seregis : Tu sais, sans toi, je ne sais ce que je serais à l'heure qu'il est. Sans doute mort.

Enalys : Oui… Sans doute… Bien, cessons de penser à ça, tournons vers notre avenir et commençons.

Seregis approuva, autant stopper ces suppositions idiotes, il était avec Enalys et il ne voulais la quitter pour rien au monde à présent.

Enalys : Te souviens-tu de ce que je t'avais dis il y a quelques temps sur la projection spirituelle ?

Seregis : Oui.
Enalys : Bien, je ne sais pas ce que celà donnera pour toi, mais le concept de base est assez proche de la télépathie, si ce n'est que le message à transmettre est différent, il ne s'agit pas de communiquer mais “demander l’autorisation” à l’esprit de l’autre pour entrer.

Seregis : Merci pour les conseils.

Enalys retira son esprit de l'Arkodien et celui-ci recommença ses séances de méditations, car si à présent il pouvait sentir l'esprit de la dragonne même quand celle-ci n'était pas en lui ou quand elle s'éloignait, il lui fallait encore trouver le moyen de pénétrer son esprit correctement, sans la brusquer.
Il commença par observer la projection qu'il avait de l'esprit d'Enalys afin de savoir comment entrer en communication avec elle, l'observant sous toutes les coutures.

Puis, au bout de plusieurs dizaines de minutes d'observations mentale, il demanda :

Seregis : Je pourrais me contenter de faire une demande téléphatiquement.
Enalys : Même si le concept est proche de la télépathie, il s'agit d'une demande purement mentale, sans même formuler de phrase. Allons, continu à chercher, je sais que tu peux le faire.

Il continua ses observations sur l'esprit d'Enalys, celà dura plusieurs jours. Même si ce n'était pas son but, il reconnaissait de mieux en mieux les sentiments que Enalys transmettait par son esprit, sentiments que son esprit retranscrivait par des sensations et des odeurs. La douce châleur de l'amitié, le goût sucré du réconfort, ceux épicés des encouragements…

Seregis : Au moins, je dois avouer qu'elle n’a pas de mauvais sentiments envers moi, mais ça ne m’avance pas beaucoup…

Il lui fallu continuer encore deux semaine de méditation pour y arriver. Il senti à se moment non seulement son aura commencer à se vider légèrement, mais aussi son esprit comme quitter son corp, invité à visiter un lieu nouveau.
Cependant, bien qu’il sentait l’esprit d’Enalys proche du sien, pour le guider, la visite de son esprit ne dura que quelques minutes, ses réserves se vidant trops vite pour y rester plus longtemps.

Mais le peu qu’il en vit, du moins, ce qu’elle lui montra, l’émerveilla.
L’esprit de son amie était comme une large grotte éclairée par des pierres au couleurs chaudes parsemmées de-ci de-là. De la salle principale partait différents boyaux qui menaient vers les différent lieux de son esprit. Cependant, il ne put tous les voir avoir de devoir se retirer de force.
Après sa sortie de son esprit, il resta un peu ébêtté.

Enalys : Hé bien ? Ça ne va pas ? Tu as réussi pourtant, tu devrais être heureux.

Seregis : … Je le suis… mais, c'est impressionnant de pénétrer dans l'esprit de quelqu’un.
Enalys : N’est-ce pas ?
Seregis : Oui, mais, je ne comprend pas, pourquoi ai-je vu ton esprit comme une grotte ?
Enalys : C'est la ré-interprétation de que ton cerveau en à fait via l’aura. L'esprit est une chose très complexe, quand tu pénètres dans l'esprit de quelqu’un ton aura le réinterprète pour qu’il te soit plus facilement compréhensible, et la vision que tu en a est du au vécu de la personne que tu visites.
Seregis : Mon aura permet d’avoir une vision compréhensible facilement, et ton vécu lui donne sa forme.
Enalys : Oui, et plus tu t’exerceras à cette art, plus tu pourras en voir les détails.
Seregis : Et y rester longtemps ?
Enalys : Également, mais il en est de même pour toutes les magies.
Seregis : Donc je n’ai plus qu’à continuer mon travail dans la télépathie et la projection spirituelle ?

Enalys : Tout à fait, une fois que tu seras assez exercé, nous pourront lier nos vie.

Seregis n'ajouta rien, il sourit à la dragonne et la prit dans ses bras.

Chapitre neuvième - Plus jamais seuls

Il fallut encore quelques semaines de travail à Seregis pour maîtriser plus en avant la télépathie et la projection spirituelle, ce qu'Enalys nommait “les bases”, même si ces base ne semblaient pas si simple à l’Arkodien.
Cependant, ces entraînement eurent également pour effet de d'améliorer ses capacités auriques, il était à présent capable d'utiliser ses réserves d'aura de façon plus parcimonieuse, ce qui lui permettait de rester plus longtemps dans l'esprit d'Enalys, ou de le sentir quand elle s'éloignait.

Enalys n’avait non plus pas perdu son temps, elle avait en effet veillé toute la saison froide sur la santé de son “petit homme”, s’assurant qu’il ne prennent pas froid, et soignant les quelques blessures qui ne manquent jamais d'arriver.

Et, alors que le printemps était arrivé depuis environs deux semaines…

Enalys : Tu as l'air de te sentir mieux en ce moment.

Seregis : Oui, il commence à faire plus chaud depuis quelques temps, même si c'est encore loin de ce que j’ai connu par le passé.
Enalys : Hum… Bien que j'ai eu quelques aperçu qu’en à ce à quoi ton monde ressemble, je serais curieuse de constater ça par moi-même…
Seregis : Qui sait…
Enalys : Mais je suis impressionnée par les progrès que tu as fais dans le domaine aurique, toutes mes félicitations mon petit.

Seregis : Merci ma belle, mais, tes encouragements m'ont bien aidé.

La dragonne blanche frotta sa tête contre lui, il lui répondit par des caresses. Moment de tendresse appréciés par l’un et l’autre dans une vie rustique et parfois difficile. Xul s'était largement habitué à voir son maître traiter le grand lézard ailé avec tant de d’intérêts et ne montrait plus aucun signes de jalousie, il participait même à présent volontiers à ces instants de douceurs.

Enalys : N’oublie pas de me le dire quand tu te sentiras prêt pour l’union de nos esprits.

Seregis : Oh ! Tu penses que j’en ai les capacités à présent ?

Enalys : Oui, bien sûr, tu arrives à rester assez longtemps dans mon esprit sans te vider de ton aura, et ta forme physique n'est pas mauvaise.

Seregis se remémora tout ce que son amie lui avait dit à propos de l’union d’esprit entre un dragon et un humain, aussi bien les risques que les avantages. Et si une bonne forme physique n’était pas absolument nécessaire, elle était cependant recommandée.

Seregis : Je suis prêt.

Enalys : Pas moi, j’ai un creux, après un repas et une petite sieste, je serais prête.
Seregis : Maintenant, que tu le dis, je mangerais bien un morceaux aussi, et je n’ai pas volé avec toi depuis longtemps.

Enalys : Je savais que ça te manquait.

Ils partirent en chasse, pour Seregis, cette première sortie de la grotte après y avoir passé l’hiver comme un ermite était comme une renaissance, retrouver les cieux avec son Enalys était pour lui une sensation sans pareil.
La dragonne profita également pleinement de ce vol avec son humain à longue oreille, le sentir au plus proche d’elle après ses derniers mois passés en méditation la ravie au plus haut point.

Après une chasse rondement menée par des manœuvres habiles et précises d'Enalys et la dextérité de Seregis au couteau, ils purent se régaler d'un ours agrémenté de fruits, met bien suffisante pour eux deux. Xul, quand à lui, se contenta de baies, de racines et de fruits, la viande n'étant pas à son goût.

Après ce repas, Enalys reprit son vol et se dirigea vers un lac qu’elle avait repéré non loin lors d´un vol précédent.

Seregis : Hé ! Où vas-tu ?
Enalys : Nous laver, je ne veux pas te blesser mon chéri mes ces mois passés en ermite ont laissés sur toi quelques traces olfactive dirons-nous, et je ne souhaite pas munir à quelqu’un qui sent mauvais.

Seregis se senti les aisselles, et, effectivement, l’odeur n’était guère flatteuse, à force, son odeur avait empli la grotte, a tel point qu'il ne savait plus d'où elle venait.

Seregis : Oui, un bain me ferait du bien.

Et, alors qu’il arrivaient au lac, elle lui demanda.

Enalys : Tu as pris ton livre avec toi ?

Seregis : Non, je l’ai laissé à la grotte.
Enalys : Très bien.

Seregis : Pourquoi ?

Seregis n’eut pas le temps d’en savoir plus, que déjà la dragonne plongeait vers le lac.
Il s’allongea sur elle, comme elle lui avait à le faire, et cria, aussi bien effrayé par le piqué que par l’eau qu’il supposait encore froide en cette saison.
Mais quelques secondes plus tard, son cri fut interrompu par le plongeon.

Enalys, emportée par son élan s’enfonça de plusieurs mètres dans l’eau, Seregis toujours sur son dos, puis, elle remonta. Une fois à la surface, elle demanda :

Enalys : Alors, elle est à ton goût ?

Seregis : Pff… C'est malin… Tu aurais eu l’air bête si le lac n’avais pas été aussi profond !
Enalys : Hé ! J’avais prévu mon coup.

Seregis : Ah ? Parce que c’était prémédité en plus ? Bravo !

Elle lui tira la langue, et, il se mit à l'eau, rejoignant Xul qui nageait non loin, lui aussi ayant profité de cette mise à l’eau.

Enalys : Allons, je n’allais pas me priver de cette petite taquinerie, et puis je te trouve mignon quand tu es en colère.

La remarque fit rougir l’Arkodien, il se souvint que Nouma lui avait un jour tenu des propos similaires.

Enalys : Allons, cessez de faire à la tête tout les deux, et venez avec moi.

Après avoir récupéré le panda roux, ils rejoignirent la dragonne.

Enalys : Je crois que tu vas devoir te séparer de ta peau de loup mon petit, elle aussi sent bien mauvais.

Seregis : Oui, je n'ai pu la laver, et bien qu’elle m’ait été utile cet hiver, elle est bien usée.
Enalys : Et puis tu ne vas pas faire le timoré devant moi, hein ? Lui demanda t-elle d’un air malicieux.
Seregis : Rhoo, Enalys… Bon, disons que tant que tu ne me demande pas de retirer mon pagne…

Enalys : Hum ? Ça ne risque pas, de toute manière, ce qu’il cache ne m’intéresse pas. Continua t-elle sur le même ton.

Ils rigolèrent de cette remarque alors que Seregis retirait la peau de loup qu’il portait. Il la mit en boule, et la jeta. Déjà alourdit par l’eau, elle n’alla pas bien loin et ne mit pas longtemps avant de couler, comme pour signifier que l’hiver était bel et bien terminé.

Après un bain agréable bien que frais vu la saison, ils se séchèrent auprès d'un feu, profitant de la chaleur du foyer pour s’offrir une sieste digestive bienvenue.
Le repos terminé, ils retournèrent à la grotte, le soleil de l’après-midi étant assez chaud, il ne fut pas nécessaire de rallumer le feu qui y brûlait normalement.

Enalys : Bien… je crois que le moment est venu.

Seregis : Oui… ajouta l’Arkodien, légèrement nerveux.

Enalys : Allons, ne t’en fais pas, tout se passera bien.

Seregis ramassa un caillou sur le sol de la grotte et le frotta contre la paroi, celui-ci laissa derrière lui une traînée blanche.
Satisfait du résultat, il déblaya du pied le sol afin d'obtenir une surface sans obstacles assez grande.

Enalys : Je vois que tu n’as pas oublié ce que je t’ai appris, désolé de ne pouvoir le faire, mais “Père de Tous” n’as malheureusement pas muni les dragons de doigts capables de manipulation d’outils.

Il se rappela que la dragonne lui avait déjà parlé de ce “Père de Tous”, sorte d’esprit supérieure de ce monde qui serait à l’origine des dragons et des humains, cependant, comme tout ce qui touchait au domaine du religieux, il n’y avait pas vraiment prêté attention.
Une fois la place suffisante, il traça un large cercle, plus ou moins régulier, assez grand pour l’englober lui et Enalys une fois roulé sur elle-même.

Seregis : Ce sera assez large ?
Enalys : Oui, je pense.

Il commença à partager en deux le cercle imparfait d'un trait quand elle l’interrompit.

Enalys : Ne le coupe pas en deux partie égale voyons ! Je suis bien plus grande que toi.

Se rendant compte de son erreur, il stoppa son tracé et effaça du pied son erreur, puis, il décentra son tracé, partageant le cercle en deux sections inégales, chacune assez grande pour l’un et l’autre.

Seregis : Voilà, pas besoin de plus ?

Enalys : Certains ajoutent des symboles soit-disant magiques à l’extérieur du cercle, mais à ce que j’ai entendu c’est inutile, d’ailleurs, l’union fonctionnerait aussi sans aucun tracé, cependant, la disparition du trait coupant le cercle en deux permet de s’assurer que le sortilège à fonctionné.

Seregis : Très bien.

Il jeta le caillou à l’extérieur du cercle et se mit dans sa section, assit les jambes ramassée contre le corps.
Enalys fit de même, la queue et le cou ramenés contre son corps.

Enalys : Je te sens nerveux, détends-toi donc, ce ne doit pas être si terrible.

Il regarda son amie, hocha la tête, et s’allongea, contrôlant sa respiration pour calmer son angoisse.
Puis, une fois à l’aise, il murmura à l’adresse de son amie.

Seregis : Je suis prêt.
Enalys : Moi aussi mon petit.

Ils fermèrent les yeux, se concentrèrent, et projetèrent leur esprit dans celui de l’autre.
En se croisant, leurs esprits se saluèrent et s’observèrent, provoquant à l’un et l’autre une sensation de réconfort, puis, ils pénétrèrent l’un dans l’autre.

La première partie de l’union consistait à unir les corps, permettant de partager les sensations physiques de l’autre. Cependant, il fallait que les deux corps vibrent aux rythmes les plus proches possibles pour simplifier la procédure, ils devait donc avant tout accorder au mieux leurs pulsations cardiaques[13]. L’esprit de l’un projeté dans le corps de l’autre avait pour fonction de remonter des informations afin qu’ils accordent leurs violons[14].

Seregis senti alors son état faiblir, il porta sa main à sa tempe et senti que la fréquence du flux sanguin baissait, le cœur de la dragonne blanche devait battre plus lentement que le sien.
Pour Enalys, se fut l’inverse, elle le sentie pulser plus rapidement, provoquant chez elle une montée d’adrénaline inattendue.
Puis, une fois accordé, leurs battements cardiaques se stabilisèrent à une fréquence identique.

À ce moment, l’esprit de chacun commença à tisser une relation vers celui de l’autre. La sensation n’était guère agréable, cette première extension d’eux-même provoquant de fortes douleurs et fatigues, comme lors d’un intense effort physique. Se tordant de souffrance, l’effet augmenta jusqu’à leurs arracher des cris de douleur, puis, les souffrances se calmèrent et disparurent, quelques dizaines de minutes après avoir commencées.
Bien que leurs corps soient fatigué et encore douloureux, ils continuèrent à aller de l’avant; quelques minutes après, il débutèrent le tissage d’une nouvelle liaison afin d’unir leurs esprits, leurs permettant de partager leurs sentiments.
La sensation provoquée par celle-ci se fit bientôt sentir, elle se manifesta sous la forme d’une forte chaleur au crâne, telle-celle que l’on ressent après s’être concentré. Ce n’était guère agréable, mais moins douloureux que l’union des corps. Comme la première fois, la sensation atteint une apogée, puis, retomba, laissant place dans la tête de chacun à un déversement brut des sentiments de l’autre, mélange étrange de souffrances, d’encouragements et d’un certain amour.
Presque imperceptiblement pour eux, leurs mains[15] se rapprochèrent, jusqu’à ce que Seregis puissent saisir l’un des doigts d’Enalys.
Et, d’une voix pratiquement inaudible.

Seregis : … Enalys… plus jamais… seule…
Enalys : Seregis… toujours… avec toi… promit…

Les sentiments de l’un s’atténuèrent dans la tête de l’autre, mais ne disparurent pas, ils restèrent juste plus confinés.

Enalys : Nous… encore… unir… connaissances… courage…

Puis, l’esprit de la dragonne commença tisser le dernier lien, celui dit cérébrale, grâce auquel ils pourrait facilement tirer partie des connaissances et de l’aura de l’autre. L’esprit de l’Arkodien ne tarda pas non plus à faire sa part de travail, malgré leur état d’épuisement.
La sensation fut cette fois ci différente, après les saveurs variés des sentiment, leur crâne fut assailli par le souffle froid de la connaissance, puis, elle changea du tout au tout, passant à une douleur effroyable, comme si on leurs forait le cerveau. Ils se tenaient chacun la tête et hurlaient de douleur à leur façon, incapable de retirer leur esprit du corps de l’autre avant que l’union ne soit complète.

D’un coup, leur esprit réintégra précipitamment leurs corps respectif, et, ils s’évanouirent.

Les ténèbres se dissipèrent et Seregis eut de nouveau conscience de son corps, et de la souffrance qui l’accompagnait. Tout en lui, de la tête au pieds, était douloureux, le sol rocheux de la caverne n’ayant rien arrangé. Puis, l'ouïe lui revint, tout était calme, seul se faisant entendre la lente et calme respiration d’Enalys et quelques hululement d’un quelconque oiseau.
Il ouvrit les yeux péniblement et ne vit que l’obscurité, il tourna lentement la tête vers là où il sentait l’esprit de son amie et ne vie qu’une masse sombre, légèrement éclairé par endroits par la lune. Puis, il se releva doucement, le corps lancé par divers douleurs, en portant sa mains dans son dos, il sentit des écorchures, il ne se rappelait pas très bien ce qui s’était passé lors de leur union —ni si elle avait fonctionné—, mais il avait dut gesticuler sous la douleur, se griffant au sol de la caverne.
Il réussi à se mettre debout, essoufflé, et se dirigea en titubant vers l’entrée de la caverne, s’appuyant à tâtons sur ses parois et manquant à chaque pas de tomber à cause de l’obscurité et du vertige qu’il ressentait. Il pensait que l’air frais lui permettrait de désembrumer son esprit, mais à la place, il fut pris d’une violente nausée, si bien qu’il se plia en deux et vomi.
A cet instant, il se senti bien misérable, peut-être plus que lors de son arrivée en ce monde d’Atsami.
Il attendit quelques secondes, perdu, et recula, toujours d’une démarche hésitante, puis, s’en retourna vers Enalys. En chemin, son pied heurta une petite chose mole et douce, manquant de le faire tomber. Se mettant à quatre pattes, il tâta les alentours et constata que ce n’était qu’autre que Xul, il lui sembla cependant étrange que le panda roux ne fut pas réveillé par son coup de pied involontaire. Le secouant légèrement, il constata que celui-ci dormait profondément.

Une foie qu’il fut près de la dragonne, il lui parla.

Seregis (télépathiquement) : … Pas douloureux… hein… Mon œil…

Enalys (télépathiquement) : Si ça peut te rassurer… je me sens aussi mal que toi.
Seregis (télépathiquement): … Et toi qui ne voulais pas… t’unir avec quelqu’un qui sentait mauvais… c’est raté…

Enalys (télépathiquement) : Hmmmggggmgmm… Dors, nous y verrons plus clair… demain…

Quand ils se réveillèrent le lendemains, il remarquèrent que leurs douleurs de la veille avaient disparues, seules restaient celles du aux griffures provoquées par le sol de la caverne. Cependant, leur réveil leur réservait une surprise; il retrouvèrent Xul affalé au milieu du cercle que Seregis avait tracé au sol.

Seregis : Xul !

Il se leva et prit le panda roux dans ses bras, celui-ci, visiblement épuisé émit un petit piaillement plaintif.

Seregis : Ouf, il est juste fatigué, j’ai eu peur

Enalys : Que fait-il là ?
Seregis : Comment ça ?
Enalys : Que fait-il dans le cercle d’union ?
Seregis : Il y est sans doute entré après le rite.

Enalys : Sans doute… Tout est encore flou dans ma tête… S’il est entré après, il ne devrait pas être épuisé comme actuellement, regarde, il bouge a peine. S’il s’y est aventuré pendant notre union, je ne sais pas ce que cela donnera sur lui…

Il regarda son petit ami poilu.

Seregis : Ne t’inquiète pas, nous allons veiller sur toi.

Il se rassi à coté de la dragonne, tenant toujours Xul dans ses bras.

Enalys : … Seregis ! Seregis ! Le cercle !
Seregis : Quoi le cercle ?

Il leva la tête et observa le sol.

Seregis : Le trait ! Le trait de séparation à disparut !

Enalys : Nous avons réussi mon petit !!

Seregis : Tu es sûr ?

Il posa Xul et observa le tracé au sol, le trait qui coupait le cercle en deux n’était plus là. Il n’était pas brouillé, ou effacé, il avait juste disparu, comme s’il n’avait jamais été dessiné.
Il prit Enalys dans ces bras et embrassa son museau.

Seregis : Nous avons réussi, ces souffrances ne furent pas veines.

Enalys : Oh, mon petit, je suis si heureuse, je ne serais plus jamais seule.

Seregis : Et moi, plus jamais perdu.

Enalys pleurait de joie.

Enalys : Désolé, mais, j’ai attendu si longtemps…
Seregis : Ce n’est rien…

Le moment de tendresse dura quelques minutes, c’était pour eux l’aboutissement de plusieurs mois de travail.

Enalys : Il faudra apprendre à gérer cette liaison, il n’est peut être pas bon d’être toujours connecté l’un à l’autre.

Seregis : Quelle étrange sensation, j’ai l’impression de te connaître aussi bien que si j’étais toi.
Enalys : Moi aussi, cela m’a permis d’apprendre tout ce que tu connaissais, et inversement.
Seregis : C’est pour cela que j’ai eu si mal au crâne ?

Enalys : Oui, ton cerveau à dut emmagasiner quantité de connaissances d’un seul coup.

Il restèrent à explorer quelques dizaines minutes encore les capacités données par leur union, puis, il quittèrent tout trois la grotte.
Après un repas, permettant à Xul de retrouver ses forces, et un bain, ils réunirent leurs affaires et quittèrent la région.

Une nouvelle vie s’ouvrait à eux.

Notes

  1. Plus d’informations sur ma fiche de personnage
  2. Animal carnivore de Linar, ressemble à un grand lynx à 6 pattes.
  3. Le village de Seregis étant situé en pleine forêt l’appellation de porte ne désigne pas une porte physique.
  4. Les âges sont données en années Terriennes.
  5. Plante Linarienne dont la tige peut être utilisée pour la confection de feuilles tressées, à la manière du papyrus. A noter que le concept de livre est encore inconnu aux Arkodiens.
  6. Voir “Asterix et les Normands”.
  7. L’équivalent Arkodien de « Bonjour », ceux-ci considèrent le sommeil comme une sorte de “mort” légère et temporaire, on se souhaite ainsi un bon retour à la vie.
  8. Ici dans le sens “Prendre dans ses bras”.
  9. Un humain aurait dit “de plus en plus humain”.
  10. Je pense que tout le monde à compris la référence.
  11. NDA : Seregis étant plus ou moins conscient qu’il rêve, le “là” désigne aussi bien le rêve que l’environnement rêvé.
  12. Bien qu’il soit le gardien des morts dans la tribu de Seregis, le froid est un aspect qui lui est généralement associé.
  13. Si l’ harmonie cardiaque n’est pas possible sans mettre en danger l’un des deux, il est toujours possible que l’union des corps se fasse, elle sera toutefois un peu moins simple.
  14. L'esprit de Seregis projeté dans le corps d’Enalys lui donnera des informations quand à l’état du corps de Seregis, et inversement.
  15. Dans le cas d’Enalys, on parlera plutôt de patte avant.